
Les débats parlementaires sur la loi des finances 2011 ont abouti à une décision mettant en péril l'aide à domicile en France. Ainsi, l'abattement fiscal qui était accordé aux familles employant une aide à domicile a été revu à la baisse. Une décision qui compromet gravement l'avenir de l'aide à domicile, notamment pour les personnes âgées désireuses de demeurer chez elles en dépit de la dépendance dont elles sont victimes.
De plus, la fin des avantages fiscaux pourrait entraîner une augmentation de l'aide à domicile dissimulée avec de graves conséquences sur la santé des personnes âgées.
Ménage, repassage, garde d'enfants, sont autant de services d'
aide à domicile auxquels les foyers français (25%) ont recours pour faciliter leur quotidien.
Grâce à des avantages fiscaux intéressants se traduisant par 15% d'exonération sur les cotisations portant sur les charges patronales, les particuliers n'hésitaient pas à faire appels à des associations d'
aide à domicile. Mais ce sont surtout les
personnes âgées qui sont demandeuses de services d'aide.
Avec l'âge, les difficultés à entretenir le domicile peuvent apparaître. Parallèlement, un soutien dans les actes de la vie quotidienne peut s'avérer nécessaire pour l'habillement, la toilette, la préparation des repas etc...
Dès lors, l'intervention d'une auxiliaire de vie est indispensable pour assurer un
maintien à domicile en toute sécurité. Les avantages fiscaux offerts encourageaient grandement les aînés à rester chez eux. Aujourd'hui, les mesures d'austérité adoptées par le gouvernement changent la donne.
Le 31 décembre dernier, dans une interview accordée au journal les Echos, La Fédération des Particuliers Employeurs pose un regard empreint d'inquiétude sur la décision des parlementaires. Selon cet organisme, le coût de l'
aide à domicile augmentera globalement de 12%.
Ainsi, une personne âgée employant une
aide à domicile 4 heures par jour, devra débourser en moyenne 130 euros par mois pour les mêmes prestations. Cette majoration pèsera très lourd dans le budget de nombreuses personnes âgées, et modifiera la qualité de la prise en charge.
Un sondage Ipsos commandé par la FEPEM confirme ces présomptions. Ainsi, les familles désireuses de faire des économies seraient tentées de diminuer le nombre d'heures d'aide à domicile (42%), ou pire, de cesser l'emploi de l'
aide à domicile ou d'en engager une de manière dissimulée (37%). Une pratique dangereuse qui aurait des conséquences désastreuses pour la sécurité des personnes âgées.
N'ayant pas suivi de formation adaptée, les employés ''au noir'' ne savent pas forcément prendre soin de personnes âgées atteintes de pathologies aux symptômes particuliers (maladies neurodégénératives, Alzheimer, etc).
Aucun organisme ne contrôle leur activité comme le ferait une association spécialisée dans l'
aide à domicile. Par ailleurs, ces travailleurs ne sont couverts par aucune assurance, ce qui peut se révéler très dommageable en cas d'accident, pour l'une ou l'autre des parties.
Les employés du secteur à domicile risquent d'être fortement pénalisés par cette réforme. Toujours selon la FEPEM, ce sont plus de 200 000 emplois qui seraient menacés. Sachant que la majorité de ces postes est occupée par des femmes, c'est un secteur d'activité entier qui se ferme à elles.
Interrogé, le ministre du budget François Baroin salue le vote du Sénat. Ces mesures de restriction permettront une économie de 460 millions d'euros, soit la plus grande économie prévue par la loi des finances 2011.
La réforme est sans doute nécessaire pour réduire le déficit budgétaire de l'Hexagone, mais qu'en sera-t-il du bien-être des personnes âgées ?