
Deux professeurs-chercheurs canadiens de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) concentrent leurs travaux sur un thème très actuel : le développement de technologies d'accompagnement à domicile pour les personnes âgées souffrant d'Alzheimer et autres maladies neurodégéneratives.
Pour ce faire, un appartement témoin, dont la construction s'achèvera début 2011 sera le théâtre d'expériences dirigées par les deux scientifiques, appartenant à la Chaire de recherches sur les technologies de soutien à l'autodétermination (TSA).
Des personnes atteintes de ces troubles seront conviées pour y être observées.
L'appartement, conçu par les professeurs Yves Lachapelle et Dany Lussiers-Desrochers pour les patients atteints de la maladie d'
Alzheimer, est composé d'un salon, d'une chambre, d'une salle de bains et même d'une cuisine. Il est construit dans le sous-sol du pavillon Michel-Sarrasin de l'UQTR et ressemble à s'y méprendre à un logement classique.
C'est bien sur sans compter les kilomètres de fils électriques et autres capteurs dissimulés sous le sol et dans les murs.
Ces câbles, sont destinés à enregistrer les moindres faits et gestes de l'occupant, pour ensuite être analysés par les scientifiques.
Ce processus d'observation permettra de savoir comment le malade d'
Alzheimer maitrise son lieu de vie
et d'anticiper les comportements ce dernier. Il sera donc ensuite possible de mettre au point des outils répondant à ses besoins.
Par exemple, si l'habitant oublie d'éteindre un appareil électroménager, un voyant lumineux lui rappellera de le faire.
Sa sécurité s'en trouvera donc améliorée.
Cette technologie n'est pas uniquement conçue pour protéger le malade d'
Alzheimer d'éventuels comportements dangereux.
Son but premier est d'amener le malade à exécuter des tâches complexes en le dirigeant à chaque stade.
Attention, les appareils n'effectuent pas les tâches à la place du malade!
Un écran tactile donnera seulement les indices nécessaires pour franchir chaque étape de la préparation.
Sachant que la maladie d'
Alzheimer empêche l'individu d'effectuer seul des actions comportant plusieurs étapes comme mettre en marche la cafetière, il est clair que cet apprentissage interactif rendra la personne plus autonome.
Cependant, des efforts de programmation très importants sont nécessaires pour rendre les appareils-assistants performants, c'est pourquoi la Chaire TSA bénéficiera de l'aide de l'équipe Domus de l'université de Sherbrooke.
Plutôt que d'adapter les technologies existantes aux besoins des personnes âgées déficientes, les chercheurs de la Chaire TSA inversent le processus.
Ils créent des produits en fonction des observations empiriques faites au fur et à mesure de leurs recherches, menées au sein de leurs cinq laboratoires et bientôt dans l'appartement intelligent.
A très court terme, toute une gamme de produits domotiques destinée à l'aide aux malades d
'Alzheimer sera bientôt commercialisée.
A titre d'exemple, un outil illuminant l'eau froide en bleu et l'eau chaude en rouge existe déjà.
Les scientifiques
anticipent ainsi les besoins grandissants de la population vieillissante canadienne, dont la majorité réside à domicile. Leurs avancées technologiques séduisent de plus en plus comme en témoigne le large public rassemblé lors de la journée de rencontre organisée par la Chaire le 28 Avril dernier.