Le classement GIR 3 désigne une dépendance[2] partielle évaluée selon la grille AGGIR[3]. La personne conserve son autonomie mentale et peut généralement se déplacer seule à l’intérieur de son logement, parfois avec une canne ou un déambulateur, mais elle a besoin d’une aide humaine plusieurs fois par jour pour la toilette, l’habillage et l’élimination. En EHPAD[4], ce niveau de dépendance ouvre droit à l’APA en établissement, à l’aide au logement, à l’aide sociale à l’hébergement et à la réduction d’impôt[5] dépendance. Comprendre comment ces aides s’articulent permet de calculer un reste à charge réel et d’éviter les mauvaises surprises.

Estimez votre reste à charge en EHPAD

Le GIR 3 : un profil de dépendance partielle

La grille AGGIR classe les personnes âgées en six groupes iso-ressources, du GIR[1] 1 (dépendance totale) au GIR 6 (autonomie complète). Le GIR 3 se situe au milieu de cette échelle. Concrètement, la personne reste lucide et communique normalement (cohérence et orientation au niveau A), mais ses transferts, sa toilette, son habillage et son alimentation se font avec une aide (niveaux B ou C). Le déplacement à l’extérieur du domicile n’est plus possible seul.

Ce niveau de dépendance ouvre droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), à domicile comme en établissement. En EHPAD, le tarif dépendance est facturé à part du tarif hébergement, et c’est sur ce tarif dépendance que l’APA en établissement intervient.

caractéristiques du gir 3

La structure de la facture en EHPAD

En EHPAD, la facture distingue trois composantes : l’hébergement, la dépendance et les soins

TarifCouvreQui paie
HébergementLogement, repas, animation, blanchisserie, administrationLe résident (avec APL/ALS et ASH en complément éventuel)
DépendanceAide aux actes de la vie quotidienne (toilette, repas, transferts)Le résident (avec APA) selon le GIR
SoinsMédecin coordonnateur, infirmiers, kinésithérapie[6], médicamentsL’Assurance Maladie (pris en charge intégralement)

Le tarif dépendance comporte trois niveaux selon le GIR du résident : GIR 1-2 (le plus élevé), GIR 3-4 (intermédiaire) et GIR 5-6 (le plus bas, appelé ticket modérateur). Tous les résidents, quel que soit leur GIR, paient au minimum le ticket modérateur.

L’APA en établissement pour un GIR 3

L’APA en EHPAD couvre la différence entre le tarif dépendance GIR 3-4 et le ticket modérateur GIR 5-6. Le montant versé dépend des revenus mensuels du résident. Le barème en vigueur en 2026 distingue trois tranches.

Revenus mensuelsParticipation du résident
Inférieurs à 2 869,55 eurosLe résident paie uniquement le ticket modérateur (tarif GIR 5-6)
Entre 2 869,55 et 4 414,70 eurosParticipation progressive selon une formule du conseil départemental
Supérieurs à 4 414,70 eurosLe résident paie 80 % du tarif dépendance correspondant à son GIR

Pour un résident GIR 3 avec des revenus inférieurs à 2 869,55 euros par mois, l’APA prend donc en charge la totalité de la différence entre le tarif dépendance GIR 3-4 et le tarif GIR 5-6. Le tarif dépendance GIR 3-4 se situe en pratique entre 11 et 16 euros par jour selon les départements, soit environ 330 à 480 euros par mois. Le ticket modérateur GIR 5-6 oscille généralement entre 5 et 8 euros par jour, soit 150 à 240 euros par mois.

Les aides au logement en EHPAD

Le résident peut percevoir l’APL si l’établissement est conventionné, ou l’ALS dans le cas contraire. 

Le montant de l’APL ou de l’ALS dépend notamment des ressources du résident, du tarif d’hébergement et des caractéristiques de l’établissement. 

senior en GIR 3 demandant des aides en ehpad

L’aide sociale à l’hébergement (ASH)

Lorsque les revenus et les aides précédentes ne suffisent pas à couvrir le tarif hébergement, le résident peut solliciter l’ASH auprès du conseil départemental. 

Cette aide est soumise à plusieurs conditions strictes :

  • L’EHPAD doit être habilité à l’aide sociale, totalement ou partiellement.
  • Le montant de l’ASH est calculé pour laisser à la personne âgée au minimum 10 % de ses revenus par mois, et en aucun cas moins de 125 € pour ses dépenses personnelles.
  • Les enfants et gendres ou belles-filles peuvent être appelés à contribuer au titre de l’obligation alimentaire. Les petits-enfants en sont dispensés depuis la loi du 8 avril 2024.
  • L’ASH est récupérable sur la succession.

Cette récupération constitue le principal frein psychologique à la demande d’ASH, même lorsque les conditions financières sont réunies.

La réduction d’impôt dépendance et hébergement

Les frais d’hébergement et de dépendance restés à la charge du résident ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 % au titre de l’article 199 quindecies du Code général des impôts, dans la limite de 10 000 euros de dépenses par an et par personne. Le plafond de la réduction est donc de 2 500 euros par an.

