Dans l’univers complexe de la maladie de Parkinson, l’inflammation cérébrale émerge comme une préoccupation souvent sous-estimée. Sans intervention appropriée, elle peut intensifier les symptômes et accélérer la progression de cette pathologie du système nerveux. Forts de leurs recherches et expériences, de nombreux neurologues mettent en avant les avantages d’une alimentation anti-inflammatoire. Ce régime, centré sur des ingrédients hautement nutritifs, antioxydants et bioactifs, pourrait bien être un allié précieux pour les patients. 

Comment réduire l’inflammation cérébrale chez les patients Parkinson ?

La maladie de Parkinson fait partie des maladies neurodégénératives complexes. En cause, une dégénérescence des neurones producteurs de dopamine dans une partie du cerveau, appelée “la substance noire ». 

Le symptôme inflammatoire chez les malades de Parkinson

Toutefois, d’autres éléments de la maladie déclenchent une inflammation chronique (1), potentiellement responsables du développement de la maladie. 

  • un système immunitaire dysrégulé,
  • l’agrégation de protéine corps de Lewy dans les cellules nerveuses,
  • le stress oxydatif qui augmente la production de radicaux libres,
  • le dysfonctionnement mitochondrial (les cellules productrice d’énergie),
  • une barrière hémato-encéphalique altérée.

Si des médicaments anti-inflammatoires peuvent parfois être prescrits,  une alimentation adaptée est recommandée pour aider à gérer l’inflammation chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

VOIR AUSSI : 10 aliments à éviter ou limiter en cas de maladie de Parkinson.

Les effets des aliments anti-inflammatoires

Patients de Parkinson qui cuisinent en fonction d'un régime alimentaire anti-inflammatoire

Les aliments anti-inflammatoires sont riches en composés bioactifs, antioxydants, nutriments et oméga 3. Parmi les plus connus: le poisson gras, les épices, les graines, les herbes, l’huile d’olive extra vierge, les légumes et les fruits colorés, etc. Chez les malades Parkinson, ces aliments sont particulièrement plébiscité pour leur capacité à réduire les marqueurs d’inflammation  : 

  • Moduler les cytokines inflammatoires 
  • Réduire le stress oxydatif 
  • Contrôler la barrière hémato-encéphalique
  • Réguler l’inflammation 

Les bienfaits des acides gras dans l’amélioration des fonctions cognitives

Parmi les aliments sains, les poissons gras et leurs acides gras oméga 3 agissent sur la fonction cognitive :

  • Une communication neuronale plus fluide : l’acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA) issu des acides gras oméga 3 constituent les membranes cellulaires du cerveau et contribuent à leur fluidité.
  • Les effets neuroprotecteurs empêchent la dégénérescence des neurones.
  • Une réduction du déclin cognitif lié à l’âge.
  • Amélioration de la mémoire et de la concentration 
  • La synergie avec d’autres nutriments anti-inflammatoire, créant un environnement nutritionnel optimal pour la santé cérébrale.

L’atténuation des symptômes moteurs de la maladie de Parkinson

Bien que l’alimentation seule ne puisse pas guérir les patients, ses composants atténuent les troubles liés à la mobilité et la coordination.

  • Réduction de l’inflammation articulaire : les personnes atteintes de la maladie de Parkinson souffrent de raideur musculaire. En réduisant l’inflammation systémique, les aliments anti-inflammatoires améliorent la flexibilité des articulations, et a fortiori, la mobilité.
  • Optimisation de la fonction musculaire : les protéines de qualité et les acides aminés sont essentiels au maintien de la santé musculaire.
  • Soutien à la coordination motrice : les vitamines du groupe B, sont cruciales pour la santé du système nerveux et la coordination motrice.
  • Maintien d’un poids santé : l’équilibre d’une alimentation anti-inflammatoire contribue au maintien d’un poids santé et à la réduction de la pression articulaire, facilitant les mouvements. 
  • Réponse aux effets secondaires des médicaments : certains médicaments utilisés dans le traitement de la maladie de Parkinson (Lévodopa) affectent la mobilité. Une alimentation anti-inflammatoire atténue certains de ces effets secondaires, par une meilleure gestion globale des symptômes moteurs.

LIRE AUSSI: Parkinson : 10 indices qu’il est temps d’intégrer un Ehpad en urgence

Les aliments anti-inflammatoires : un soutien neuroprotecteur indispensable

Dans le contexte de la maladie de Parkinson, caractérisé par des dommages cellulaires en dopamine et un stress oxydatif accru, les propriétés neuroprotectrices des aliments anti-inflammatoires  jouent un rôle crucial dans la gestion de la maladie.

  • Les antioxydants luttent contre le stress oxydatif : les baies, les légumes verts foncés et les noix, sont riches en antioxydants. Ces composés neutralisent les radicaux libres, des molécules instables générées lors du stress oxydatif. 
  • Les acides gras oméga-3 agissent sur la santé neuronale : comme mentionné précédemment, les propriétés neuroprotectrices des acides gras oméga-3 favorisent la santé des membranes cellulaires du cerveau, modulent les processus inflammatoires et réduisent la vulnérabilité des neurones aux dommages.
  • le curcuma combat l’inflammation : riche en curcumine, cette épice possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes qui traversent la barrière hémato-encéphalique, offrant ainsi une protection directe contre l’inflammation cérébrale. 
  • Des vitamines neuroprotectrices : la vitamine E, contenue dans  les amandes, les graines de tournesol et l’huile d’olive extra-vierge protège des cellules nerveuses. 
  • Les polyphénols et  les flavonoïdes (2) issus des fruits rouges, du thé vert et du vin rouge ou le cacao noir, contiennent des composés végétaux antioxydants et anti-inflammatoires, qui protègent contre le stress oxydatif et la fonction neurologique
  • Les effets neuroprotecteurs du resvératrol, présent dans le vin rouge et les raisins, réduit l’inflammation en activant des mécanismes cellulaires qui favorisent la survie des neurones.

