

L'annonce du diagnostic est souvent un moment tragique. Le premier pas après le diagnostic est d’accepter la maladie. Au plus vite, il faut organiser le futur :
aménager le cadre de vie de la personne atteinte et
prendre certaines précautions indispensables.
Il a été observé que des malades dont on a veillé au confort et qui se sentent bien ne causent presque pas de difficultés à leurs proches.
Le soutien affectif aide à compenser les carences de la mémoire.
De plus, l'organisation du cadre de vie est également rendue nécessaire par souci de sécurité. Il s'agit de toute une vie à réaménager.
C'est pourquoi le soutien de la famille est fondamental pour permettre au malade de continuer à vivre à son domicile après l'annonce du diagnostic. Cela ne va pas sans de lourdes modifications dans la vie quotidienne, l'équilibre familial et les relations avec le malade. Voilà ce à quoi il vous faut veiller pour aider votre proche atteint de la maladie d'Alzheimer :
Aide-mémoire : installez des blocs-notes, un tableau noir, un tableau d'affichage avec des post-it ou un tableau aimanté. Le malade oublie fréquemment ses rendez-vous, essayez de lui passer un coup de fil à temps pour les lui rappeler.
Sécurité domestique : remplacez la cuisinière à gaz par des plaques électriques ; veillez à ce que la salle de bain soit équipée de sols anti-dérapant ; mettez les objets fragiles et/ou dangereux à l'abri.
Sécurité routière : il serait sage de convaincre le malade de cesser ses déplacements en voiture. Bien que de nombreux malades souhaitent continuer à conduire, en début de maladie comme à un stade plus avancé, il vaut mieux l'en dissuader.
En effet, les personnes souffrant d'une maladie d'Alzheimer ont plus d'accidents de voiture que les sujets sains du même âge (50% des conducteurs âgés morts dans un accident de voiture avaient des lésions du cerveau compatibles avec la maladie d'Alzheimer).
En pratique, il n'est pas conseillé de prendre autoritairement les clés de sa voiture, ce qui risquerait d'être vécu comme une agression. En cas de refus obstiné, faites intervenir le médecin de famille. Au besoin, cachez les clés ou mettez la voiture hors d'état de marche.
Communication : le malade perd progressivement ses capacités d'expression, il cherche ses mots, emploie très souvent les termes 'choses' et 'machin'. La tentation est grande de cesser de prendre part aux conversations. Il ne faut pas laisser le malade s'installer dans l'habitude de se taire. Parler avec le malade est indispensable. Parfois l'emploi de l'expression gestuelle peut pallier la perte de sens des mots.
Prévenir les pertes d'objets usuels : pour éviter que le malade ne perde sans cesse ses lunettes, ses clés, son porte-monnaie, etc., aidez-le à prendre des habitudes routinières et quotidiennes. Déposez les objets toujours à la même place. Utilisez des ficelles pour attacher ses lunettes, une chaîne pour son porte clé, etc.
Ravivez les souvenirs du malade : en lui parlant de son passé, en lui remémorant des épisodes de la vie familiale, vous aiderez son cerveau à travailler.
Activité physique : à l'instar de l'activité cérébrale, l'activité physique doit être stimulée. Organisez des sorties pour le malade. L'exercice favorise en effet la relaxation mentale, donc le bon fonctionnement de la mémoire.
Tabac : le malade peut continuer de fumer s'il en éprouve le besoin. Evitez toutefois de le laisser fumer seul s'il risque d'oublier d'éteindre sa cigarette...
Alimentation : un malade d'Alzheimer aura tendance à ne pas s'alimenter correctement par lui-même. Veillez à la diversité de ses menus et à l'équilibre de son alimentation, ainsi qu'à son hydratation (Cf. les dangers de la canicule ).
Rapidement, l'aide apportée par les proches ne suffit plus, il faut donc faire appel à des aides-soignants ou des associations d'entraide.
C'est pourquoi il faut effectuer sans tarder les démarches nécessaires pour lui faire bénéficier des aides financières et sociales auquelles il a droit.
Deux tiers des personnes atteintes d'Alzheimer vivent à domicile, mais avant que le quotidien ne devienne insupportable pour la famille, il faut songer à placer le proche atteint d'Alzheimer en maison de retraite adaptée (Cf. Pour bien choisir votre maison de retraite ).
Situation financière du malade
Pour anticiper l'évolution de la maladie et protéger les intérêts et l'avenir du malade, veillez dès l'annonce du diagnostic à :
Demander la carte d'invalidité au C.C.A.S de la Mairie (Centre Communal d'Action Sociale)
Demander les 100 % de la Sécurité Sociale (médecin)
Renseignez-vous également sur l'obtention des aides suivantes (Cf. Les aides financières et sociales) :
Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) : au Conseil Général ou à la Mairie (+ 60 ans)
Majoration Tierce Personne (M.T.P.) : à la Sécurité Sociale (- 60 ans) ou à la CRAM ou la CNAV (+ 60 ans)
Allocation Compensatrice Tierce Personne (A.C.T.P.) : au Conseil Général ou au C.C.A.S de la Mairie (- 60 ans)
Les aides ménagères : à la Mairie (pour les pensionnés)
La prestation garde à domicile : à la CNAV ou à la CRAM (pour les pensionnés)
Allocation Adulte Handicapée (A.A.H.) : à la Caisse des Allocations Familiales (- 60 ans)
Situation juridique du malade
Au fur et à mesure que la maladie évolue, le malade éprouve de plus en plus de mal à prendre les décisions qui le concernent. De plus en plus vulnérable, il risque d'engager des actions en dépit du bon sens ou de son intérêt.
C'est pourquoi il faut songer à mettre en place une forme de protection juridique adéquate, par exemple au moment où le malade devient incapable de gérer son argent ou d'effectuer des paiements. (Cf. notre dossier sur les différentes formes de protection juridique ).