Il ne participe plus aux animations, répond à côté, semble absent à table. On parle vite de fatigue ou de mémoire qui flanche. Parfois, le problème vient d’abord d’une perte auditive ou d’un appareil oublié dans un tiroir. La surdité chez la personne âgée peut passer inaperçue et compliquer les échanges au quotidien. En EHPAD[1], un trouble de l’audition non pris en charge risque de favoriser l’isolement et d’affecter la qualité de vie du résident. Comment repérer ces difficultés et s’assurer qu’elles sont correctement prises en charge en établissement ? Cet article vous aide à comprendre les signes à surveiller et les démarches possibles auprès de l’équipe soignante.

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Pourquoi l’audition est un enjeu majeur en EHPAD

La presbyacousie, baisse de l’audition liée à l’âge, progresse avec les années : la personne entend qu’on lui parle, mais comprend de moins en moins les mots. L’Assurance maladie souligne qu’en l’absence de prise en charge, la presbyacousie perturbe la communication, conduisant à l’isolement social, voire à un état dépressif, et que, sans appareillage, elle est associée à une augmentation significative du risque de troubles cognitifs. Il s’agit d’une association observée, pas d’une fatalité, mais elle justifie de ne pas laisser une surdité sans réponse.

La vie en collectivité aggrave la gêne. Une salle à manger bruyante, un téléviseur allumé, des soignants qui parlent vite en faisant autre chose : autant de situations où un résident malentendant décroche. Les conséquences sont très concrètes :

  • retrait des activités collectives et des repas partagés ;
  • consignes de soins mal comprises, refus de soins vécus comme de l’opposition ;
  • difficultés au téléphone avec la famille ;
  • confusion entre trouble auditif et trouble cognitif, qui peut fausser l’évaluation de la personne.
conséquences de l'absence de prise en charge de la surdité du senior en ehpad

LIRE AUSSI : Appareil auditif : comment choisir la meilleure solution ?

Ce que l’établissement devrait organiser

Un EHPAD attentif intègre l’audition dans le projet d’accompagnement personnalisé de chaque résident. Concrètement, plusieurs points sont à attendre :

  • Un repérage dès l’entrée : questions simples, observation, recueil des informations sur un appareillage existant, puis orientation vers le médecin traitant ou un ORL si besoin.
  • Une aide quotidienne au port des appareils : mise en place le matin, retrait le soir, rangement dans un boîtier identifié, nettoyage, changement des piles ou recharge.
  • Une traçabilité : appareils inventoriés à l’entrée, consigne écrite dans le dossier de soins, signalement rapide d’une perte ou d’une panne.
  • Un lien avec l’audioprothésiste pour les contrôles et les réglages.
  • Des pratiques de communication adaptées : parler de face, à hauteur des yeux, sans bruit de fond, en vérifiant la compréhension.
  • Des aménagements : un salon calme pour les visites, des repas dans un environnement moins sonore, des supports écrits ou visuels, éventuellement une boucle magnétique dans la salle d’animation.

100 % Santé : ce que coûtent des appareils auditifs

Les aides auditives sont prises en charge sur prescription médicale. Pour une première prescription chez l’adulte, elle relève d’un ORL ou d’un médecin généraliste ayant suivi une formation en otologie. Le renouvellement peut être prescrit par tout médecin.

Pour les personnes de 20 ans et plus, selon l’Assurance maladie et Service Public :

  • Classe I (offre 100 % Santé) : prix plafonné à 950 euros par oreille. L’Assurance maladie rembourse 60 % sur la base de 400 euros, soit 240 euros, et la complémentaire santé responsable (la grande majorité des contrats) prend en charge le reste. Résultat : aucun reste à charge. Sans complémentaire, seuls ces 240 euros sont remboursés.
  • Classe II : prix libre, remboursement de 60 % sur la même base de 400 euros. Le reste à charge dépend de la complémentaire.
  • Avec la complémentaire santé solidaire, l’audioprothésiste doit proposer un appareil à 800 euros maximum par oreille.

L’audioprothésiste doit proposer au moins une offre 100 % Santé pour chaque oreille. Les appareils de classe I bénéficient d’un essai de 30 jours minimum et d’une garantie de 4 ans. Le suivi par l’audioprothésiste (contrôles et réglages) est compris dans le prix de l’appareil, et les piles sont remboursées dans une limite annuelle. Enfin, le renouvellement n’est pris en charge qu’après 4 ans, calculés entre les dates de facturation de l’ancien et du nouvel appareil.

coût d'un appareil auditif et aide possible

Ce que la famille peut demander

Si votre proche est déjà en EHPAD, vous pouvez demander à l’équipe que le port des appareils figure dans le plan de soins, avec un horaire et un responsable. Demandez aussi qu’un bilan auditif soit envisagé avec le médecin traitant si la gêne semble s’aggraver, et que toute perte d’appareil vous soit signalée sans délai. En cas de difficulté persistante, le sujet peut être porté au conseil de la vie sociale, l’instance où siègent les représentants des résidents et des familles.

Les critères à vérifier avant de choisir un établissement

En visite, quelques questions suffisent pour mesurer le sérieux de l’établissement sur ce point :

  • Comment l’audition est-elle évaluée à l’entrée, et par qui ?
  • Qui pose et retire les appareils auditifs chaque jour ? Est-ce noté dans le dossier de soins ?
  • Comment sont gérés les piles, la recharge et le nettoyage ?
  • Que se passe-t-il en cas de perte d’un appareil : inventaire, responsabilité, délai de remplacement ?
  • Un audioprothésiste intervient-il sur place, ou faut-il organiser les déplacements ?
  • Les soignants sont-ils formés à communiquer avec une personne malentendante ?
  • Existe-t-il un espace calme pour les visites et les appels, une salle de restauration moins bruyante, une boucle magnétique ?

Observez aussi l’ambiance sonore : télévision en fond permanent, salle à manger qui résonne, personnel qui s’adresse aux résidents de loin. Ce sont des indices fiables.

Prochaine étape

Avant l’entrée en établissement, faites le point : date d’achat des appareils, classe, audioprothésiste, garantie restante, complémentaire santé. Si votre proche n’a jamais été appareillé mais se plaint de mal entendre, parlez-en au médecin traitant pour un bilan.

Puis ajoutez les questions ci-dessus à votre grille de visite : un établissement capable d’y répondre précisément prend au sérieux la communication avec ses résidents.

FAQ

Une perte auditive non traitée peut-elle accélérer le déclin cognitif ?

Une perte auditive non prise en charge est associée à un risque accru de troubles cognitifs. Elle peut aussi compliquer les échanges, favoriser l’isolement et donner l’impression que la personne comprend moins bien. Un bilan auditif permet de rechercher une solution adaptée, sans conclure trop vite à une aggravation des troubles cognitifs.

Qui doit aider un résident d’EHPAD à utiliser ses appareils auditifs ?

L’équipe de l’EHPAD peut organiser une aide quotidienne pour mettre, retirer, ranger et entretenir les appareils, selon les besoins du résident et l’organisation des soins. Il est utile de demander que ces gestes soient intégrés au projet d’accompagnement et que les pertes ou les pannes soient signalées à la famille.

Les appareils auditifs sont-ils remboursés pour une personne âgée en EHPAD ?

Oui. Avec un appareil de classe I de l’offre 100 % Santé, le reste à charge peut être nul si le résident bénéficie d’une complémentaire santé responsable. Sans complémentaire, le remboursement est limité à celui de l’Assurance maladie. Le renouvellement pris en charge est possible après quatre ans, sous réserve des conditions applicables.

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Avatar auteur, Augustin
Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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