Alzheimer : 5 conseils pour gérer l’apathie d’un proche
Le 09/04/2018 - Maladie d'Alzheimer

Les changements d’humeur font partie des symptômes comportementaux de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés. L’apathie notamment affecte la vie sociale et quotidienne du malade. Ce trouble comportemental est d’ailleurs l’un des plus difficiles à gérer pour les aidants familiaux. Apprenez tout ce qu’il faut savoir sur l’apathie et comment y faire face.

Alzheimer : 5 conseils pour gérer l’apathie d’un proche

Quels sont les symptômes de l’apathie ?

Il nous arrive tous d’avoir des hauts et des bas : nous sommes parfois moins motivés que d’habitude. L’apathie diffère néanmoins de ces coups de blues : il s’agit en effet d’une perte persistante de motivation et d’un manque d’intérêt pour des activités ou des sujets autrefois appréciés.

L’apathie fait partie des symptômes de la maladie d’Alzheimer et des autres troubles apparentés. Elle est même particulièrement fréquente chez les personnes atteintes de dégénérescence fronto-temporale. Elle peut apparaître à n’importe quel stade de la maladie, mais se développe souvent assez tôt.

L’apathie chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut se traduire de différentes manières :

  • un manque d’énergie lorsqu’il s’agit de faire certaines tâches quotidiennes (notamment l’hygiène personnelle),
  • une tendance à compter sur les autres pour structurer les activités de la journée,
  • un manque d’intérêt ou de curiosité pour les nouveautés (personnes, conversations, etc.)
  • un manque d’intérêt pour ses propres problèmes,
  • des réactions impersonnelles à des informations ou événements personnels (indifférence, détachement…)

Une partie de ces symptômes sont communs à l’apathie et à la dépression (notamment, la perte d’intérêt et d’énergie). La principale différence réside dans le fait que la personne déprimée se sentira également triste et désespérée et aura une faible estime de soi. Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent aussi souffrir de dépression ou d’anxiété.

Le malade lui-même ne s’inquiétera pas toujours de son apathie. Ces symptômes affectent néanmoins son bien-être et celui de ces proches, lesquels souffrent de devoir de s’impliquer davantage dans les tâches quotidiennes du malade, qui ne réagit pas à son entourage.

Quelles sont les causes de l’apathie chez les malades d’Alzheimer ?

L’une des raisons de l’apathie chez les personnes souffrant de démence est l’atteinte des lobes frontaux du cerveau. Cette partie du cerveau contrôle en effet la motivation, la planification et le séquençage des différentes tâches.

Lorsque l’apathie s’installe chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, elle est persistante, plutôt qu’avec des hauts et des bas. Elle empire avec le temps plus la personne perd son goût à agir et sa confiance en soi. La perte de motivation se renforce au fil du temps. C’est pourquoi si vous accompagnez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est important de la soutenir et d’essayer de l’empêcher d’entrer dans ce cycle infernal.

Comment traiter l’apathie et aider mon proche ?

Les traitements médicamenteux sont moins efficaces avec l’apathie qu’en cas d’anxiété ou de dépression. Des antidépresseurs sont parfois prescrits, mais leur efficacité n’est pas prouvée. Il est donc préférable d’essayer d’abord des approches non médicamenteuses.

 

  1. Prenez conscience que votre proche n’est pas paresseux ou têtu. Il ne fait pas « exprès » de ne rien faire pour vous provoquer. La démence est une maladie qui affecte la communication et la compréhension de votre proche. Il a besoin de plus de temps pour traiter les informations et réagir aux stimuli extérieurs ou à vos instructions.
  2. Essayez de préparer un planning qui comprendra des tâches et des activités que votre proche peut et aime faire. Une routine quotidienne l’aidera souvent à rester actif. Il peut aussi être utile de diviser les tâches en plusieurs parties pour faire les choses étape par étape. Votre proche aura le sentiment d’avoir réussi quelque chose après chaque tâche menée à bien.
  3. Stimulez votre proche en douceur et aidezle à commencer une activité. Les parties du cerveau touchées par la maladie d’Alzheimer, et plus encore par la dégénérescence fronto-temporale, sont responsables du traitement cognitif du sentiment de récompense et de satisfaction, d’où le manque de sensibilité et de motivation. Tentez d’encourager votre proche et de lui fournir un feed-back positif, sans oublier que son manque de réactivité ne signifie pas qu’il ne profite pas de l’activité.
  4. Aidez votre proche à entreprendre des activités qui lui permettent de se reconnecter aux valeurs qui étaient importantes dans sa vie avant le diagnostic.
  5. Prenez soin de vous : s’occuper d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer présentant des troubles du comportement, dont l’apathie n’est souvent qu’un symptôme parmi d’autres, peut être épuisant. De nombreuses solutions existent aujourd’hui pour soutenir les aidants familiaux : aide à domicile, accueil de jour, hébergement temporaire en maison de retraite, groupes de paroles, etc.
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