L’hiver, les allers-retours imprévus aux urgences bouleversent la vie de nombreuses familles. Un parent chute, attrape une infection, ou voit son état général se dégrader soudainement. Ces épisodes laissent souvent un goût d’inachevé, un sentiment qu’on aurait pu éviter la crise. Pourtant, des solutions existent pour limiter ces hospitalisations d’urgence. La clé tient dans l’anticipation, la vigilance et la mobilisation de ressources parfois méconnues.
Pourquoi l’hiver aggrave les risques d’hospitalisation en urgence chez les seniors ?
Les personnes âgées paient un lourd tribut aux rigueurs de l’hiver :
- Les chutes se multiplient : sol mouillé, verglas sur le chemin, escalier mal éclairé à la maison.
- Les infections respiratoires, comme la grippe ou la bronchite, frappent plus fort.
- La décompensation de maladies chroniques (insuffisance cardiaque, diabète) devient fréquente, souvent sur fond de déshydratation ou d’alimentation insuffisante.
- L’isolement social des seniors, plus marqué pendant les mois froids, joue aussi un rôle. Moins de visites, moins d’interactions : les signes d’alerte passent inaperçus.
- Un logement insuffisamment chauffé, des vêtements inadaptés, et l’hypothermie s’installe, insidieuse.
- La perte d’autonomie et les troubles cognitifs, comme la désorientation ou la confusion, augmentent tous ces risques.

Identifier les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des urgences
Repérer tôt les petits changements fait souvent la différence. Fatigue inhabituelle, perte d’équilibre, désintérêt pour les repas, confusion passagère : autant de signaux qui appellent à l’action.
Parfois, la modification d’un traitement ou un oubli de médicament suffit à déstabiliser un équilibre fragile.
Les proches jouent un rôle crucial, mais il ne faut pas hésiter à solliciter le regard d’un professionnel. Un bilan de santé programmé chez le médecin traitant, une visite d’infirmier, un échange avec le pharmacien peuvent lever le doute.
Adapter le domicile : des changements simples, une efficacité prouvée
Le logement reste un point névralgique de la prévention. Un sol glissant, des tapis rebelles, des fils électriques qui traînent, cela suffit parfois à déclencher la catastrophe.
Installer des barres d’appui dans la salle de bain, poser des tapis antidérapants, renforcer l’éclairage dans les couloirs : ces gestes réduisent sensiblement le risque de chute.
Il faut aussi vérifier le chauffage pièce par pièce, éviter les températures trop basses, prévoir un plaid ou une couverture supplémentaire à portée de main.
- Suppression des obstacles (tapis, meubles encombrants)
- Vérification de l’éclairage (ampoules puissantes, détecteurs de mouvement)
- Installation de barres d’appui et de sièges de douche
- Entretien régulier du système de chauffage
- Affichage des numéros d’urgence près du téléphone
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Surveillance de la santé : prévenir plutôt que subir
Un suivi médical régulier, c’est aussi une assurance contre l’imprévu :
- programmer des rendez-vous chez le généraliste,
- vérifier la vaccination contre la grippe, le Covid-19 ou le pneumocoque,
- organiser la venue d’une infirmière à domicile si le parent prend plusieurs médicaments ou souffre d’une pathologie chronique.
Le pilulier hebdomadaire, l’aide à la prise de médicaments, ces petits outils limitent les erreurs, surtout en cas de polymédication.
L’évaluation régulière de l’équilibre et de la marche par un kinésithérapeute[2], l’encouragement à une activité physique adaptée renforcent l’autonomie. Les chaussures fermées, antidérapantes, remplacent avantageusement les chaussons glissants.

Agir contre l’isolement : la prévention sociale, un rempart contre la dégradation de l’état général
L’hiver accentue la solitude. Les visites familiales s’espacent et les voisins restent chez eux. Pourtant, le lien social protège. Organiser un passage régulier, même bref, permet de détecter un malaise, une aggravation physique ou morale.
Les clubs seniors, les ateliers, ou simplement quelques appels téléphoniques maintiennent une stimulation indispensable.
