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    L’atrophie hippocampique est un trouble neurologique entraînant des pertes de mémoire et d’autres symptômes de démence. Son évaluation à l’aide de l’échelle de Scheltens fait souvent partie du bilan diagnostique de la maladie d’Alzheimer. Cette échelle permet en effet de mieux déterminer le stade de la démence et d’adapter la prise en charge.  

    Qu’est-ce que l’atrophie hippocampique ? 

    L’atrophie hippocampique désigne la diminution du volume de l’hippocampe ou la perte de tissu cérébral dans cette zone. Ce trouble est l’un des principaux marqueurs de la maladie d’Alzheimer. En effet, l’hippocampe est l’une des premières zones du cerveau touchées par la maladie d’Alzheimer. 

    L’atrophie de l’hippocampe intervient aussi dans le cadre du vieillissement normal. Mais, lorsque ce processus est trop rapide et important, il peut être un signe de pathologie.

    La mesure de l’atrophie hippocampique, par le biais d’un outil appelé l’échelle de Scheltens, intervient donc dans le diagnostic de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés.

    Qu’est-ce que l’hippocampe ?

    L’hippocampe est une zone du lobe temporal médian, lui-même une région interne du cerveau située à proximité des oreilles et des tempes. 

    De la forme de l’animal marin homonyme, cette structure cérébrale existe en fait en double, dans les hémisphères droit et gauche. 

    Schéma de l'hippocampe

    Quel est le rôle de l’hippocampe ? 

    L’hippocampe fait partie du système limbique, la zone du cerveau régulant les réactions émotionnelles et comportementales

    L’hippocampe est aussi le siège de la mémoire et de l’apprentissage. Il joue un rôle dans le traitement et la récupération de deux types de mémoires : 

    • la mémoire épisodique ou déclarative, qui enregistre les faits et événements ;
    • la mémoire spatiale, qui retient les informations liées à l’espace.

    Cette zone du cerveau est nécessaire pour récupérer des souvenirs et reconnaître des objets, sons et personnes. 

    L’hippocampe est l’une des régions du cerveau les plus étudiées. Les scientifiques s’intéressent particulièrement à l’atrophie de l’hippocampe, présente dans la maladie d’Alzheimer, la dépression et d’autres troubles.   

    Comment la maladie d’Alzheimer affecte-t-elle l’hippocampe ?

    L’hippocampe et les éléments anatomiques liés à celui-ci sont généralement les zones du cerveau endommagées en premier dans la maladie d’Alzheimer. Le patient, présentant une atrophie hippocampique, aura donc plus de difficultés à former de nouveaux souvenirs et à apprendre de nouvelles informations. Il aura souvent du mal à se rappeler ce qu’il a fait plus tôt dans la journée ou ce qu’il vient juste de dire.  

    Toutefois, l’hippocampe est moins impliqué dans la récupération des souvenirs anciens. C’est pourquoi les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à ses premiers stades ont encore des souvenirs de leur enfance. En effet, alors que l’atrophie hippocampique se développe tôt, le cortex n’est touché qu’à un stade plus avancé.  

    L’atrophie hippocampique, précoce dans la dégénérescence du cerveau, explique que les troubles de mémoire sont l’un des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer.

    Quels sont les signes et symptômes de l’atrophie de l’hippocampe chez le malade Alzheimer ? 

    L’hippocampe est impliqué dans de nombreuses fonctions cérébrales. Par conséquent, les signes et symptômes de l’atrophie hippocampique varient fortement, en fonction du trouble en cause. 

    Les symptômes de l’atrophie de l’hippocampe liée à la maladie d’Alzheimer et à certaines autres démences sont les suivants : 

    • pertes de mémoire handicapantes (oubli de rendez-vous et événements…),
    • difficultés à résoudre des problèmes et à planifier,
    • désorientation spatio-temporelle,
    • difficultés à effectuer des tâches pourtant familières,
    • problèmes avec les images et les relations dans l’espace,
    • troubles liés à l’usage des mots, à l’oral ou à l’écrit,
    • perte d’objet ou incapacité à revenir sur ses propres pas, 
    • jugement amoindri,
    • retrait social ou professionnel,
    • changements de l’humeur ou de la personnalité.
    LIRE AUSSI:  Maladie d'Alzheimer : définition, cause et traitement !

    Il est souvent difficile de savoir si ces signes sont liés à la maladie d’Alzheimer ou sont simplement dus au vieillissement. C’est pourquoi il est nécessaire de consulter son médecin traitant en cas de doute. 

