Mal au genou ou aux hanches, difficultés à marcher, raideur ? Ces symptômes sont caractéristiques de l’arthrose, une maladie articulaire souvent très douloureuse, comme le sont en général les rhumatismes. Elle touche huit aînés sur dix et provoque une perte d’autonomie progressive au quotidien. Une bonne hygiène de vie peut prévenir ou du moins retarder son apparition. La prise en charge inclut un traitement médicamenteux et des exercices adaptés.
Qu’est-ce que l’arthrose ? Définition
L’arthrose, également appelée ostéoarthrite, est la plus courante des maladies articulaires. Causée par une usure précoce du cartilage des articulations, cette pathologie chronique touche 10 millions de Français.
Cette maladie dégénérative affecte l’ensemble des structures de l’articulation. Elle provoque :
- une destruction du cartilage articulaire, le tissu qui amortit les chocs et protège l’extrémité des os. La disparition du cartilage finit par laisser l’os à nu ;
- des modifications de l’os sous-chondral, avec notamment l’apparition d’une ostéophytose (excroissances osseuses) sur la partie externe de l’articulation ;
- une inflammation de la membrane synoviale, qui recouvre l’intérieur de l’articulation, avec un épanchement de liquide ;
- détérioration des ligaments (bande de tissu fibreux solide reliant les os) et des tendons (cordons connectant les muscles aux os).
L’arthrose se manifeste par :
- des douleurs récurrentes des articulations ;
- une difficulté à effectuer certains mouvements articulaires.
Les principales articulations touchées par l’arthrose sont les suivantes :
- rachis (colonne vertébrale) ;
- mains ;
- poignets ;
- hanches (coxarthrose) ;
- genoux (gonarthrose).
Quelles sont les causes et facteurs de risque de l’arthrose ?
On distingue deux formes d’arthrose selon leur origine (étiologie) :
- l’arthrose primaire (ou idiopathique) : elle survient sans cause clairement identifiée, mais il existe des facteurs de risque ;
- l’arthrose secondaire : elle est causée directement par une maladie articulaire destructrice, comme l’arthrite (goutte, arthrite septique) ou un rhumatisme inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde…). Elle peut être due à une malformation de l’articulation, ou encore survenir après une blessure (arthrose post-traumatique) ou une chirurgie à une articulation.
Les principaux facteurs de risque de l’arthrose sont les suivants :
- le vieillissement : la prévalence de l’arthrose croît avec l’âge. Le cartilage se régénère plus difficilement chez les personnes âgées. Ainsi, chez la moitié des patients, les premiers symptômes de l’arthrose ne se manifestent qu’après l’âge de 60 ans. Environ 3 % des personnes de moins de 45 ans sont touchées, selon l’INSERM. Après 70 ans, huit personnes sur dix sont atteintes d’arthrose ;
- le statut hormonal : comme l’ostéoporose, l’arthrose concerne plus souvent les femmes que les hommes, surtout après la ménopause. Toutefois, au grand âge, cette pathologie devient presque aussi fréquente chez les deux sexes ;
- l’hérédité : certaines familles sont davantage touchées, surtout pour l’arthrose des mains ;
- un excès de pression sur les articulations : certaines situations augmentent les contraintes mécaniques et accélèrent l’usure du cartilage. Par exemple :
- port régulier de charges lourdes ;
- microtraumatismes répétés (gestes professionnels ou activités intensives). Certaines professions favorisent l’arthrose (carreleur – pour l’arthrose du genou, couturière – arthrose des doigts, etc.), de même que la répétition d’un mouvement dans le cadre de la pratique d’une activité sportive (rugby, tennis) ;
- mauvaise posture ou de déséquilibre des membres inférieurs : jambes arquées (genu varum) ou en X (genu valgum), par exemple ;
- traumatisme de l’articulation : entorse grave, luxation ou fracture de l’articulation ;
- chirurgie du genou (ligaments croisés, ménisques) ;
- le surpoids et l’obésité : un excès de poids augmente la pression exercée sur les articulations, en particulier celles qui supportent le corps (genoux, colonne vertébrale, hanches). Il peut également favoriser l’arthrose des mains et des doigts (digitale) ;
- le syndrome métabolique : certains troubles de santé associés augmentent les risques. Il s’agit de la combinaison suivante :
- hypertension artérielle (HTA) ;
- diabète ou résistance à l’insuline ;
- dyslipidémie (hypercholestérolémie, notamment) ;
- obésité.
