Entre réformes, inflation et inégalités persistantes, où en est réellement le montant des retraites en France ? Les dernières données publiées par la DREES permettent d’estimer le niveau moyen des pensions, mais elles reposent sur des chiffres décalés dans le temps. En pratique, les montants réellement perçus en 2026 sont souvent différents. Découvrez en détail le versement moyen, qui cache de fortes disparités, notamment entre hommes et femmes, mais aussi selon les régimes de retraite.
Quel est le montant moyen de la retraite en France en 2026 ?
Selon les dernières données disponibles, notamment celles issues du panorama « Les retraités et les retraites – édition 2025 » de la DREES, qui portent sur l’année 2023, la pension moyenne brute de droit direct (incluant la majoration éventuelle pour trois enfants ou plus) s’élève à :
- 1 666 euros par mois pour les retraités résidant en France,
- Soit 1 541 euros nets par mois après déduction des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.),
- En tenant compte des pensions de réversion, le montant de retraite moyen brut atteint 1 662 euros.
Pour 2026, ces chiffres doivent être ajustés pour tenir compte des revalorisations successives intervenues depuis 2024.
En effet, les pensions de retraite ont été revalorisées de :
- +5,3 % en 2024,
- +2,2 % en 2025,
- +0,9 % en janvier 2026.
Au total, cela représente une hausse cumulée d’environ 8,5 %.
Ainsi, à titre indicatif, la pension moyenne brute peut être estimée autour de 1 800 à 1 820 € par mois en 2026, soit environ 1 650 à 1 670 € net.
Un montant de retraite marqué par des disparités
Derrière cette moyenne subsistent de profondes disparités selon le sexe, la carrière, le régime de retraite et le secteur d’activité.
L’inégalité hommes – femmes
L’une des inégalités les plus marquantes concerne les différences de pension entre hommes et femmes. En 2023, selon la DREES, les femmes percevaient une pension de droit direct inférieure de 37 % à celle des hommes : 1 306 euros bruts par mois pour les femmes contre 2 089 euros pour les hommes parmi les nouveaux retraités. Après prélèvements sociaux, cela représente environ 1 210 à 1 220 euros nets pour les femmes et 1 940 à 1 950 euros nets pour les hommes.

Cet écart s’explique principalement par des carrières professionnelles moins linéaires chez les femmes, marquées par des interruptions (congés maternité, éducation des enfants) et une plus grande fréquence du temps partiel.
Cependant, l’écart se réduit à 25 % après les pensions de réversion : les femmes bénéficient davantage en raison de leur espérance de vie plus longue et de leur situation de veuvage (88 % des bénéficiaires sont des femmes). Ainsi, en 2023, une femme touchant une pension moyenne brute avec réversion pourrait percevoir environ 1 580 euros, contre 2 118 euros pour un homme.
Comparé au 50 % en 2004, l’écart se réduit grâce à l’évolution de l’activité féminine combinée à des dispositifs comme la majoration de trimestres pour enfants.
Type de pension | Hommes (net/mois) | Femmes (net/mois) | Écart |
|---|---|---|---|
Pension moyenne de droit direct | 1 945 € | 1 215 € | 37 % |
Pension moyenne avec réversion | 1 970 | 1 470 € | 25 % |
Type de pension | Hommes (net/mois) | Femmes (net/mois) | Écart |
|---|---|---|---|
Pension moyenne de droit direct | 2 112 € | 1 319 € | 37,5 % |
Pension moyenne avec réversion | 2 139 € | 1 596 € | 25,4 % |
Des pensions plus élevés pour certains régimes de retraite
Les montants des pensions varient également selon le régime de retraite auquel les assurés étaient affiliés. Les régimes spéciaux, bien que progressivement alignés sur le régime général suite à la réforme de 2023, continuent d’offrir des pensions plus avantageuses dans certains cas.
- Salariés du privé (régime général + complémentaire) : la pension de base s’élève en moyenne à 734 euros bruts par mois. En y ajoutant la retraite complémentaire Agirc-Arrco (527 euros bruts), le montant total atteint environ 1 261 euros bruts par mois.
Après revalorisations successives, ce montant peut être estimé autour de 1 360 à 1 370 euros bruts mensuels en 2026. - Fonction publique d’État : les fonctionnaires civils perçoivent en moyenne 2 223 euros bruts par mois.