    Qu’est-ce que l’échelle de Scheltens ? 

    L’échelle de Scheltens est un outil visuel permettant de mesurer l’atrophie hippocampique, à l’aide d’un examen d’IRM. Élaborée par le professeur de neurologie hollandais Philip Scheltens, elle est utilisée pour évaluer le stade de la maladie d’Alzheimer et son évolution future. 

    L’IRM dans l’évaluation de l’atrophie hippocampique et d’Alzheimer 

    L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est de plus en plus utilisée dans le cadre du diagnostic et du suivi de la maladie d’Alzheimer. Une IRM cérébrale permet de visualiser le cerveau par imagerie 3D et de mesurer la taille et le volume de l’hippocampe. Grâce à l’échelle de Scheltens, le niveau d’atrophie hippocampique est évalué en utilisant trois paramètres : 

    • hauteur de l’hippocampe,
    • largeur de la fissure choroïdienne (une structure du cerveau se trouvant entre le corps galleux et l’hippocampe – elle ressemble à une sorte de sillon ou de repli),
    • largeur de la corne temporale du ventricule latéral (une cavité remplie de liquide céphalo-rachidien).  

    Dans le contexte de la maladie d’Alzheimer et de l’atrophie hippocampique, l’élargissement de la fissure choroïdienne peut être un indicateur de la diminution du volume de l’hippocampe.

    De même, un élargissement de la corne temporale du ventricule latéral est observé en cas d’atrophie hippocampique ou de perte de tissu cérébral dans cette région.

    Schéma des éléments mesures avec l'échelle de Scheltens
    Schéma des éléments mesures avec l’échelle de Scheltens

    Les grades de l’échelle de Scheltens

    L’échelle de Scheltens comporte quatre grades en fonction de la taille des trois différents éléments anatomiques observés sur une coupe frontale du cerveau : 

    Le grade Scheltens 0 : 

    Aucun liquide céphalo-rachidien (LCR) n’est visible autour de l’hippocampe. Il n’y a pas d’atrophie hippocampique. 

    Le grade Scheltens 1 : 

    On voit un léger élargissement de la fissure choroïdienne. 

    Le grade Scheltens 2 : 

    On constate davantage de changements :

    • élargissement moyen de la fissure choroïdienne,
    • léger élargissement de la corne temporale,
    • petite perte de hauteur de l’hippocampe.

    Le grade Scheltens 3 : 

    Les changements sont de plus en plus prononcés :

    • élargissement marqué de la fissure choroïdienne,
    • élargissement modéré de la corne temporale,
    • perte modérée de hauteur de l’hippocampe.

    Le grade Scheltens 4 : 

    Il marque le plus haut niveau d’atrophie hippocampique :

    • élargissement marqué de la fissure choroïdienne,
    • élargissement marqué de la corne temporale,
    • grave perte de volume de l’hippocampe.
    Images IRM des grades de l'échelle de Scheltens
    Les cinq grades de l’échelle de Scheltens sur des images d’IRM
    (Extrait de l’étude de cas rID : 42027, avec l’aimable autorisation de Bruno Di Muzio, Radiopaedia.org)

    L’interprétation des résultats de l’échelle de Scheltens

    Le résultat de l’IRM selon l’échelle de Scheltens (aussi appelée score d’atrophie du lobe temporal médian – MTA) est interprété en fonction de l’âge du patient : 

    • avant 75 ans, un score ≥ 2 est anormal,
    • à partir de 75 ans, un score ≥ 3 est anormal.

    Des chercheurs (Velickaite et coll., 2018) ont récemment indiqué que le sexe du sujet et son niveau d’éducation ont également une influence sur l’interprétation des résultats d’une IRM avec l’échelle de Scheltens :

    • Pour les femmes de 75 ans et plus ayant un faible niveau d’éducation, le seuil anormal d’atrophie hippocampique est de ≥ 2 ;
    • Pour les hommes et les femmes ayant un haut niveau d’éducation, le seuil anormal est ≥ 2,5 (si on considère la moyenne des volumes hippocampiques droit et gauche) ou ≥ 3 (pour le score le plus élevé entre l’hippocampe droit ou gauche).
    LIRE AUSSI:  Les symptômes de la maladie d’Alzheimer
    Les différents grades de l'échelle Scheltens de mesure de l'atrophie hippocampique

    Le déclin cognitif léger 

    On estime aussi qu’une atrophie hippocampique au stade 1 ou 2 sur l’échelle Scheltens indique un déficit cognitif léger (MCI pour mild cognitive impairment). Cette condition entraîne des troubles cognitifs proches de ceux de la maladie d’Alzheimer (problèmes de concentration, communication, mémoire et orientation). Mais elle n’évolue pas toujours vers la démence tant redoutée. 