Quels sont les symptômes de l’arthrose ?
Les principaux symptômes de l’arthrose sont les suivants :
- douleurs mécaniques ressenties plus vivement lorsque l’articulation malade est en mouvement. Ainsi, une personne atteinte d’une arthrose de la hanche éprouve des douleurs pendant la marche ;
- douleurs le jour, ressenties lorsque le patient est actif. L’intensité de la douleur augmente tout au long de la journée, pour ensuite diminuer, voire cesser lorsque l’articulation est au repos. Les traitements visent surtout à alléger la douleur des patients ;
- sensibilité de l’articulation, en cas de pression ;
- gêne fonctionnelle : mobilité réduite de l’articulation ;
- excroissances osseuses (ostéophytes) : progressivement, l’arthrose entraîne des déformations des articulations, surtout visibles au niveau des mains et des genoux ;
- craquements, dérobements, sensation d’accrochage et pseudo-blocages.
Quelles sont les principales formes d’arthrose ? Genou, mains, doigts, hanche…
L’arthrose touche surtout la colonne vertébrale (rachis), les genoux, les hanches et les mains. Plus rarement, elle peut affecter d’autres articulations, comme l’épaule (omarthrose) ou la cheville.
L’arthrose de la hanche (coxarthrose)
L’arthrose de la hanche entraîne des douleurs, surtout au niveau du pli de l’aine. La douleur irradie parfois dans la cuisse ou la fesse.
Elle provoque une raideur, qui finit par limiter la personne dans certaines activités du quotidien :
- changement de position ;
- habillage ;
- marche…
La douleur s’aggrave avec l’effort. Une boiterie peut apparaître.
L’arthrose du genou (gonarthrose)
L’arthrose du genou est la forme la plus courante au niveau des membres inférieures. Elle touche davantage les femmes après la ménopause.
Elle se manifeste par une douleur diffuse dans le genou, qui apparaît lorsque la personne marche, monte des escaliers ou se lève après une position assise. Les douleurs sont généralement soulagées par le repos.
Des poussées inflammatoires surviennent parfois la nuit. L’arthrose du genou évolue par crises, avec une alternance de périodes douloureuses et de phases d’accalmie.
L’arthrose des mains et des doigts
L’arthrose des mains (digitale) est la forme la plus fréquente de la maladie. Elle touche surtout la base du pouce (rhizarthrose) ou les articulations des doigts.
Après 55 ans, les deux tiers des femmes et la moitié des hommes sont concernés.
Elle se manifeste par l’apparition progressive de petites bosses au niveau des articulations des doigts. Ces déformations sont d’abord discrètes, puis deviennent visibles et peuvent s’accompagner de douleurs ou d’une gêne dans les mouvements.
L’arthrose lombaire (rachis ou dos)
L’arthrose lombaire touche le bas du dos. Les symptômes apparaissent généralement de façon progressive et ont tendance à s’aggraver avec le temps.
Les douleurs et les raideurs sont souvent plus marquées au réveil ou après une période d’inactivité prolongée (position assise, par exemple). Elles peuvent également s’intensifier après un effort important.
- raideur et perte de souplesse : certains mouvements du bas du dos deviennent plus difficiles, comme se redresser ou se pencher ;
- douleur lombaire : localisée dans le bas du dos, elle peut être persistante ou survenir par épisodes ;
- sensations de frottement : impression de craquement lors des mouvements ;
- sensibilité locale : la zone lombaire peut être douloureuse au toucher.
