
L’Institut CSA vient de réaliser une étude intitulée « Le regard des Français à l’égard de la dépendance ». En France, l’opinion publique semble prôner la mise en place d’un maintien à domicile pour les personnes âgées dépendantes, et semble reléguer la solution des maisons de retraite au second rang. Pourtant, en y regardant de plus près, la majorité des Français n’envisage pas d’héberger une personne âgée dépendante à leur domicile, et voit en cette solution un sacrifice de leur vie personnelle, au vu de l’implication qu’elle nécessite. Quant au maintien à domicile, il est jugé moins onéreux que l’accueil en maison de retraite, une idée reçue erronée. Alors, faut-il réellement abandonner l’idée de l’entrée en maison de retraite ?
Il est tout d'abord nécessaire de rappeler que près de 40% des Français ont déjà été confrontées à la situation problématique de la prise en charge d'une personne âgée dépendante.
Pour faire face à ce problème, les Français envisagent en premier lieu des solutions permettant à la personne âgée de demeurer chez elle. Ils préfèrent éviter l'entrée en maison de retraite, principalement pour des raisons financières.
Cependant, selon cette étude, de nombreux sondés déclarent sacrifier leur vie personnelle et leur santé dans l'organisation du
maintien à domicile. Ce sujet est particulièrement source d'angoisse pour la moitié des Français et pour une large part de ceux qui y ont été confrontés.
Face à la gestion de la vie quotidienne en cas de perte d'autonomie d'une ou plusieurs
personnes âgées dans leur entourage proche, seuls 49% se déclarent plutôt sereins, contre 47% qui se déclarent assez angoissés.
Interrogés sur le sacrifice que représente le fait de prendre en charge une personne âgée dépendante, seuls 3% des Français répondent qu'ils ne sacrifient rien. Et pour plus d'un Français sur trois, s'occuper d'une personne âgée dépendante afin de favoriser son
maintien à domicile, dans son entourage proche entraîne avant tout un sacrifie sa vie familiale (39%).
Plus d'un quart des sondé estiment également que leur relation de couple peut en souffrir (28%). Ils ont aussi le sentiment que leur vie sociale en sera affectée (25%), ainsi que leur vie professionnelle (16%).
Dans ce contexte, l'accueil en maison de retraite peut se révéler plus profitable à la vie personnelle et de famille, que le
maintien à domicile, et permet de reste présent auprès de la personne âgée par le biais de visite fréquentes. Cette solution apaise dans bien des cas le climat de tension ressenti par les aidants.
A l'inverse, les Français sont plus réticents à l'idée de placer la personne en maison de retraite., que d'assurer son
maintien à domicile. Ce sentiment est partagé par les Français qu'ils soient ou non confrontés à la perte d'autonomie d'un de leur proche. Soulignons que les hommes se montrent moins réticents que les femmes à cette idée (49% des hommes la considèrent, contre 39% des femmes).
En raison du coût envisagé de la prise en charge en maison de retraite, les catégories favorisées y réfléchissent également plus souvent que les catégories plus populaires (47% des cadres et professions libérales et intermédiaires, contre 39% des professions employés et ouvriers).
Le maintien à domicile demande une extrême disponibilité de la part des proches de la personne âgée dépendante.
Ainsi, cette solution nécessite des visites régulières au domicile de la personne âgée. Pour pouvoir assurer cette présence, les Français sont enclin à confier leur proche à une aide à domicile professionnelle tout autant qu'à un membre de leur famille. Toutefois, il faut garder en mémoire que le coût d'un maintien à domicile renforcé est souvent bien plus élevé que le coût d'un hébergement en maison de retraite.
Enfin, 71% des Français et 73% des Français concernés de près par la question sont opposés à la solution qui consisterait à prendre en charge la personne âgée dépendante à leur propre domicile. Seuls 27% des Français et 24% de ceux qui sont concernés de près pourraient mettre en place cette solution du
maintien à domicile. Mais le recours à une aide à domicile se révèle en ce cas déterminant puisque 53% des Français pourraient envisager cette solution avec l'appui d'un service d'aide à domicile professionnel.