Où en est la recherche en France? Peut-on espérer des traitements plus efficaces?
La recherche sur la maladie d’Alzheimer est–elle une des priorités des laboratoires?
Quelle est la place de la recherche dans le nouveau Plan Alzheimer?
Des spécialistes répondent à ces questions.
Pour Catherine Lassale, Directrice des Affaires Scientifique du LEEM, la plupart des traitements proposés aujourd'hui sont des « traitements symptomatiques » : ils agissent sur la mémoire sans modifier l'évolution de la maladie. Ces médicaments sont toutefois « utiles pour prendre en charge les patients ». Le Professeur Bruno Dubois, neurologue, parle « d'efficacité réelle mais modérée ».
Ces médicaments ont un « effet modeste et temporaire », mais c'est « perdre une chance que de ne pas les prescrire ».
Tous les traitements sont spécifiques : certains médicaments vont protéger les neurones, alors que d'autres vont prévenir les inflations... il est certain qu'il faudra « l'association de plusieurs médicaments pour obtenir un traitement véritablement efficace ». Cette idée est renforcée par le Professeur Dubois : « on ne connaît pas la cause de la maladie mais on connaît toute la suite des évènements, l'évolution des symptômes.
A partir de là, on peut bloquer la cascade à un certain niveau et espérer ralentir, voire bloquer complètement le processus de dégénérescence ».
D'après lui, les pistes de recherche sont très sérieuses et « il y a plusieurs angles d'action à exploiter».
Une partie va passer la barrière du cerveau et venir détruire la protéine » ! En d'autres termes, « on fait travailler l'organisme du patient pour qu'il détruise lui-même la maladie qu'il a ». Piste très intéressante... Le professeur Dubois précise : « en théorie, ça marche ; sur les animaux, c'est remarquable ; mais malheureusement, chez l'homme l'inconvénient majeur est que le remède est trop efficace, trop puissant », en déclenchant une maladie inflammatoire du cerveau ! « Il faut donc diminuer la puissance du produit pour avoir l'effet positif sans l'inconvénient. Ça, c'est l'enjeu actuel de la recherche », précise-t-il.
En termes de recherche sur la maladie d'Alzheimer, et selon les spécialistes, il existe donc des espoirs réels d'ici 5 à 10 ans. Les pistes sont sérieuses, le financement est débloqué, la volonté et la motivation sont eu beau fixe : pour le neurologue Bruno Dubois, « on sort du brouillard »...




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