L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) offre 340 € par mois pour accompagner un proche dépendant. Logiquement, cette aide devrait être demandée dès les premiers signes de perte d’autonomie. Pourtant, la plupart des aidants familiaux la sollicitent en phase terminale du maintien à domicile, 3 à 6 mois avant un placement en EHPAD[1]. Niveau timing, l’AJPA arrive en plein épuisement de l’aidant. Voici comment utiliser stratégiquement ces congés du proche aidant afin d’organiser une transition sereine en établissement pour personnes âgées.

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Pourquoi les aidants demandent l’AJPA… trop tard ?

Cinq raisons expliquent pourquoi l’AJPA est sollicitée au moment de la crise plutôt qu’en prévention.

Le déni progressif de la dépendance

Oublis de médicaments, courses impossibles, aide pour s’habiller : chaque étape est minimisée. « C’est normal à son âge. » Ce déni fonctionne en GIR[3] 4, mais quand la personne bascule en GIR 3 nécessitant une aide plusieurs fois par jour, l’aidant augmente sa présence sans réaliser qu’il franchit un seuil critique.

Résultat : on pense à l’AJPA seulement en GIR 2-1, quand les 22 jours ne suffisent plus à inverser un épuisement installé.

demande AJPA réalisée trop tard par l'aidant

L’épuisement invisible de l’aidant 

​​Le burn-out de l’aidant s’accumule par phases. D’abord quelques aménagements d’emploi du temps et nuits interrompues : « Je n’ai pas besoin d’aide. » Puis passages quotidiens obligatoires, réduction du temps de travail, fatigue chronique : « Je tiendrai encore quelques mois. » Enfin le craquage : troubles anxieux, arrêt maladie.

C’est seulement à ce stade, sur conseil médical, que l’aidant découvre l’AJPA comme pansement temporaire.

LIRE AUSSI : Aidants familiaux : vous pouvez toucher jusqu’à 1 477 € sans condition de revenus (et peu de gens le savent)

Les coûts qui explosent soudainement 

 En GIR 4, garder son parent à domicile coûte 300 €/mois d’aide. Cette perception « économique » devient fausse en GIR 2-1 : 2 400 € d’auxiliaire de vie + 600 € d’infirmier + 800-1 200 € de perte de revenus = 2 200-2 600 € mensuels, contre 1 200-1 800 € en EHPAD.

Les familles découvrent l’AJPA quand les factures deviennent insoutenables, alors qu’elle aurait dû financer des solutions de répit 6-12 mois plus tôt

L’événement déclencheur brutal 

Dans 70% des cas, la demande résulte d’une crise : chute avec hospitalisation, fugue nocturne, infection grave, arrêt maladie de l’aidant. Ces événements surviennent généralement en GIR 2-1.

L’AJPA intervient alors en mode urgence, ses 66 jours consommés pour gérer la crise sans pouvoir organiser une transition sereine.

La découverte administrative tardive 

Beaucoup découvrent l’AJPA au moment de chercher un EHPAD, mentionnée par les assistants sociaux. Ils font simultanément la demande d’AJPA et l’évaluation GIR nécessaire au dossier.

Résultat : l’aide finance la transition plutôt que le répit préventif. Elle arrive quand la décision de placement est prise, non 12-18 mois plus tôt quand elle aurait pu éviter le craquage

Maintien à domicile vs EHPAD : quand les coûts deviennent insoutenables

« L’EHPAD, c’est trop cher. » Cette phrase, répétée par des milliers de familles, repose sur un calcul incomplet. 

Comparaison des coûts selon le degré de dépendance

GIRAide à domicileCoût mensuelAPA domicile maxReste à chargeImpact aidantCoût EHPAD (reste à charge)
GIR 5-6 (autonome)Ménage 3h/semaine300 €300 €AucunNon concerné
GIR 4 (aide ponctuelle)Aide 3h/semaine + portage repas480 €686 €150-200 €Aménagements emploi du tempsNon nécessaire
GIR 3 (aide quotidienne)Aide 2h/jour + portage + téléassistance1 400 €1 050 €500-600 €Réduction temps de travail possible (-20%)1 200-1 500 €
GIR 2 (dépendance[2] importante)Aide 3h/jour + infirmier2 200 €1 504 €1 000 € + perte revenus 600-800 €Temps partiel obligatoire ou arrêt1 400-1 700 €
GIR 1 (dépendance totale)Aide 4h/jour + infirmier quotidien3 000 €1 955 €1 200 € + perte revenus 1 000-1 500 €Arrêt travail quasi systématique1 500-1 800 €

L’EHPAD : l’alternative viable ? 