Les atouts d’une alimentation diététique chez les patients Parkinson 

Patient atteint de Parkinson et aliments à éviter

Maintenir un poids de forme agit directement sur la mobilité et la qualité de vie des malades Parkinson. Les aliments anti-inflammatoires peuvent y aider : 

  • Un choix alimentaire sain : un régime anti-inflammatoire se compose de fruits, légumes, poissons gras et  noix. Des aliments riches en nutriments qui favorisent la satiété, régulent l’apport calorique et préviennent la suralimentation.
  • Réduction des risques de surpoids : l’obésité et le surpoids peuvent aggraver les symptômes moteurs et les problèmes de mobilité chez les personnes atteintes de Parkinson. En adoptant une alimentation équilibrée et nutritive, les risques associés à un poids excessif sont minimes.
  • L’équilibre des nutriments : les repas sont généralement bien équilibrés en protéines, en glucides complexes et en graisses saines. Ce qui empêche les grignotages excessifs, responsables de la prise de poids.
  • Moins de pression sur les articulations limite les troubles de raideur et de douleur souvent présents chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Maintenir un poids santé grâce à une alimentation équilibrée contribue à alléger cette pression, favorisant ainsi une meilleure mobilité.
  • Soutien à la masse musculaire : les protéines de qualité provenant des poissons, les noix et les légumineuses, soutiennent la masse musculaire, essentielle pour la mobilité des patients atteints de Parkinson.
  • Prévention des fluctuations pondérales liées aux médicaments et aux changements dans l’appétit des patients.   

Un équilibre nutritif anti carence et trouble digestif

L’apport d’aliments riches en nutriments offre une approche holistique pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. En effet, avec le temps, les malades ont des difficultés à manger et à absorber certains nutriments.

  • Compensation des carences nutritionnelles : une alimentation riche en nutriments essentiels, compense les éventuelles carences générées par les symptômes comme la dysphagie et les problèmes digestifs, 
  • La diversité alimentaire : l’apport équilibré en macro et micronutriments, optimise la fonctionnalité des systèmes nerveux et musculaire.
  • Soutien à la digestion : le gingembre est un des aliments qui minimisent les risques de problèmes gastro-intestinaux des malades.

Si les vertus d’une alimentation anti-inflammatoire sont réelles, ce régime apporte bien plus dans le quotidien des patients atteints de Parkinson. En minimisant l’inflammation chronique, l’alimentation anti-inflammatoire atténue d’autres symptômes de la pathologie, tels que la fatigue, la douleur et les troubles du sommeil. Cette nouvelle sensation de bien-être du corps, propice au regain d’énergie et de bonne humeur, offre la résilience et la qualité de vie nécessaire aux patients pour affronter les nombreux défis de la pathologie.

SUR LE MÊME SUJET: Face à la maladie de Parkinson

Tableau récapitulatif des aliments anti-inflammatoires et leurs bienfaits pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson :

Aliments/Composants Bienfaits
Poisson gras (Oméga 3)– Amélioration des fonctions cognitives. – Communication neuronale fluide. – Effets neuroprotecteurs. – Réduction du déclin cognitif. – Amélioration de la mémoire et concentration.
Épices (ex : curcuma)– Propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. – Protection directe contre l’inflammation dans le cerveau.
Graines– Source de vitamine E et autres nutriments. – Soutien au système nerveux.
Huile d’olive extra vierge– Contient de la vitamine E. – Protège les cellules nerveuses.
Légumes et fruits colorés– Riches en antioxydants. – Réduction du stress oxydatif. – Lutte contre les radicaux libres.
Baies– Source d’antioxydants. – Protection contre le stress oxydatif.
Noix– Contient des antioxydants. – Source d’acides gras oméga-3. – Soutien à la masse musculaire.
Vin rouge et raisins– Contient du resvératrol. – Propriétés neuroprotectrices. – Réduction de l’inflammation. (Le vin est à consommer avec modération ndlr)
Thé vert– Source de polyphénols et flavonoïdes. – Propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.
Gingembre– Soutien à la digestion. – Lutte contre les problèmes gastro-intestinaux.

Autres effets importants :

  • Maintien d’un poids santé : Contribue à une meilleure mobilité, réduit la pression sur les articulations et soutient la santé musculaire.
  • Équilibre nutritif : L’apport équilibré en macro et micronutriments optimise la fonctionnalité des systèmes nerveux et musculaire. Compensation des carences nutritionnelles.
  • Bien-être global : Minimisation de l’inflammation chronique, réduction de symptômes tels que la fatigue et la douleur.

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Commentaires (3)

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  1. Viviane

    Très important, merci beaucoup

    Répondre
  2. YVES BEAUDOUIN

    Merci de vos conseils mais depuis le Parkinson de mon épouse je fais la cuisine ne connaissant pas grand chose j’aimerais avoir des menus explicatifs pour son régime,encore merci pour vos conseils

    Répondre
    1. Amandine

      Bonjour

      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Pour un régime adapté à la maladie de Parkinson, consultez un nutritionniste ou un diététicien spécialisé pour des menus personnalisés et des conseils spécifiques.
      Bonne journée.
      Amandine

      Répondre

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