
L’agenda du gouvernement sera très chargé en 2011. Après le système des retraites, c’est au tour de l’APA et du financement de la dépendance de subir une réforme en profondeur.
Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la cohésion sociale se voit confier la grande mission d’organiser ces changements.
Son travail débutera par la mise en place de quatre groupes de travail, chargés d’étudier les questions relatives à la dépendance et à l’APA pour les Français, et d’envisager des solutions viables pour assurer une prise en charge de qualité aux personnes âgées en perte d’autonomie.
Plusieurs pistes ont déjà été évoquées pour remplacer le dispositif de l’APA, devenu trop cher. Reste à savoir si cette nouvelle réforme sera populaire auprès des Français.
Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy avait affirmé son désir de mettre en place une consultation, préalable aux débats parlementaires concernant la réforme de l'
APA et de la
dépendance. Cette étape préparatoire, qui devrait durer six mois, comprendra un dialogue avec les professionnels du secteur, les syndicats, les organisations patronales, ainsi qu'une enquête de terrain auprès des associations.
Pour ce faire, quatre groupes de travail ont été définis.
Un premier groupe de travail sur le thème ''stratégie pour la couverture de la dépendance des personnes âgées''. Il sera géré par Bertrand Fragonard, le président du Haut conseil de la famille.
Le second, dirigé par Jean-Michel Charpin, l'ancien directeur de l'Insee se penchera sur le thème des ''enjeux démographiques et financiers de la
dépendance''.
Le troisième concernant ''l'accueil et l'accompagnement des personnes âgées'' sera placé sous la houlette de Evelyne Ratte, ancienne préfète du Limousin, et enfin le quatrième groupe étudiera la ''société et vieillissement'' sous la direction de Annick Morel, inspectrice générale des affaires sociales.
L'objectif principal est bien entendu d'améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes, à domicile et en maison de retraite. Leur nombre qui augmente de façon très importante ces dernières années, continuera de croître fortement selon les prévisions de l'INSEE. Ainsi, on compte aujourd'hui plus d'1,3 million d'individus en perte d'autonomie pris en charge par l'
APA.
Les conseils généraux, qui participent à hauteur de 20% aux frais de l'
APA, souhaitent être libérés de cette charge, qui pèse très lourd dans leur budget. Si un plan de sauvetage a été proposé aux départements en difficulté, il reste insuffisant pour régler la question.
Les autorités locales attendent donc beaucoup de cette réforme, tout comme les particuliers qui doivent faire face à des dépenses extrêmement importantes pour assurer la prise en charge d'un aîné dépendant.
Les frais s'élèvent en moyenne à 1800 euros par mois à domicile et à 2200 euros en
maison de retraite.
Les classes moyennes, qui ne bénéficient que de maigres subventions, sont les premières concernées par la réforme et la création d'un ''cinquième risque''.
Toutefois, les premières solutions avancées par le Président de la République et le gouvernement provoquent déjà un tollé. Entre une assurance-dépendance obligatoire dès 50 ans, et une récupération sur héritage en échange de l'aide de l'APA, la droite et la gauche se querellent. A l'aube de la campagne présidentielle de 2012, le débat s'annonce houleux.