
CAPNEWS PRO Avril 2011
: Alzheimer, les dispositifs de prise en charge
Le Plan Alzheimer vise à établir un parcours personnalisé pour le malade dès l'annonce du diagnostic jusqu'à la prise en charge à domicile ou en établissement. L'organisation de cette prise en charge et de l'accompagnement du couple malade-aidant fait ainsi l'objet de la moitié des 44 mesures du Plan Alzheimer.
Améliorer le diagnostic
L'accompagnement du malade commence dès la découverte de la maladie. Pour permettre à ce dernier de gérer son avenir et de prendre les décisions qui lui conviennent au niveau de la prise en charge, le Plan Alzheimer tend à favoriser le diagnostic précoce et accompagné.
Ce diagnostic se fait au sein d'une consultation mémoire (CM), située en milieu hospitalier. La personne âgée souffrant de troubles cognitifs y est envoyée par son médecin traitant pour faire un bilan complet (bilans médical et neuropsychologique, examens neurologique, psychiatrique et/ou d'imagerie cérébrale).
L'avantage de cette structure réside dans la présence d'une équipe multidisciplinaire (neurologue, neuropsychologue, gériatre, psychiatre, psychologue). A l'issue des examens, l'équipe pose le diagnostic et adapte la prise en charge du patient.
Par ailleurs, les consultations mémoire proposent des activités d'accompagnement pour le malade (suivi psychologique individuel, ateliers de stimulation cognitive et ateliers mémoire, ergothérapie, psychomotricité, ateliers réhabilitation, groupes de parole...). Des actions y sont également organisées pour les aidants (consultation médicale, soutien psychologique, réunions d'information, groupes de parole, formations et réunions d'échange).
Trois mesures du Plan Alzheimer ont pour objet d'améliorer le maillage du territoire français en lieux d'accueil dédiés au diagnostic de la maladie. On compte aujourd'hui plus de 500 consultations mémoire et centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR, pour les situations plus complexes), pour lesquelles le délai d'attente est de 51 jours en moyenne. Un véritable progrès, alors qu'en 2007, le délai d'attente pouvait encore atteindre 6 mois (en Rhône-Alpes par exemple) !
Mieux informer et coordonner l'accompagnement
Pour orienter les malades et leur famille après l'annonce du diagnostic, quelques 900 sites sont consacrés à la coordination des actions d'accompagnement et de prise en charge. Ces lieux d'information (CLIC, centres de coordination gérontologiques, réseaux gérontologiques et réseaux Alzheimer) ont pour rôle de répondre aux questions des personnes âgées, de participer à l'évaluation de leurs besoins, et enfin de coordonner les dispositifs d'aide.
La moitié d'entre eux organisent également des activités pour les aidants (réunions d'information sur la maladie, échanges entre familles et soutien psychologique de groupe ou individuel).
Les MAIA - pour une prise en charge pluridisciplinaire des malades
L'une des mesures phare du Plan Alzheimer a sans conteste été la création des MAIA (maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer), définies comme des "portes d'entrée unique dans le dispositif de prise en charge Alzheimer".
Concrètement, les MAIA s'appuient sur les structures existantes (CLIC, SSIAD, réseaux...). Elles ne constituent pas un nouveau site remplaçant ces différentes structures. Il s'agit en fait d'un dispositif de proximité permettant de simplifier le parcours du malade et de son aidant. Les MAIA coordonnent la prise en charge, en organisant la coopération entre les différents prestataires (accueils de jours, HAD, services sociaux...) Pour les situations complexes, des gestionnaires de cas interviennent de façon individuelle auprès du malade (Voir l'interview de la pilote d'une des 17 MAIA actuellement en cours d'expérimentation).
Améliorer la prise en charge par une meilleure formation des professionnels
La plupart des personnes âgées souhaitant rester chez elles le plus longtemps possible, le Plan Alzheimer prévoit de faciliter la prise en charge à domicile des malades d'Alzheimer par la création d'équipes mobiles pluridisciplinaires.
111 équipes spécialisées Alzheimer (ESA) ont à ce jour été autorisées au sein de Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Elles sont composées de professionnels formés à la réadaptation, la stimulation et l'accompagnement des patients et de leurs aidants dès le début de la maladie : ergothérapeutes, psychomotriciens, infirmières coordinatrices et assistants de soins en gérontologie (ASG).
Ces équipes interviennent à domicile pour 12 à 15 séances de réhabilitation prescrites par le médecin et contribuant à maintenir, voire à améliorer l'autonomie du patient. Les séances de réhabilitation ont lieu à domicile. Une évaluation des capacités du malade à accomplir des actes de la vie quotidienne est d'abord effectuée. L'équipe de réhabilitation lui fixe ensuite un ou deux objectifs (s'habiller seul, refaire à manger...) et met en place un programme qui permettra d'utiliser les capacités restantes pour atteindre ces objectifs.
La formation d'assistant de soins en gérontologie est également une innovation du Plan Alzheimer. Ouverte aux aides-soignants (AS) et aux aides médico-psychologiques (AMP) travaillant déjà avec des malades d'Alzheimer, elle a démarré en septembre 2010. Ces professionnels interviennent au sein des ESA, mais aussi dans les Ehpad ou à l'hôpital. Leur rôle est "d'aider et soutenir les personnes fragilisées par la maladie d'Alzheimer, ainsi que leur entourage, dans les actes essentiels de la vie quotidienne en tenant compte de leurs besoins et de leur degré d'autonomie".
Pour aller plus loin :
Les aidants sont-ils suffisamment accompagnés ?
D'après les enquêtes d'opinion réalisées par l'INPES, publiées en septembre 2010, 75 % des aidants de personnes atteintes d'Alzheimer estiment être suffisamment informés sur la maladie.
La moitié des accompagnants affirme ainsi avoir déjà suivi un programme d'information et la même proportion déclare avoir également participé à un groupe de paroles. Un quart des aidants souhaiteraient cependant bénéficier de davantage de soutien (notamment aide psychologique ou administrative).
A retenir :
Les aidants peuvent également bénéficier d'une formation de deux jours par an, proposée par France Alzheimer, afin de mieux comprendre comment agir face aux symptômes de la maladie. Depuis novembre 2009, 2 600 aidants ont déjà été formés.
Pour s'y inscrire : www.francealzheimer.org ou Tel : 0811 112 112.
L'actualité en bref
Focus: Connaissance et regard sur la maladie d’Alzheimer
L'accompagnement du malade et de ses aidants
L'accueil des malades d'Alzheimer en établissement
Accompagnement Alzheimer, vers qui se tourner ?
Fiche Pratique: La consultation mémoire
Le PASA: Rencontre avec Daniel Cassé, directeur de l’Ehpad Les Jardins de Voltonia
L'URH: Rencontre avec Cendrine Baché, cadre de santé au Centre hospitalier de Firminy (42)
La MAIA: Rencontre avec Roselyne Clarhaut, pilote local de la MAIA du Val-de-Marne (94)
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