Articulation touchée | Nom médical | Symptômes principaux | Fréquence |
|---|---|---|---|
Hanche | Coxarthrose | Douleur à l’aine, irradiation cuisse/fesse, raideur, gêne à la marche | ≈ 10 % |
Genou | Gonarthrose | Douleur à la marche/escalier, soulagée au repos, poussées inflammatoires | ≈ 30 % |
Mains et doigts | Arthrose digitale (rhizarthrose pour le pouce) | Bosses aux articulations, déformations, douleurs, gêne des mouvements | 35 à 45 % |
Rachis (dos) | Arthrose lombaire/cervicale | Raideur, douleur au repos ou à l’effort, perte de souplesse, craquements | 45 à 50 % |
Comment évolue l’arthrose ?
L’arthrose évolue de manière variable d’un individu à l’autre et on ignore encore actuellement quels sont les facteurs de cette évolution :
- elle peut se développer lentement, sur des dizaines d’années ;
- parfois l’évolution dure un ou deux ans ;
- des poussées inflammatoires très douloureuses peuvent apparaître sur une période d’évolution plus ou moins longue.
Les lésions arthrosiques sont irréversibles. Outre les déformations, le patient atteint d’arthrose voit ses articulations se raidir, ce qui peut devenir invalidant et entraîner des chutes et une perte d’autonomie.
Comment prévenir l’arthrose ?
L’arthrose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement. Certaines des facteurs de risque de la dégradation du cartilage peuvent être limités pour prévenir l’arthrose.
Il est donc important d’avoir une bonne hygiène de vie. Les mesures à adopter sont les suivantes :
- maintenir un poids santé ou perdre du poids ;
- pratiquer une activité physique sans impact trop important sur les articulations ;
- protéger ses articulations au travail et au sport ;
- traiter les maladies prédisposant à l’arthrose.
Comment diagnostiquer l’arthrose ?
Pour poser le diagnostic de l’arthrose, le médecin effectue un examen clinique et interroge le patient sur ses symptômes.
Il peut prescrire une radiographie pour observer les modifications de l’articulation (rétrécissement de l’espace articulaire, déformations et élargissement osseux). Les radios ne permettent pas, à elles seules, d’évaluer l’intensité des douleurs ou de la gêne ressentie.
En effet :
- une radiographie montrant des lésions importantes ne signifie pas forcément que la douleur sera élevée ;
- à l’inverse, des douleurs peuvent être importantes alors que la radiographie est peu parlante.
Des analyses de sang peuvent être réalisées, mais elles servent surtout à écarter d’autres formes d’arthrite.
Quel est le traitement de l’arthrose ?
Il n’est pas possible de guérir l’arthrose. Cette maladie ne disparaît pas, à proprement parler, et ses dégâts sont irréversibles. Le traitement de l’arthrose vise à soulager la douleur et à ralentir l’évolution de la maladie par plusieurs moyens.
Adopter un mode de vie sain pour lutter contre l’arthrose
Le surpoids favorise les formes d’arthrose des membres inférieurs (genoux, hanches…) Par conséquent, la perte de poids est un élément clé de la prise en charge.
- Il est recommandé d’adopter une alimentation saine et équilibrée, par exemple un régime méditerranéen, dont les bienfaits ne sont plus à démontrer.
- Le médecin peut orienter les personnes souffrant d’obésité vers une chirurgie bariatrique.
Arrêter de fumer peut également réduire certains processus inflammatoires contribuant à la destruction du cartilage.
L’activité physique au cœur du traitement de l’arthrose
L’activité physique est essentielle : si l’articulation ne bouge plus, elle se fragilise et l’arthrose se développe encore plus vite. En revanche, lorsque l’articulation reste active, elle se renforce, ce qui permet de ralentir la maladie. Il faut néanmoins trouver un juste milieu pour garder l’articulation active, sans trop forcer.
Ainsi, il faut éviter de trop solliciter l’articulation touchée, surtout pendant les poussées. Mais, un exercice physique régulier et adapté est nécessaire. La marche quotidienne peut offrir un bon compromis. Le ski et le vélo sont moins recommandés en cas d’arthrose du genou (gonarthrose). Monter des marches peut aussi s’avérer problématique, sauf indication contraire du médecin.