    Il a toutefois été démontré que la taille de l’hippocampe et son niveau d’atrophie peuvent prédire si le déclin cognitif léger risque d’évoluer en maladie d’Alzheimer. 

    Ainsi, plus la réduction du volume de l’hippocampe est importante et rapide, plus il y a de risque de développer cette pathologie. 

    En revanche, si un patient présentant une déficience cognitive légère obtient un score 0 sur l’échelle de Scheltens, il y a très peu de chances qu’il développe la maladie d’Alzheimer (sauf chez les patients jeunes).

    La maladie d’Alzheimer

    Une atrophie hippocampique de stade 3 ou 4 sur l’imagerie cérébrale est le plus souvent caractéristique de la maladie d’Alzheimer. Plus précisément, la plupart des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé présentent une telle atrophie.  

    Toutefois, celle-ci n’est pas totalement spécifique à la maladie d’Alzheimer. Par conséquent, les scores élevés sur l’échelle de Scheltens ne suffisent pas pour le diagnostic de cette démence. 

    En cas de forte suspicion de maladie d’Alzheimer, le neurologue peut faire répéter l’examen pour voir s’il y a un progrès de l’atrophie du lobe temporal médian.

    En savoir plus pour faire face à la maladie d’Alzheimer.

    Quelles sont les autres causes d’atrophie hippocampique ? 

    L’atrophie de l’hippocampe survient aussi dans d’autres conditions médicales : 

    • Dépression,
    • Schizophrénie,
    • Épilepsie,
    • Hypertension artérielle,
    • Maladie de Cushing,
    • Stress post-traumatique.  

    L’échelle de Scheltens permet-elle de distinguer entre différentes démences ? 

    L’atrophie hippocampique étant toujours présente dans la maladie d’Alzheimer, plusieurs études ont tenté de déterminer si elle lui était spécifique. L’idée : trouver un moyen de diagnostic précoce d’Alzheimer. 

    Malheureusement, la mesure de l’atrophie de l’hippocampe avec l’échelle de Scheltens ne suffit pas pour distinguer entre la plupart des démences

    En effet, on retrouve une réduction du volume hippocampique dans :

    • la démence vasculaire,
    • la démence fronto-temporale

    En revanche, il existe une différence significative entre la démence à corps de Lewy et la maladie d’Alzheimer. La démence à corps de Lewy entraîne une atrophie hippocampique beaucoup moins prononcée. On constate d’ailleurs une altération moins importante de la mémoire, en particulier dans les premiers stades de la démence à corps de Lewy.

    Atrophie avancée mesurée par l’échelle de Scheltens : Alzheimer vs les autres démences
    Présente
    Absente
    Maladie d’Alzheimer
    100 %
    Démence vasculaire
    87 %
    13 %
    Démence à corps de Lewy 
    62 %
    38 %
    Groupe contrôle 
    4 %
    96 %
    *Étude hollandaise de Barkhof et coll., 2012.

    Peut-on prévenir l’atrophie de l’hippocampe ? 

    La plasticité (terme désignant la capacité du cerveau à croître et à changer au fil du temps) de l’hippocampe a été démontrée par plusieurs études. Les scientifiques ont montré que, bien que l’hippocampe ait tendance à s’atrophier avec l’âge, l’exercice physique et la stimulation cognitive (exercice mental) peuvent ralentir ce rétrécissement et parfois même l’inverser.

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    Avatar auteur, Yaël A.
    Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

    Commentaires (2)

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    1. Elisabeth Le Meignen

      Exercice mental, stimulation cognitive : qui et où ?

      Répondre
      1. Amandine

        Bonjour

        Je vous remercie pour votre commentaire.
        Pour la stimulation cognitive en cas d’atrophie hippocampique ou Alzheimer, consultez un neuropsychologue pour des exercices mentaux et demandez à votre médecin des informations sur l’échelle de Scheltens pour évaluer la progression de la maladie.
        Bonne journée.
        Amandine

        Répondre

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