

S'occuper quotidiennement d'un proche dépendant peut être épuisant. Pour ménager leurs forces, les aidants peuvent s'accorder des temps de répit grâce aux structures offrant un hébergement temporaire de leur proche.
De nombreuses personnes âgées vivant à domicile ont besoin d'aide dans l'accomplissement des actes du quotidien : ménage, courses, préparation des repas ou même démarches administratives. 80 % d'entre elles reçoivent cette aide d'un proche (avec l'assistance ou non de professionnels).
Cette aide généralement apportée tous les jours demande beaucoup de temps et de forces de l'aidant familial. Pour ne pas être en proie au stress et à l'épuisement, celui-ci doit savoir s'accorder des moments de répit.
Un séjour temporaire dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées permettra une prise en charge sécurisée de l'aîné, libérant l'aidant et lui permettant notamment de partir en vacances en sachant son proche entre de bonnes mains.
Souvent pendant la période d'été, l'aide ménagère est absente et le service d'aide à domicile ne propose pas de solution de remplacement satisfaisante. Pour ne pas se retrouver à tout assumer seul, l'aidant familial peut recourir à l'hébergement temporaire en attendant le retour de l'aide professionnelle.
Il arrive également que l'aidant soit hospitalisé et ne puisse pas s'occuper de son proche pendant un certain temps. Sachant ce dernier pris en charge dans un établissement spécialisé, il se sentira plus serein.
L'hébergement temporaire représente aussi une solution lorsque des travaux sont nécessaires au domicile de la personne âgée et que celle-ci ne peut y rester pendant cette période.
La personne âgée peut être admise dans une maison de retraite ou dans une résidence d'accueil temporaire autonome (non affiliée à un établissement d'hébergement permanent).
La plupart des maisons de retraite réservent quelques places pour des séjours temporaires. La personne âgée bénéficie alors des mêmes prestations que les résidents permanents : hébergement, restauration, blanchissage du linge (éventuellement avec complément pour le linge personnel), animations, prise en charge de la dépendance... Le résident conserve son médecin traitant et les intervenants paramédicaux peuvent poursuivre leurs interventions dans le cadre adapté de la maison de retraite. Il profite aussi si nécessaire du passage des infirmiers et aides-soignants.
Le tarif d'un séjour temporaire est calculé au prorata de la durée de l'accueil. En Ehpad, il comprend : les tarifs hébergement, dépendance et soins. En général, pour un séjour temporaire, le tarif journalier de base est majoré de quelques pourcents.
Par définition, le séjour temporaire ne peut excéder six mois. Dans de nombreux établissements, il est souvent limité à trois mois par an. Une période minimale de plusieurs jours à plusieurs semaines peut également être exigée.
L'admission en Ehpad se déroule comme pour un hébergement permanent. La personne âgée ou son représentant légal doit remplir le dossier d'admission et passer une visite de préadmission, durant laquelle le médecin coordonnateur s'assure que la médicalisation de la résidence convient aux éventuelles pathologies de la personne.
Après son admission, le nouveau résident signe un contrat de séjour, fixant les dates d'arrivée et de départ et les modalités de renouvellement du séjour. Le contrat définit également les droits et obligations de l'établissement et du résident.
Le séjour temporaire permettant de maintenir la personne âgée à domicile malgré les difficultés qu'elle peut rencontrer lorsque l'aidant est absent, il peut être intégré dans le plan d'aide de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), versée par le département.
L'APA à domicile est accordée aux personnes âgées dépendantes d'au moins 60 ans. Pour être éligible à l'APA, le GIR (niveau de perte d'autonomie) - évalué par l'équipe médico-sociale du conseil général - doit être de 1 à 4.
L'équipe médico-sociale élabore un plan d'aide détaillant l'ensemble des aides matérielles et humaines nécessaires au maintien à domicile de la personne âgée. Ce plan d'aide peut comprendre un ou plusieurs séjours d'hébergement temporaire.
L'APA prendra donc partiellement en charge le séjour. La personne âgée participant au financement du plan d'aide en fonction de ses ressources.
Lorsque le séjour temporaire n'était pas prévu dans le cadre du plan d'aide, par exemple en cas d'absence imprévue de l'aidant, pour hospitalisation, le service instruction de l'APA du conseil général doit être prévenu au plus tôt. En général, il suspendra le plan d'aide habituel pour le remplacer par un plan d'aide spécifique prenant en charge le séjour temporaire et les dépenses à domicile ne pouvant être interrompues pendant le séjour (comme le système de téléalarme).
Pour en savoir plus sur l'APA, consultez notre Guide pratique de l'APA et contactez le conseil général de votre département.
Si la personne âgée n'est pas éligible à l'APA (GIR 5-6), mais à besoin d'aide dans une certaine mesure, elle peut avoir droit à une aide de sa caisse de retraite.
Ainsi, l'Assurance retraite (régime général) peut financer l'hébergement temporaire dans le cadre du Plan d'actions personnalisé (PAP), comprenant différentes prestations liées au maintien à domicile (aide ménagère, accueil de jour...)
En fonction des ressources de la personne âgée, l'Assurance retraite participe à hauteur de 10 à 73 % des dépenses, lesquelles sont plafonnées à 3 000 euro toutes prestations confondues.
LeRSI (Régime Social des Indépendants) propose unePrestation temporaire de maintien à domicile, permettant de financer des services tels que garde à domicile, séjour temporaire, portage des repas... Cette aide est limitée à une période de trois mois, renouvelable une fois dans l'année civile.
Elle est accordée sous conditions de ressources (personne seule : 692 euro à 2 000 euro, couple : 1 47 euro à 2 885 euro). L'aide prend en charge 80 % des dépenses et est plafonnée à 1 430 euro par bénéficiaire.
La MSA (Mutualisé Sociale Agricole)offre une aide similaire, différantd'une caisse départementale à l'autre.
Les personnes âgées d'au moins 60 ans dont les ressources ne permettent pas de financer un tel hébergement peuvent faire une demande d'aide sociale à l'hébergement temporaire, si celle-ci est prévue dans le règlement de l'aide sociale de leur département.
Cette demande diffère de celle de l'aide sociale à l'hébergement permanent. En général, le conseil général prend en considération le fait qu'il s'agit d'un séjour temporaire, souvent effectué dans l'urgence, et traite le dossier plus rapidement que dans le cas de l'ASH.
La prise en charge est souvent limitée à trois mois dans l'année. L'aide n'est accordée que si les ressources de la personne âgée sont inférieures aux barèmes du conseil général. En général les ressources des obligés alimentaires ne sont pas prises en compte dans ce cas et ces derniers ne sont pas sollicités. L'aide accordée reste cependant récupérable sur la succession du bénéficiaire.
La demande se fait auprès du Centre communal d'action sociale (CCAS) ou de la mairie de la commune où réside la personne âgée.