
Bien que les personnes âgées craignent souvent les agressions physiques, la principale raison des coups et blessures subis par les aînés se trouve dans leur environnement le plus proche.
Les accidents de la vie courante représentent en effet un risque bien plus réel que les agressions et les accidents de la route. Les chutes à domicile ou sur la voie publique peuvent avoir des conséquences sérieuses sur l'autonomie des personnes âgées.
Une étude de l'INED montre qu'elles représentent près de 75 % des accidents domestiques chez les aînés.
Une étude de l'Institut national d'études démographiques (INED), récemment publiée dans le journal Population et Sociétés, a examiné l'incidence de quatre types de violence qui touchent les
personnes âgées de plus de 65 ans. L'auteur de l'étude, Xavier Thierry, a observé la répartition des blessures et accidents corporels chez les aînés d'après des données recueillies entre autres auprès des urgences des hôpitaux en 2005. L'auteur a découvert que si les personnes âgées craignent tout particulièrement les agressions physiques, ce sont plutôt des accidents de la vie courante qui devraient les inquiéter.
Ces derniers représentent en effet 80 % des accidents et violences essuyées par les personnes âgées de 65 ans et plus. Par « accident de la vie courante », on entend les accidents domestiques survenus au domicile et au jardin, ainsi que les accidents qui se produisent à l'extérieur (sur le trottoir, dans un magasin, à l'école - pour les enfants) ou lors de la pratique d'un sport. Les accidents de la circulation, les agressions de la routes et les tentatives de suicide ne viennent que loin derrière.
Notons que plus de femmes sont victimes d'accidents de la vie courante (86 % contre 70 % pour les hommes). Ce phénomène s'explique apparemment par le fait qu'elles vivent seules et sont plus fragiles que les hommes au même âge. Par contre, elles s'avèrent moins exposées aux agressions physiques (11 % contre 21 % chez les sujets masculins).
6 % des personnes âgées de plus de 65 ans sont victimes d'accidents de la vie courante chaque année. Ces accidents sont ainsi moins fréquents chez les seniors que chez les personnes plus jeunes : 15 % des enfants en sont victimes chaque année. De même, les accidents de la circulation concernent essentiellement les jeunes de moins de 25 ans.
Les trois quarts des accidents de la vie courante touchant les personnes âgées sont dus à des chutes qui se produisent à domicile ou à proximité. 15 % de ces chutes surviennent sur la voie publique. Les accidents ne sont pas tellement liés aux activités de l'aîné, mais aux effets du vieillissement (fragilité physique, audition et vision défaillantes...) et à des facteurs tels que l'habitation inadaptée à la perte d'autonomie, l'isolement, la dénutrition, la consommation de médicaments, etc.
Les conséquences des accidents sont plus graves chez les personnes âgées que chez les jeunes. Les blessures sont souvent plus graves du fait de la fragilité due à l'âge et les risques de décéder après un accident augmentent avec l'âge. 13 % des seniors victimes d'un accident de la route succombent à leurs blessures.
Les agressions physiques recensées par l'enquête de l'INED comprennent les suicides et les agressions par une tierce personne.
On constate que les aînés font moins souvent des tentatives de suicide que les jeunes : une personne âgée sur mille a été hospitalisée en 2005 pour cette raison contre 3 pour mille chez les moins de 45 ans.
1 % des personnes de plus de 60 ans ont affirmé avoir été victimes d'agressions physiques au cours des deux années précédant une enquête de l'Insee (« Cadre de vie et sécurité » 2008-2009). Malgré ces chiffres relativement bas, le sentiment d'insécurité des personnes âgées demeure élevé : 14 % des femmes de plus de 60 % et 7 % des hommes affirment avoir parfois, voire souvent peur à leur domicile.