C’est l’une des lignes les plus mal comprises de la facture d’un EHPAD[1]. Même un résident parfaitement autonome, classé GIR[2] 6 et sans besoin d’aide au quotidien, paie une participation au titre de la dépendance[3]. Cette somme correspond au tarif dépendance applicable aux GIR 5-6. Pour les résidents bénéficiant de l’APA, elle constitue le ticket modérateur qui reste à leur charge dans le calcul de l’allocation. Une participation qui surprend beaucoup de familles, qui pensaient que la dépendance était entièrement couverte par l’APA. Cet article vous explique pourquoi cette somme reste due, comment son montant est calculé et comment elle s’articule avec l’APA.

Calculez votre reste à charge

Comprendre les trois tarifs d’un EHPAD

La facture d’un EHPAD se décompose toujours en trois parties distinctes, chacune financée différemment.

  • Le tarif hébergement : logement, repas, ménage, animation. Il est à la charge du résident (en moyenne autour de 2 630 euros par mois en France en 2026).
  • Le tarif soins : actes infirmiers, médecin coordonnateur, surveillance médicale. Il est intégralement pris en charge par l’Assurance maladie, le résident ne le paie jamais.
  • Le tarif dépendance : aide aux gestes de la vie quotidienne (se lever, se laver, s’habiller, manger). Il est en partie financé par l’APA, mais laisse toujours une part au résident : c’est le ticket modérateur.

C’est ce troisième tarif, le tarif dépendance, qui explique cette participation minimale correspondant au GIR 5-6. Son montant varie selon les établissements et s’établit autour de 190 euros par mois en moyenne en 2026.

calcul du tarif en ehpad et du reste à chage

LIRE AUSSI : Reste à charge EHPAD trop élevé : les 3 recours concrets quand la facture dépasse les capacités de la famille

Pourquoi même les résidents autonomes paient

Chaque EHPAD fixe trois niveaux de tarif dépendance selon le degré d’autonomie du résident, mesuré par la grille AGGIR qui classe les personnes de GIR 1 (très dépendant) à GIR 6 (autonome) :

  • un tarif pour les GIR 1-2 (les plus dépendants), le plus élevé,
  • un tarif pour les GIR 3-4 (dépendance intermédiaire),
  • un tarif pour les GIR 5-6 (peu ou pas dépendants), le plus bas.

La règle nationale est la suivante : quel que soit son niveau réel de dépendance, tout résident doit acquitter au minimum le tarif dépendance des GIR 5-6. Autrement dit, ce tarif GIR 5-6 constitue un socle incompressible. 

  • Une personne classée GIR 2, très dépendante, paie ce socle GIR 5-6 de sa poche, et l’APA couvre la différence entre son tarif réel (GIR 1-2) et ce socle. 
  • Une personne autonome classée GIR 5-6 paie ce même socle, mais ne reçoit pas d’APA pour la dépendance en établissement. 

Dans les deux cas, ce ticket modérateur d’environ 190 euros par mois reste à la charge du résident. Il n’est jamais remboursé.

Comment se calcule concrètement le montant

Le montant exact du ticket modérateur varie d’un établissement à l’autre, car chaque EHPAD fixe son propre tarif dépendance GIR 5-6, validé par le conseil départemental. Selon les établissements, il se situe généralement entre 150 et 200 euros par mois, avec une valeur moyenne souvent citée autour de 190 euros. Un établissement public en zone rurale affichera plutôt le bas de la fourchette, un établissement privé en zone chère plutôt le haut.

Ce montant vient s’ajouter au tarif hébergement pour former le reste à charge de base. Pour un résident autonome, la facture mensuelle typique est donc le tarif hébergement (par exemple 2 400 euros) plus le ticket modérateur dépendance (par exemple 190 euros), soit 2 590 euros avant toute aide.

calcul du montant du ticket modérateur

LIRE AUSSI : Simuler le reste à charge réel en EHPAD en 2026 : la méthode pas à pas

Peut-on être exonéré du ticket modérateur ?

Dans certains cas, oui, partiellement. Si les ressources du résident sont faibles, l’aide sociale à l’hébergement versée par le département peut prendre en charge une partie du reste à charge, y compris ce ticket modérateur, dans les établissements habilités à l’aide sociale. 

Par ailleurs, ce ticket modérateur dépendance, comme les autres frais de dépendance, entre dans l’assiette de la réduction d’impôt[4] de 25 pour cent, plafonnée à 10 000 euros de dépenses par an et par personne. Pour un foyer imposable, une partie de ces 190 euros mensuels est donc récupérée sous forme de réduction d’impôt l’année suivante.

Ce qu’il faut retenir

Le ticket modérateur n’est pas une option ni une erreur de facturation : c’est un principe de la tarification des EHPAD. Chaque résident participe au financement de la dépendance à hauteur du tarif GIR 5-6, environ 190 euros par mois en 2026, que l’APA ne couvre jamais. Cette ligne s’ajoute systématiquement au tarif hébergement dans le calcul du reste à charge, et il faut l’intégrer dès l’estimation du budget d’entrée en établissement.

Questions fréquentes

Le ticket modérateur est-il couvert par l’APA ?

Non. L’APA couvre la part du tarif dépendance qui dépasse le tarif GIR 5-6. Ce socle GIR 5-6, le ticket modérateur, reste toujours à la charge du résident, quel que soit son niveau de dépendance.

Pourquoi une personne autonome doit-elle payer un tarif dépendance ?

Parce que la loi impose que tout résident acquitte au minimum le tarif dépendance des GIR 5-6. Ce montant finance le fonctionnement général de l’accompagnement à l’autonomie de l’établissement, mutualisé entre tous les résidents.

Le montant de 190 euros est-il le même partout ?

Non, c’est une moyenne 2026. Chaque établissement fixe son tarif dépendance GIR 5-6, validé par le département. Il se situe généralement entre 150 et 200 euros par mois selon le statut et la localisation de l’EHPAD.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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