
CAPNEWS PRO Mars 2012
: Solidarité - les propositions des candidats
Luc Broussy, responsable "personnes âgées" de l'équipe de campagne de François Hollande, nous présente la vision sociale du candidat socialiste.
M. Hollande a présenté 60 propositions, parmi lesquelles la no 18 dans laquelle il annonce qu'il souhaite réformer la prise en charge de la dépendance dans ce pays.
Sa politique concernant les personnes âgées suit deux grands principes.
Premièrement, la réforme de la dépendance promise en 2007 par Nicolas Sarkozy a été reportée, sous prétexte de la crise financière d'août 2011. Malgré les tables rondes, les concertations et les rapports, il n'y a pas eu un article de projet de loi voté sur la dépendance.
Pendant qu'on ne fait rien sur la dépendance, la situation se dégrade, sur un point notamment : le nombre de bénéficiaires de l'APA a fortement augmenté. Or, toute augmentation depuis 2004 est à la charge des seuls conseils généraux, puisque la part de l'Etat n'a pas augmenté. Les gouvernements précédents n'ont pas fait l'effort de rééquilibrer ce financement. Aussi, aujourd'hui 72 % des dépenses d'APA sont financées par les conseils généraux. Ce qui pose un problème d'égalité territoriale, car tous les départements ne sont pas égaux en matière de vieillissement.
Aujourd'hui, les familles qui font face à la dépendance connaissent deux formes d'angoisses : une angoisse financière et une angoisse en termes d'orientation et d'information.
Sur le financement, il va de soi qu'il faut faire un effort à domicile et en établissement. Dans le genre de situation contrainte que connaît/que connaîtra la France sur le niveau budgétaire dans les prochaines années, il doit quand même y avoir une place pour l'amélioration du financement de la dépendance.
Nous oeuvrerons sur deux axes. Le premier axe sera d'améliorer la solvabilisation des familles à domicile comme en établissement. J'insiste sur les deux, car on parle beaucoup du reste à charge en établissement et assez peu des bas revenus des personnes à domicile qui souvent sont obligées de payer un ticket modérateur.
Il y a donc un effort à faire pour éviter aux personnes âgées à revenu faible ou moyen de payer un ticket modérateur aussi important qu'aujourd'hui. En établissement, il va de soi qu'à travers un certain nombre d'outils - cela peut être l'APA, l'allocation logement - il va falloir aider les familles un peu plus qu'on le fait aujourd'hui.
C'est la situation d'anxiété, d'angoisse que l'entrée dans la dépendance crée chez les familles, qui ne savent pas où s'adresser. Nous devons améliorer l'accessibilité de l'information et faciliter une meilleure orientation.
Entre les conseils généraux, les CCAS, les CLIC, les MAIA, les points d'information divers et variés, les caisses de retraite, il y a aujourd'hui une multitude de centres de décision, d'orientation et d'information. Et il faut absolument le parcours de soin de chaque personne âgée, pour un meilleur suivi.
Nous avons la volonté de ne pas traiter que la dépendance. On a un vrai défi en France qui est l'explosion du nombre de personnes âgées et très âgées. Dans les 20 prochaines années, nous aurons à faire face à un vieillissement de la population, laquelle ne sera pas entièrement dépendante.
Nous devons élargir la question du vieillissement des personnes âgées au-delà du cercle de la dépendance.
A l'adaptation des logements, de la ville... On va avoir de plus en plus de personnes fragiles qui ne sont pas pour autant en fauteuil roulant. Il faut adapter les transports publics, la façon de voir demain l'urbanisme de la ville, l'accessibilité des lieux publics, le logement, l'habitat.
On doit regarde plus largement les choses pour que la France s'adapte au vieillissement progressif de sa population. Vieillir c'est une chance absolument formidable. Il ne faut pas que cette chance devienne un problème potentiel. Il faut donc l'anticiper, pas seulement au niveau de la dépendance, mais aussi de la santé publique, du lien social, de l'urbanisme, des transports, de la culture, de l'accès aux loisirs de manière générale.
A l'évidence, il y aura un Plan Alzheimer 2012-2015. Mais il sera probablement réorienté ici et là. Les UHR sont une bonne chose, les PASA ont pris un tour extrêmement technocratique qu'il faudra assouplir. A force d'avoir fait des cahiers des charges très rigides, on a totalement ralenti le rythme de la création des PASA. C'est un point à réorienter.
De la même façon, on mettra un accent beaucoup plus fort sur la formation aux nouveaux métiers. Par exemple, la présence de psychomotriciens est autrement plus importante que des détails architecturaux. Il faudra vraiment se recentrer pour former de nouvelles générations aux métiers d'ergothérapeute, etc.
De même pour les MAIA (Maison de l'autonomie et de l'intégration des malades d'Alzheimer), il faudra garder les bonnes choses et réformer ce qui pose problème. On a aujourd'hui beaucoup d'institutions qui se superposent. Je ne suis pas sûr qu'à travers les MAIA on n'ait pas encore rajouté un étage spécifique à la maladie d'Alzheimer qui se rajoute aux CLIC, conseils généraux, caisses de retraite, etc.
Dans les MAIA il y a une chose très positive : les gestionnaires de cas qui suivent individuellement les personnes âgées quel que soit le lieu où elles se trouvent domicile ou établissement, hôpital, moyen séjour, etc. C'est un nouveau métier qu'il faudra développer et pas seulement sur la maladie d'Alzheimer des gestionnaires de cas.
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