
C'était une visite très attendue. Mardi 22 février, Nicolas Sarkozy s'est rendu à Bordeaux pour rendre compte de l'avancée du Plan Alzheimer 2008-2012. Ce dispositif, destiné à faire évoluer la prise en charge des malades d'Alzheimer en France, poursuit des objectifs très ambitieux. Si une partie d'entre eux, notamment sur le plan scientifique, ont été atteints, de nombreuses améliorations restent à accomplir pour un meilleur accompagnement au quotidien des malades d'Alzheimer et de leurs aidants.
Le Plan Alzheimer, auquel ont été consacrés 1,6 milliards d'euros, comprend 44 mesures axées principalement sur l'avancée de la recherche scientifique et l'amélioration de la prise en charge des malades, a déjà porté ses fruits. 104 projets de recherche ont vu le jour, et 96 scientifiques ont rejoint les rangs des équipes scientifiques oeuvrant pour la découverte d'un traitement contre la maladie d'Alzheimer.
Pour l'heure, aucun traitement médicamenteux ne s'est révélé réellement efficace. Toutefois, la découverte de 4 gènes impliqués dans le développement de la pathologie, est une avancée prometteuse. Les chercheurs français ont par ailleurs initiés un consortium international, afin de compléter le décryptage de gènes pouvant être associés à la maladie d'Alzheimer.
La prise en charge efficace de la maladie d'Alzheimer commence par un diagnostic précoce de la maladie. En effet, plus les symptômes sont détectés tôt, meilleures seront les chances de pouvoir endiguer leur évolution, par le biais de thérapies diverses.
Pour ce faire, 65 structures baptisés ''consultations-mémoires'' ont été créées sur l'ensemble du territoire et notamment dans les départements avec un taux d'équipement insatisfaisant au début du Plan. Ainsi, les aînés français n'attendent plus désormais que 51 jours en moyenne pour une consultation.
Parallèlement, les malades d'Alzheimer ''jeunes'', c'est-à-dire âgés de moins de 60 ans commencent à bénéficier d'une reconnaissance et d'une prise en charge grâce à la création du Centre National de Référence pour les Malades Alzheimer Jeunes en 2009. Cet organisme a pour but l'amélioration de soins, de prise en charge financière, de recherche scientifique et de santé publique.
L'utilité de cette entité n'est plus à démontrer, car elle a permis en 2010 le diagnostic de 800 malades d'Alzheimer, leur évitant une probable errance médicale et administrative.
Enfin, les MAIA, structures destinées cette fois-ci à l'ensemble des malades d'Alzheimer, vont être généralisées suite à 17 expérimentations pilotes réussies.
L'une des problématiques centrales de prise en charge de la maladie d'Alzheimer réside dans l'accompagnement des aidants familiaux, assumant souvent de lourdes responsabilités, pendant des mois voire des années. Ce surplus de travail peut avoir des conséquences désastreuses sur la vie de l'aidant et du malade : dépression, maltraitance etc. C'est pourquoi le Plan Alzheimer inclut la création de places en accueil de jour permettant de décharger l'aidant, l'espace de quelques demi-journées par semaine.
Malheureusement les 10 000 places existantes, reparties sur 1663 structures sont loin d'être suffisantes pour répondre à une demande toujours plus grande. La même carence est constatée concernant les places en hébergement temporaire. Toutefois, Nicolas Sarkozy promet l'élargissement de l'offre à compter de 2011.
Enfin, il faut saluer l'initiative de France Alzheimer, qui déploie depuis 2009 des programmes de formations destinés aux aidants, afin de leur apprendre à mieux comprendre la maladie, et à gérer les difficultés du quotidien. Pour l'heure, 2600 aidants ont déjà bénéficié de ces formations.