Autonomie des personnes âgées : le rôle clé du kinésithérapeute

Le kinésithérapeute joue un rôle essentiel dans le maintien de l’autonomie des personnes âgées, à domicile comme en Ehpad. Il est impliqué à la fois dans la prévention des maladies et de la dépendance, le traitement des pathologies affectant la mobilité et l’adaptation aux handicaps. Découvrez comment le kinésithérapeute peut vous aider à utiliser le mouvement pour améliorer votre qualité de vie au quotidien.

Autonomie des personnes âgées : le rôle clé du kinésithérapeute

Qu'est-ce que la kinésithérapie et comment peut-elle vous aider ?

La kinésithérapie est une forme de thérapie utilisant le mouvement pour préserver, renforcer ou réparer les capacités fonctionnelles. Elle est largement utilisée pour maintenir la qualité de vie des personnes âgées et prévenir ou traiter de nombreux problèmes liés au grand âge.

Les techniques de kinésithérapie peuvent vous aider à :

  • vous rétablir d’une blessure ou d’une maladie,
  • retrouver votre mobilité en cas d’altération de vos fonctions corporelles pour n’importe quelle raison,
  • vous adapter à un handicap (utilisation d’une prothèse, etc.),
  • vivre avec une douleur chronique et la soulager au maximum.

Quels troubles le kinésithérapeute traite-t-il chez les personnes âgées ?

En gériatrie, le masseur-kinésithérapeute prend en charge trois catégories de problèmes fréquemment rencontrés par les personnes âgées :

  • les troubles survenant en raison du manque de mobilité, c’est-à-dire lorsque vous ne sollicitez pas assez vos membres ou ne faites pas assez d’activité physique, quelle qu’en soit la raison. Le kinésithérapeute dispose de différents outils et techniques pour vous aider à stimuler vos muscles et articulations.
  • les maladies cardiovasculaires, comme l’infarctus ou un AVC. Différents exercices, l’hydrothérapie et l’électrostimulation font partie des méthodes alors utilisées par le kinésithérapeute.
  • les troubles musculosquelettiques : la kinésithérapie permet de renforcer les personnes âgées atteintes d’ostéoporose, arthrose, etc. Ces problèmes peuvent fortement vous fragiliser et augmenter le risque de chute. Le kiné travaillera alors sur votre équilibre et votre façon de marcher.

Le rôle du kinésithérapeute est finalement de vous faciliter l’accomplissement des différentes activités de la vie quotidienne. Le but : prévenir la dépendance et préserver au maximum votre autonomie.

Les différents troubles et conditions pris en charge par la gériokinésithérapie sont variés :

  • réadaptation après une chute ou une blessure (fracture du col du fémur, etc.),
  • douleur chronique (dans les membres et les articulations : genou, dos, épaules, cous, poignet…),
  • diabète,
  • maladie de Parkinson,
  • maladie d’Alzheimer,
  • vertige,
  • sclérose en plaques,
  • incontinence…

Comment le kinésithérapeute vous prendra-t-il en charge ?

Le masseur-kinésithérapeute a pour rôle de diagnostiquer et traiter les patients. Au-delà de la rééducation et des exercices, il réalise un bilan kinésithérapique complet pour :

  • fixer les objectifs du traitement : récupérer vos fonctions antérieures, maintenir vos capacités actuelles, soulager la douleur ;
  • établir votre plan de prise en charge : techniques adaptées, lieu de réalisation des soins (cabinet, domicile, maison de retraite) et nombre de séances.

Pour ce faire, il tient compte de votre environnement pour réduire les risques d’accident et ajuster les exercices. Il peut aussi vous donner des conseils sur la façon d’aménager votre domicile à la perte d’autonomie.

L’évaluation initiale comprend à la fois :

  • un examen subjectif : le kinésithérapeute vous interrogera sur les problèmes que vous rencontrez au quotidien, quand ils ont commencé et ce qui les soulage ou les aggrave. Il vous posera des questions sur vos antécédents médicaux et les autres maladies dont vous souffrez. Les personnes âgées ont souvent plusieurs pathologies devant être prises en compte pour une prise en charge globale.
  • un bilan objectif, fondé sur une évaluation de vos capacités fonctionnelles : le kinésithérapeute va examiner la ou les parties du corps concernées. Il vérifiera souvent votre équilibre et votre force musculaire. Plus ponctuellement, il examine l’amplitude de vos mouvements (ceux de l’épaule ou du genou, par exemple). Si vous êtes en convalescence après une chute ou une maladie, il testera votre capacité à vous déplacer et à effectuer différentes activités du quotidien.

