

Depuis la canicule de l’été 2003 et ses conséquences dramatiques, les pouvoirs publics ont mis en place une panoplie de mesures permettant de surveiller, prévenir et alerter la population et les services concernés en cas de survenue d’un nouvel épisode caniculaire.
Chaque année depuis 2004, un plan canicule actualisé est communiqué par le ministère de la Santé. On distingue par ailleurs trois niveaux d’alerte pour guetter la canicule.. Enfin, il existe 4 plans d’actions identifiés par des couleurs : plan Bleu, plan Blanc, plan Rouge, plan Vermeil. Ces plans correspondent aux différents acteurs intervenant en cas de canicule.
L'accent a été mis sur la solidarité entre voisins et la lutte contre l'isolement des personnes âgées. Le ministre a en effet souligné que l'isolement des personnes dépendantes constituait le principal «facteur de risque» en cas de canicule, ou de vague de chaleur comparable à celle de l'été 2003.
La "veille saisonnière".
Le niveau de "mise en garde et d'action" déclenché par le préfet.
La ''mobilisation maximale", en cas de canicule à fort impact sanitaire sur une grande partie du territoire ou compliquée par d'autres facteurs (sécheresse, pannes électriques).
Le niveau 1 : Veille saisonnière - du 1er au 31 août.
- Vérification des dispositifs opérationnels.
- Veille quotidienne de l'activité sanitaire.
- Vérification des coordonnées des personnes vulnérables.
- Campagne médiatique de mise en garde et recommandations sanitaires.
Le niveau 2 : Mise en garde et actions - Risque de canicule prévue ou canicule en cours.
Le niveau 2, réactualisé, fusionne les niveaux de pré-alerte et d'alerte du plan national canicule 2005 en un niveau unique. Fusionnant les anciens niveaux d'alerte 2 et 3, ce niveau peut donc inclure une phase d'anticipation d'un risque de canicule aussi bien qu'une phase de canicule à proprement parler.
Ce sont les préfets qui peuvent déclencher ce niveau d'alerte caractérisé par :
L'activation d'une cellule nationale de crise par le ministre de la Santé, le 'PC Santé' qui centralise les informations.
L'activation des "plans blancs" des établissements de santé en prévision d'un surcroît d'activité.
L'activation des "plans bleus" des maisons de retraite.
La mobilisation des associations de bénévoles.
Le niveau 3 : Mobilisation maximale - Multiplication des dangers.
Ce niveau correspond à l'appel de tous les moyens disponibles pour gérer la situation.
En cas de survenue d'une canicule avec impact sanitaire important, étendue sur une grande partie du territoire et compliquée d'effets collatéraux (délestages ou pannes électriques, sécheresse...)
- C'est le Premier ministre qui déclenche le niveau d'alerte 3
- Le Comité Interministériel de gestion des crises (COGIC) peut éventuellement réquisitionner les moyens de transport, l'armée et les médias.
Qu'elles soient publiques, privées, ou associatives, les maisons de retraite, les logements foyer et les unités de soins doivent en cas de crise et à la demande du préfet et du président du Conseil Général, mettre en place le "Plan Bleu".
Le "Plan Bleu"
Il comporte :
La désignation d'un "référent" responsable en situation de crise, dont les coordonnées sont communiquées à la DDASS et au service des établissements du Conseil général (ainsi que celles de son remplaçant).
La mise en place d'une convention avec un établissement de santé proche pour prévenir les hospitalisations et pour accompagner les transferts en milieu hospitalier quand ils s'avèrent indispensables.
L'installation d'une pièce rafraîchie proportionnée à la capacité de l'établissement.
Une sensibilisation du personnel aux bonnes pratiques préventives.
Un protocole, affiché dans l'établissement et précisant les points suivants :
- Mobilisation et rappels éventuels des personnels en congés
- Adaptation des plannings pour recentrer l'activité autour des tâches d'hydratation et de surveillance
- Collaboration avec les familles des résidents
- Collaboration avec les réseaux de bénévoles (associations de retraités actifs, Croix Rouge...)
- Modalités d'intervention des professionnels et des bénévoles auprès des résidents pour une prévention de la déshydratation et aménagement temporaire des locaux
- Stockage des matériels de prévention : brumisateurs d'eau minérale, vaporisateurs à main, boissons fraîches, lingettes humectables, porte-sérums, poches de perfusion, poches à glace, ventilateurs...
- Surveillance des denrées périssables et du fonctionnement des réfrigérateurs
- Arrosage des terrasses et des façades les plus exposées.
Le "Plan Blanc"
L'objectif du "Plan Blanc" est de planifier l'organisation interne des établissements de santé, afin de faire face à une activité exceptionnelle, à un afflux de victimes ou à une crise sanitaire.
Selon l'ampleur de l'événement, trois niveaux d'adaptation sont prévus :
Le réajustement de l'organisation (capacités en lits et moyens)
Le déclenchement d'un plan blanc sectoriel
Le déclenchement du plan blanc dans son ensemble.
Tout événement ne doit pas conduire au déclenchement systématique du plan blanc de l'établissement. Mais si celui-ci est nécessaire, il devra comporter :
L'installation d'une cellule de crise
Le rappel et le maintien du personnel hospitalier
L'organisation des services d'accueil aux urgences
L'accueil des patients dans les services adaptés (avec éventuellement des sorties anticipées pour les cas bénins)
Le travail en relation avec le SAMU
Le "Plan Rouge"
Le «Plan Rouge» s'adresse quant à lui à la sécurité civile et aux pompiers.
Sous l'autorité du préfet et après évaluation de la situation par les services d'incendie et de secours déjà engagés sur le terrain, la mobilisation des services concernés est mise en place.
Ce plan a pour objet :
La rapidité de la mise en place des moyens
L'organisation rationnelle du commandement
L'emploi des moyens suffisants et adaptés
La coordination dans la mise en oeuvre de ces moyens et une bonne organisation de la régulation médicale.
Le "Plan Vermeil"
Le "Plan Vermeil" s'adresse plus particulièrement aux personnes âgées fragiles ou malades. Il s'agit donc d'un dispositif départemental d'alerte et d'urgence arrêté par le préfet et le président du Conseil Général, en coopération avec les différents acteurs de la politique gérontologique et du handicap. Il concerne les établissements (plan bleu) et le domicile (dispositif de repérage et de suivi des personnes isolées par les communes, prévu par un décret du Conseil d'Etat).
A domicile, il repose sur le recensement des personnes âgées et des personnes handicapées en situation d'isolement. Il est effectué au niveau communal et sur demande des personnes fragiles elles-mêmes ou de leurs proches. Le maire est ainsi le détenteur du fichier des personnes volontaires susceptibles de bénéficier d'actions de prévention, de surveillance et de secours en cas de fortes chaleurs ou de crise climatique.
En établissement, il correspond à la mise en place de plans bleus qui fixent le mode général d'organisation de chaque institution (cf. "Plan Bleu").
Le "Plan Vermeil" prévoit :
L'identification des locaux collectifs disposant d'une mauvaise régulation thermique ou de pièces rafraîchies
La mise en place d'un dispositif de gestion de crise
La préparation et la mobilisation des personnels et des moyens
L'accueil des personnes à risque dans des pièces climatisées et rafraîchies
La lutte contre les phénomènes de déshydratation ou d'hyperthermie (ouvrir plus largement les piscines, installer des points de distribution d'eau)
La mobilisation des médias sur les gestes de prévention
Le contact et/ou la visite des personnes âgées et des personnes handicapées vulnérables vivant à domicile
L'organisation et la répartition des patients entre les différents établissements
La sensibilisation des gardiens d'immeubles