Au-delà du GIR 3, l’EHPAD devient l’alternative économique. Avec les aides (APA, ASH, APL), le reste à charge en EHPAD (1 200-1 800 €) est inférieur au coût global du domicile en dépendance totale (2 200-2 700 €). Ce basculement explique la demande tardive d’AJPA : les familles ne la cherchent qu’au moment où elles réalisent que l’EHPAD coûte finalement moins cher.

Comment gérer l’AJPA et la recherche d’EHPAD ?

Avec 340 € par mois pour 5 jours, l’ AJPA ne compense que 20% de la perte de revenus d’un aidant à temps plein. Utilisez plutôt cette aide en répit financier de 3 à 6 mois, le temps d’organiser le placement sans précipitation. 

Mois 1‑2 : déposer le dossier AJPA et évaluer le GIR

Durant les mois 1-2, déposez simultanément le dossier AJPA (délai de traitement : 1-2 mois) et faites évaluer le GIR par les services départementaux si ce n’est pas déjà fait. 

choisir entre le maintien à domicile ou l'Ehpad

Mois 2‑4 : visiter et présélectionner les EHPAD

Durant les mois 2-4, utilisez vos 22 jours d’AJPA mensuels pour visiter 5 à 7 établissements présélectionnés. Déposez les dossiers d’admission dans chaque EHPAD visité. Organisez les rendez-vous administratifs pour préparer l’APA en établissement et l’éventuelle demande d’ASH

Mois 4‑6 : suivi et installation

Durant les mois 4-6, relancez les EHPAD et vérifiez si une place se libère. Cette anticipation évite le placement d’urgence après une hospitalisation, scénario vécu par 40% des admissions et source de traumatismes pour les familles.

Gardez impérativement quelques jours pour l’installation effective en EHPAD : déménagement, aménagement de la chambre, premiers jours d’adaptation où votre présence rassure.

Les aides financières cumulables pour le passage en EHPAD

L’AJPA n’est pas la seule aide à la disposition des aidants pendant la recherche d’EHPAD. 

Pendant la transition (AJPA active)

Vous pouvez cumuler l’AJPA de 340 € mensuels (maximum 1 466 € sur 22 jours) avec l’APA à domicile maintenue jusqu’au placement effectif. 

Le droit au répit de 573 € par an, majoré à 1 000 € en cas d’urgence, finance le cout d’un hébergement temporaire permettant de visiter sereinement les établissements, jusqu’à toucher 1 477 € sans conditions de revenus. 

Après le placement en EHPAD

Une fois en établissement, plusieurs aides participent au financement de l’hébergement : 

  • L’APA en établissement réduit considérablement le tarif dépendance selon votre GIR et vos ressources. 
  • L’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH) prend en charge partiellement ou totalement les frais si vos revenus sont insuffisants.
  • Les APL diminuent le tarif hébergement. 
  • Un crédit d’impôt de 25% s’applique sur les dépenses de dépendance.

D’autres aides spécifiques existent selon votre profil : ONACVG pour les anciens combattants, aides des caisses de retraite complémentaires pour les fonctionnaires, compléments MSA pour les agriculteurs. 

Demander l’AJPA en urgence, c’est souvent reconnaître que le maintien à domicile touche à sa fin. Plutôt que de subir cette phase critique dans la précipitation et l’épuisement, Cap Retraite vous aide à maîtriser ces 3-6 mois de transition. Pendant que vous utilisez vos jours AJPA pour rester auprès de votre proche, nous organisons sa future admission : présélection d’établissements adaptés, constitution des dossiers, suivi des disponibilités et optimisation des aides financières à votre place.

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