Quelles sont les techniques utilisées par le kinésithérapeute ?

Le masseur-kinésithérapeute dispose d’une série de techniques pour prendre en charge les personnes âgées. Il choisit les actes les plus adaptés au cours d’un bilan complet de vos difficultés et capacités.

Les mains sont l’outil le plus utilisé par le kiné pour vous relaxer, soulager vos douleurs et améliorer votre flexibilité. Dans ce cas, les techniques de kinésithérapie comprendront les actes suivants :

  • massage des muscles et tissus mous du corps, pour vous détendre, améliorer la circulation sanguine et soulager la douleur ;
  • mobilisation articulaire et étirements musculo-tendineux : mouvements lents pour tourner et tirer les articulations. Le but : augmenter la flexibilité ;
  • manipulation vertébrale : des mouvements plus rapides permettent de soulager des douleurs plus profondes et de réaligner les articulations et les os.

Le kinésithérapeute peut aussi utiliser divers moyens physiques :

  • thérapie par le froid (cryothérapie, thermothérapie) pour soulager la douleur, l’enflure et l’inflammation dues à des maladies telles que l’arthrite ou l’arthrose. Le traitement utilise notamment de la glace, soit directement soit dans une vessie de glace ;
  • thérapie par le chaud : elle détend les muscles et améliore la circulation sanguine. Le but : relâcher les articulations raidies par l’arthrose ou lorsque vous avez été immobilisé. La chaleur est également utilisée pour détendre les muscles avant l’exercice ;
  • hydrothérapie ou kinébalnéothérapie : cette technique utilise de l’eau pour cicatriser les tissus mous, augmenter le flux sanguin et relaxer le corps dans sa totalité.
  • électrostimulation : le kinésithérapeute utilise le courant électrique pour agir sur le corps. Par exemple, il peut réduire la conduction du message du signal douloureux au cerveau. Le micro-courant peut aussi stimuler la sécrétion d’endorphines (peptide qui procure un sentiment de bien-être) ;
  • ultrasons : des ondes sonores aiguës sont utilisées pour réduire les spasmes musculaires et détendre les muscles avant et après l’effort. Ils réduisent la réponse inflammatoire et stimulent la guérison des tissus.

Qu'est-ce que la rééducation ?

En outre, le kinésithérapeute dispose d’exercices et techniques adaptées pour effectuer toutes sortes de rééducation après des chutes, fractures, maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Le but : faciliter la récupération après un incident médical ou une chirurgie et permettre un retour à la normale, ou du moins une autonomie maximale en utilisant les fonctions restantes.

La rééducation est très importante pour les personnes âgées, car elle permet de prévenir la dépendance et de préserver une bonne qualité de vie. Le kinésithérapeute n’intervient pas seulement après une chute, mais aussi par exemple après une embolie pulmonaire ou n’importe quelle opération immobilisant le patient.

La rééducation concerne également des fonctions spécifiques : mobilité faciale, mastication et déglutition (important pour prévenir la dénutrition des personnes âgées), fonctions de la main et équilibre.

Par ailleurs, le kinésithérapeute est un acteur clé de la prise en charge de l’incontinence : il peut vous aider à identifier les muscles responsables et mieux les utiliser. Des exercices du périnée vous aideront à contrôler vos sphincters et à vous retenir plus longtemps.

Il existe même des exercices adaptés pour améliorer la mémoire chez les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Le rôle du kinésithérapeute dans la prise en charge des personnes âgées est donc très large et important. Les kinésithérapeutes interviennent aussi bien au sein de leur cabinet, qu’à domicile ou en maison de retraite. En Ehpad, ils ne font pas proprement parler du personnel soignant de l’établissement, mais exercent en libéral en prenant soin de communiquer avec l’équipe soignante qui connaît le résident.

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