La téléassistance, souvent négligée, se révèle précieuse : un simple bouton porté autour du cou ou au poignet, et la personne peut alerter rapidement en cas de chute ou de malaise. Ce dispositif rassure autant la personne âgée que les proches.
Alimentation et hydratation : vigilance renforcée en hiver
La sensation de soif diminue avec l’âge, et l’hiver, on boit moins. Pourtant, la déshydratation fragilise et accentue les troubles. Proposer de l’eau, des tisanes, des soupes, vérifier que les repas sont équilibrés, riches en protéines : des gestes simples, mais essentiels.
En cas de difficulté, le portage de repas chaud à domicile évite les carences et redonne le goût de manger. Certains services proposent même des menus adaptés, à discuter avec le médecin ou le diététicien.
Anticiper l’urgence : préparer les documents, organiser l’entourage
Quand la crise survient, tout va très vite. D’où l’importance de préparer en amont un dossier médical à jour : liste des traitements, allergies, antécédents, coordonnées du médecin traitant. Afficher clairement les numéros d’urgence, informer l’entourage des habitudes et des particularités du parent.
Une organisation collective (famille, voisins, professionnels) répartit la charge et limite la fatigue de l’aidant principal.
Pour les questions administratives, mieux vaut prévoir tôt : mandat de protection future, habilitation familiale ou désignation d’une personne de confiance. Ces démarches évitent des blocages au moment où la décision doit être prise vite.
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Mobiliser les aides et dispositifs disponibles
Le maintien à domicile[3] ne s’improvise pas. Heureusement, de nombreux services existent, parfois méconnus ou sous-utilisés.
- Les aides à domicile prennent en charge l’entretien du logement, les repas, la toilette.
- Les Services de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD[4]) assurent les soins d’hygiène et le suivi médicalisé.
- Pour l’organisation globale, le Centre Local d’Information et de Coordination (CLIC[5]) ou le CCAS local orientent vers les bons interlocuteurs, aident à monter les dossiers d’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) ou d’aide-ménagère via la caisse de retraite.
En cas d’aggravation, la recherche d’une place temporaire en EHPAD[1] ou résidence autonomie peut se préparer en amont.
FAQ : anticiper et organiser pour votre parent âgé
Quels sont les numéros à garder sous la main ?
Le SAMU : 15
Numéro d’urgence pour personnes sourdes/malentendantes : 114
Médecin traitant, infirmier, pharmacie de garde
Contact du service d’aide à domicile[7] ou du SSIAD
Comment choisir un service ou un établissement adapté ?
Comparer les offres, visiter les lieux, échanger avec les professionnels. L’annuaire en ligne de Cap Retraite détaille les prestations, les prix, les aides acceptées. Privilégier la proximité géographique et la qualité de l’accompagnement.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Il faut consulter en urgence en cas de : fièvre élevée, toux, difficultés à respirer, chute avec douleur ou perte de connaissance, modification brutale du comportement, confusion, agitation, refus de s’alimenter et perte de poids rapide
-
[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] Kinésithérapeute
Le kinésithérapeute est un spécialiste qui aide les gens à récupérer leur mobilité et à soulager leurs douleurs à travers des exercices et des massages.
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Le maintien à domicile permet aux personnes âgées ou dépendantes de vivre chez elles en recevant l’aide nécessaire pour rester autonomes et en sécurité.
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[4] SSIAD
Le Service de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD) un service qui fournit des soins infirmiers et de l’aide à domicile pour aider les personnes âgées ou malades à vivre chez…
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[5] CLIC
Le CLIC est un centre local qui aide les personnes âgées en fournissant des informations et des conseils sur les services et les aides financières disponibles, ainsi que les démarches…
-
[6] CCAS
Le CCAS est un organisme local qui aide les habitants en difficulté, notamment les personnes âgées, en leur offrant des services sociaux et des aides financières.
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[7] Aide à domicile
L’aide à domicile est un service qui accompagne les personnes chez elles en leur apportant une assistance pour les tâches de la vie courante, comme le ménage, les courses, ou…
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[8] Aide Sociale
L’aide sociale est une assistance financière fournie par l’État pour aider les personnes en difficulté à couvrir des besoins essentiels, comme le logement ou les soins en établissement.
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