Attention : il s’agit bien d’une RÉDUCTION d’impôt, et non d’un crédit d’impôt.

Cas concret : Madeleine, 84 ans, GIR 3 en EHPAD habilité

Madeleine est veuve et perçoit une retraite de 1 600 euros par mois. Elle entre dans un EHPAD conventionné APL et habilité à l’aide sociale, dans un département où les tarifs sont les suivants : hébergement 1 950 euros par mois, dépendance GIR 3-4 environ 420 euros par mois, ticket modérateur environ 180 euros par mois.

PosteMontant mensuel
Tarif hébergement1 950 euros
Tarif dépendance GIR 3-4420 euros
APA en établissement (versée par le département à l’EHPAD, revenus inférieurs au seuil de 2 869,55 euros)– 240 euros
APL (versée à l’EHPAD, ressources modestes)– 220 euros
Reste à payer par Madeleine1 910 euros

Sur l’année, Madeleine paie environ 22 920 euros. Compte tenu de son revenu fiscal (retraite 19 200 euros annuels), elle est très peu ou pas imposable après abattement de 10 % et abattement spécifique aux personnes âgées : la réduction d’impôt sur les frais d’hébergement et de dépendance ne lui apporte qu’un avantage limité, voire nul. Pour les résidents non imposables, la mesure n’a aucun effet, son éventuelle transformation en crédit d’impôt restituable ayant été écartée du budget 2026.

Avec une retraite de 1 600 euros, Madeleine ne couvre donc pas la totalité du reste à charge de 1 910 euros par mois. Sa famille peut combler la différence, ou Madeleine peut solliciter l’ASH pour la part hébergement, sachant que l’établissement est habilité.

Cas concret : Robert, 79 ans, GIR 3 avec ASH

Robert perçoit 1 050 euros de retraite par mois. Il entre dans le même EHPAD habilité que Madeleine. L’APA en établissement et l’APL (plus élevée du fait de ses ressources plus faibles, environ 290 euros) sont versées directement à l’EHPAD. Après prise en compte de ces aides, le reste à payer s’élève à environ 1 840 euros par mois, montant que Robert ne peut couvrir avec sa seule retraite.

Robert sollicite l’ASH. Le conseil départemental étudie son dossier, évalue les ressources de ses deux enfants au titre de l’obligation alimentaire et calcule leur participation, par exemple 350 euros par mois au total. Robert reverse 90 % de sa retraite à l’établissement (925 euros), conserve 125 euros pour ses dépenses personnelles, et l’ASH prend en charge le solde, soit 565 euros par mois.

Au décès de Robert, le département pourra exercer un recours sur sa succession pour récupérer les sommes versées au titre de l’ASH.

Questions fréquentes

Le tarif soins est-il bien gratuit pour le résident en EHPAD ?

Oui. Le tarif soins est intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie via une dotation globale versée à l’établissement. Le résident ne reçoit pas de facture pour ce poste, qui couvre notamment le médecin coordonnateur, les infirmiers, la kinésithérapie et les médicaments inscrits sur la liste de l’EHPAD.

Peut-on cumuler APA, APL et réduction d’impôt ?

Oui, ces trois dispositifs sont cumulables. L’APA couvre une partie du tarif dépendance, l’APL ou l’ALS réduit le tarif hébergement, et la réduction d’impôt de 25 % s’applique sur le reste à charge net (hébergement et dépendance après déduction des aides), dans la limite de 10 000 euros de dépenses par an. Attention : pour les résidents non imposables, la réduction d’impôt n’apporte aucun bénéfice direct, la transformation en crédit d’impôt remboursable ayant été écartée du budget 2026.

L’ASH est-elle systématiquement récupérée sur la succession ?

Oui. Contrairement à l’APA, qui n’est jamais récupérable, l’ASH est récupérable sur la succession dès le premier euro. Ce mécanisme dissuade certains résidents éligibles de demander l’ASH, mais celle-ci reste indispensable lorsque les ressources personnelles et familiales ne suffisent pas.

Les petits-enfants peuvent-ils être appelés au titre de l’obligation alimentaire ?

Non. Depuis la loi Bien Vieillir du 8 avril 2024, les petits-enfants sont dispensés de l’obligation alimentaire envers leurs grands-parents pour l’ASH. Seuls les enfants, gendres et belles-filles peuvent être sollicités par le conseil départemental.

Que se passe-t-il si les revenus dépassent 4 414,70 euros par mois ?

Au-dessus de ce seuil, le résident paie 80 % du tarif dépendance correspondant à son GIR. L’APA en établissement ne couvre alors que 20 %. Entre 2 869,55 et 4 414,70 euros, la participation augmente progressivement selon une formule définie par décret, appliquée par chaque département.

Article relu par l’équipe éditoriale avec le concours d’un contributeur expert médico-social chez Cap Retraite. Son expérience de terrain et sa connaissance des dispositifs d’aide et d’accompagnement permettant d’apporter un regard fiable et pertinent aux lecteurs.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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