En tant qu’aidant familial, s’occuper d’un proche depuis des mois, voire des années, finit par nous endurcir. Un mot trop sec, un soupir d’impatience, une distance que vous n’arriviez pas à expliquer suffisent à déclencher un sentiment de culpabilité à l’idée d’avoir changé. Cette émotion courante chez les proches aidants n’est pas toujours objective. Pour savoir où vous en êtes, passez notre test et obtenez une réponse claire et lucide sur votre degré de sévérité.

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Pourquoi les aidants pensent-ils devenir sévères (à tort) ?

Patients, attentionnés et constants dans l’effort, les aidants familiaux sont aussi les premiers à se juger sévèrement. 

aidant familial qui pense être trop dur

La culpabilité comme faux miroir 

La culpabilité chez l’aidant résulte d’un niveau d’exigence envers lui-même plutôt que d’un signe de mauvaise conduite. En cause, l’image de l’aidant parfait, toujours disponible et calme à laquelle beaucoup se mesurent inconsciemment… Or, ce modèle imaginaire déforme la perception de la situation en amplifiant les moments difficiles au détriment des centaines de gestes discrets accomplis chaque semaine.

La fatigue comme faux protecteur 

L’autre déformation possible est la fatigue. Quand l’épuisement de l’aidant s’installe progressivement, il a plus de difficulté à évaluer objectivement la situation. Il perd patience, minimise ou rationalise les incidents. Négliger ces signaux de burn-out est un mécanisme de protection du cerveau soumis à un stress chronique qui peut installer des situations risquées pour le proche aidant et l’aidant.

Quand le doute vient du proche 

Une troisième source de remords et de colère ne vient pas de l’aidant, mais de la personne aidée. Placé dans une relation de dépendance[1], un proche peut, consciemment ou non, accuser l’aidant. Une remarque sur l’heure d’arrivée, un soupir ostensible, un « tu ne comprends pas » lancé dans un moment de frustration… Bien que ces comportements expriment leur souffrance, ils alimentent le malaise et l’agacement. 

Le test : faites le point sur votre degré de sévérité

Apprendre à identifier l’origine de vos réactions plus sèches ou plus froides est la première étape pour ne plus leur obéir aveuglément.

Testez votre état mental

Le questionnaire ci-dessous a été conçu pour vous aider à y voir plus clair sur votre ressenti émotionnel (la culpabilité, la fatigue, l’impression de ne pas être à la hauteur ou d’être trop dur) et les signaux objectifs de votre situation (risques concrets, indicateurs de surcharge ou de vulnérabilité).

Faites le test gratuitement !

*Ce test est un outil pour sortir de l’impressionnisme et regarder votre situation avec un peu plus de recul. Il ne remplace pas un accompagnement par un professionnel de la santé ou un psychologue.

Lire et comprendre vos résultats 

Selon vos réponses, vous correspondez à l’un de ces trois profils qui appelle une lecture différente de votre situation.

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Profil « surculpabilisé » : vous vous en voulez plus que de raison

Dans ce profil, vous souffrez du jugement que vous portez entre ce que vous faites et ce que vous pensez devoir faire.

Profil « sous-estimateur » : votre situation mérite une attention réelle

Votre test fait apparaître des données objectives (risques de chutes, prises de médicaments incertaines, isolement qui s’intensifie, moments de désorientation) qui méritent d’être prises en compte sans remettre en cause votre engagement. 

Le premier réflexe : en parler au médecin traitant de votre proche, ou contacter une plateforme d’accompagnement et de répit dans votre département.

Profil « équilibre fragile » : vous tenez, mais à quel prix ?

Pas de signal d’alarme immédiat, mais une réelle fragilité. Le moindre événement imprévu vous fait basculer. Des ajustements préventifs sont à mettre en place avant que l’épuisement et l’impatience s’installent vraiment, tels que :

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Durcissement réel ou perception altérée : faites la différence

Face à un moment difficile, la colère répond avant même que vous ayez eu le temps de réfléchir. Ces deux exercices vous aident à reprendre la main sur votre jugement.

aidant qui analyse son comportement

La réattribution des causes

Face à un moment ou un sentiment pénible (un mot de trop, un geste brusque, une distance que vous avez ressentie), posez-vous trois questions simples :

  • Ce qui dépend de moi : ai-je fait quelque chose que j’aurais pu éviter avec mes ressources réelles du moment ?
  • Ce qui dépend de la maladie : est-ce que ce comportement est lié à l’évolution de l’état de mon proche, indépendamment de moi ?
  • Ce qui dépend du contexte : est-ce que j’étais dans des conditions exceptionnellement difficiles (nuit sans sommeil, semaine surchargée, stress cumulé) ?
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Dans la très grande majorité des cas, la réponse à ces trois questions révèle que votre attitude inhabituelle n’est qu’une réaction humaine face à une situation épuisante.

Les questions à se poser après coup

Votre réaction vous a choqué ? Voici une série de questions pour évaluer sereinement ce qu’elle signifie :

  • Cette réaction est-elle isolée ou est-elle devenue fréquente ?
  • Est-ce que je ressens du remords après ? (Signe que vos valeurs sont intactes.)
  • Ai-je pu m’expliquer ou m’excuser auprès de mon proche ?
  • Y a-t-il des changements objectifs dans la situation du proche récemment ?
  • Mon entourage a-t-il remarqué un changement dans mon comportement général ?

Pris isolément, un acte difficile suivi de remords et de réparation est naturel. Par contre l’accumulation sans retour sur soi, l’indifférence progressive ou la banalisation méritent d’y prêter attention.

Quels sont les signaux objectifs d’alerte chez l’aidant ?

Il y a une différence entre « je gère mal » et « la situation a évolué ». Selon les cas de dépendance, une progression non sécurisée multiplie les risques à domicile.

Voici quelques éléments sur la situation chez le proche aidé à prendre au sérieux :

  • Des chutes répétées ou une mobilité qui se dégrade rapidement
  • Des oublis de prise de médicaments devenus fréquents ou des prises en double
  • Des épisodes de désorientation ou de fugue, même brefs
  • Un isolement social du proche qui s’est fortement accentué
  • Une incapacité croissante à rester seul en sécurité

Ces signaux indiquent que les besoins ont évolué et que le dispositif d’aide doit aussi évoluer, avec par exemple la présence de professionnels en situation de dépendance progressive.

L’une des confusions les plus fréquentes chez les aidants est de s’imputer personnellement ce qui relève en réalité de la progression naturelle d’une maladie ou d’une perte d’autonomie. Si la situation est devenue trop lourde, ce n’est pas l’aidant qui a échoué mais les besoins qui ont dépassé ce qu’une seule personne peut raisonnablement assumer.

Renforcer l’aide à domicile, envisager un accueil de jour, ou réfléchir à un accompagnement en établissement ne sont pas des abandons. Ce sont des réponses proportionnées à une situation qui a évolué. Ces décisions peuvent être préparées en douceur, avec les bons interlocuteurs. Demandez conseil auprès de nos experts Cap Retraite. 

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