
1000 euros. C'est le coût exorbitant de la prise en charge d'une personne âgée atteinte d'Alzheimer par sa famille.
Ce chiffre résulte d'une étude menée pendant plus d'un an par l'association France Alzheimer auprès de ses adhérents. Publiées vendredi dernier, les conclusions relancent le débat sur la difficulté pour les familles de s'occuper de leurs proches âgés dépendants.
Ainsi, les aides de l'État demeurent largement insuffisantes pour faire face aux dépenses que doit assurer une famille en charge d'un de ses membres, souffrant de la maladie d'Alzheimer.
La maladie d'Alzheimer, qui touche plus de 860 000 personnes en France, génère un coût très important pour les familles. Ces personnes âgées nécessitent des soins médicaux conséquents, ainsi qu'une surveillance constante. Des tâches qui sont principalement assurées à domicile par l'entourage proche.
L'association France Alzheimer, dont la vocation première est le soutien aux malades d'
Alzheimer et à leurs aidants, s'est penchée sur les conditions de cette prise en charge. Alors que la pension de retraite moyenne en France s'élève à 1100 euros par mois, le coût mensuel du maintien à domicile du malade avoisine les 1000 euros.
Un reste à charge très élevé qui grève le budget déjà bien maigre d'un grand nombre de personnes âgées. Les principaux postes de dépenses sont l'emploi d'une auxiliaire de vie et d'une aide ménagère, l'accueil hebdomadaire en centre de jour spécialisé, mais aussi les protections en cas d'incontinence.

L'État alloue bien entendu des subventions pour alléger ce fardeau financier, mais elles sont loin de résoudre le problème. Ainsi, les aides s'élèvent en moyenne à 411 euros mensuels. Un soutien qui doit se renforcer pour permettre à l'entourage de faire face plus sereinement à la situation. Les familles concernées réclament la mise en place d'une prestation spécifique pour la
maladie d'Alzheimer.
Par ailleurs, l'association France Alzheimer rapporte selon cette même étude que les aidants familiaux de malades d'Alzheimer consacrent 6h30 à 7 heures par jour à l'accompagnement de leur proche. Si l'on devait chiffrer ce temps au tarif horaire d'une auxiliaire de vie, le coût réel de la prise en charge représenterait 3000 euros par mois.
Le quotidien d'un aidant familial n'est pas de tout repos. Même si la présence d'une auxiliaire de vie quelques heures par jour ou par semaine se révèle précieuse, elle n'est qu'un soutien partiel aux nombreuses tâches que doit assurer le proche du malade d'Alzheimer. Il doit assister la personne âgée pour la toilette, l'habillement, la préparation des repas, le soin du linge et tout ce qui à trait à l'intendance de la maison.
De plus, il gère généralement le côté administratif de la prise en charge : règlement des factures, opérations bancaires, dossiers d'aides financières, etc. En cas de mise sous protection juridique, l'aidant s'il est le tuteur doit fournir des comptes-rendus réguliers à la Justice.
C'est toujours ce même aidant qui accompagnera l'aîné à ses rendez-vous médicaux, courses et promenades.
Enfin, il devra faire face à des symptômes déroutants qui risquent de s'aggraver au fil du temps. Autant dire un travail à plein temps, sans week-end ni jours fériés qui se poursuit sur des mois, voire des années. C'est pourquoi l'association
France Alzheimer insiste également sur l'importance du répit pour les accompagnants. Ces derniers devraient pouvoir passer le relais, le temps de quelques jours pour pouvoir se ressourcer, afin de reprendre la mission d'aidant dans de bonnes conditions.