Pour l’arthrose de la hanche, la marche, le vélo (sans forcer) et la piscine sont de bonnes activités à pratiquer régulièrement (hors des crises).
Le rhumatologue ou un spécialiste de médecine du sport peut vous renseigner sur les activités les plus adaptées à votre situation.
La kinésithérapie pour renforcer et rééduquer l’articulation
La rééducation par kinésithérapie est vivement conseillée aux patients atteints d’arthrose. Le kinésithérapeute pourra vous montrer des petits exercices à faire chez vous.
En cas de gonarthrose, les exercices visent notamment à renforcer les quadriceps pour renforcer le genou.
En outre, la balnéothérapie peut être utilisée pour une rééducation douce de la hanche. Pour en savoir plus : Arthrose de la hanche : voici 8 exercices efficaces pour soulager la douleur et retrouver la mobilité
Traitement médicamenteux de l’arthrose
L’arthrose peut être traitée par médicaments. Votre médecin peut vous prescrire des antalgiques (notamment du paracétamol), mais aussi des anti-inflammatoires. Ils peuvent aider au quotidien, notamment à gérer des épisodes de crises inflammatoires, lorsque le cartilage se détruit et que l’articulation gonfle.
En cas de crise de douleurs trop importante, une injection intra-articulaire de corticoïdes peut être réalisée par le médecin. La viscosupplémentation, une injection à base d’acide hyaluronique, permet de redonner de la souplesse à l’articulation et d’apaiser douleurs et raideurs sur environ un an. Elle est surtout pratiquée sur le genou.
Les traitements naturels de l’arthrose : remède miracle ?
Il n’y a pas de remède miracle pour l’arthrose. Quelques solutions naturelles peuvent contribuer à soulager la douleur. Leur efficacité n’est pas toujours prouvée par des études scientifiques, mais elles aident certains patients.
La phytothérapie permet parfois de soulager les douleurs, notamment avec des plantes comme l’ortie, le cassis, la prêle, ou l’arnica. Des médecines douces comme l’acupuncture et la réflexologie plantaire peuvent également soulager les douleurs de l’arthrose. Des cures thermales ont aussi été mises au point, avec des résultats concluants. En complément ou en traitement d’attaque, la médecine douce peut être une bonne alternative aux médicaments afin d’éviter surdoses et effets secondaires !
Le traitement chirurgical
Enfin, en dernier recours, la chirurgie peut être envisagée, en plaçant une prothèse à la place de l’articulation endommagée, ou en corrigeant les déformations de l’articulation si cette dernière peut être conservée. Ces opérations sont souvent pratiquées dans des cas d’arthrose du genou et de la hanche.
Questions fréquentes
Quelle est l’espérance de vie avec une arthrose ?
L’arthrose n’est pas une maladie mortelle en elle-même. Toutefois, une étude (Wilkie, 2019) a constaté un risque accru de décès prématuré (environ + 11 %), chez des personnes de plus de 50 ans atteintes d’arthrose. Ce risque s’explique principalement par la réduction de la mobilité, qui favorise d’autres problèmes de santé (cardiovasculaires, notamment). Rester actif, même modérément (marche régulière), contribue à préserver l’espérance de vie.
Une genouillère est-elle efficace en cas d’arthrose du genou ?
Oui, une genouillère peut aider à soulager les douleurs liées à l’arthrose du genou. Elle stabilise l’articulation, répartit les charges et limite certains mouvements douloureux.
Son efficacité dépend du modèle choisi et de la situation. Elle ne remplace pas les autres prises en charge (activité physique, perte de poids, traitement médical), mais reste un complément utile au quotidien.
Un avis médical est recommandé pour choisir le dispositif adapté.
Sources
Collège français des enseignants en rhumatologie. 2018. Rhumatologie. 6e édition. Elsevier Masson
INSERM. 2022. Arthrose. En ligne. Consulté le 15.04.2026
Wilkie, R. et coll. 2019. Reasons why osteoarthritis predicts mortality: path analysis within a Cox proportional hazards model. RMD open, 5(2), e001048
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