Après revalorisation, cela correspond à environ 2 400 euros bruts mensuels en 2026. - Régimes spéciaux (SNCF, RATP, etc.) : la pension moyenne s’établit à environ 1 786 euros bruts mois.
Après revalorisation, elle peut être estimée autour de 1 940 euros bruts mensuels en 2026. - Professions libérales : la pension moyenne atteint 1 336 euros bruts par mois.
Après revalorisation, elle peut atteindre environ 1 450 euros bruts mensuels en 2026
Ces disparités reflètent des différences historiques dans les règles de calcul (par exemple, prise en compte des six derniers mois pour les fonctionnaires contre les 25 meilleures années pour le privé) et dans les niveaux de rémunération pendant la carrière.
Les polypensionnés : des pensions de retraite plus élevées
Fin 2023, environ un quart (25,3 %) des retraités étaient polypensionnés, c’est-à-dire qu’ils cotisent à plusieurs régimes.
Les hommes sont proportionnellement plus nombreux à être polypensionnés que les femmes (27,5 % contre 23,4 %).
Cela s’explique par des carrières généralement plus longues et une plus forte probabilité de changer de régime.
La part des polypensionnés varie fortement selon le régime d’affiliation principal :
- très élevée pour les salariés de la MSA (84 %) et les professions libérales (93 %),
- beaucoup plus faible au régime général (28 %).
Le montant brut mensuel moyen de la pension des polypensionnés est plus élevé :
- Polypensionnés : 1 860 euros.
- Monopensionnés : 1 610 euros.
- Carrières complètes : Pour ceux ayant effectué une carrière complète, la pension des polypensionnés s’élève à 2 020 euros en moyenne, contre 1 990 euros pour les monopensionnés.
🔎 Analyse régionale : des écarts qui vont du simple au double
En 2026, les pensions de retraite de droit direct varient fortement selon les départements, révélant des fractures territoriales persistantes.
L’Île-de-France domine largement : les retraités de Paris, des Hauts-de-Seine et des Yvelines perçoivent en moyenne plus de 2 100 € net par mois (estimation après revalorisation), bien au-dessus de la moyenne nationale. Ces départements concentrent les anciens cadres supérieurs, professions libérales ou hauts fonctionnaires, expliquant des pensions très élevées
À l’opposé, les pensions les plus basses s’observent dans des zones plus rurales et moins dynamiques économiquement :
- Cantal : 1 222 € net par mois
- Creuse : 1 356 €
- Tarn-et-Garonne : 1 362 €
Ces écarts entre départements soulignent les inégalités d’accès à une carrière stable et bien rémunérée, mais aussi l’impact des parcours discontinus dans certains territoires.
Rang | Département | Montant brut (fin 2020) | Montant net estimé en 2026 |
|---|---|---|---|
1 | Paris | 2 130,69 € | 2 191 € |
2 | Hauts-de-Seine | 2 080,77 € | 2 138 € |
3 | Yvelines | 2 064,87 € | 2 123 € |
4 | Essonne | 1 876,64 € | 1 928 € |
5 | Val-de-Marne | 1 790,11 € | 1 840 € |
6 | Val-d’Oise | 1 727,25 € | 1 775 € |
7 | Seine-et-Marne | 1 711,37 € | 1 759 € |
8 | Rhône | 1 658,26 € | 1 704 € |
9 | Haute-Garonne | 1 633,76 € | 1 678 € |
10 | Gironde | 1 599,36 € | 1 643 € |
Montants retraite 2026 : les montants plancher et plafond

Le montant de retraite minimum
Point de repère important, le minimum contributif (Mico) garantit un montant minimal de pension de base pour les assurés du régime général ayant effectué une carrière complète.
Au 1er janvier 2026, il s’élève à 756,29 € brut par mois, et peut atteindre 903,93 € avec la majoration, accordée aux assurés ayant validé au moins 120 trimestres cotisés. Ce montant concerne uniquement la pension de base et n’inclut pas la retraite complémentaire.
Attention : le minimum contributif est soumis à un plafond. Le total de vos pensions (de base et complémentaires) ne doit pas dépasser 1 410,89 € par mois. Au-delà de ce seuil, le montant du minimum contributif est réduit (écrêté) afin de ne pas dépasser ce plafond.
Pour les personnes disposant de faibles ressources, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) permet de garantir un minimum de revenus à la retraite. En 2026, son montant maximal s’élève à 1 043,59 € par mois pour une personne seule et à 1 620,18 € pour un couple.
Le montant de retraite maximum
En 2026, la pension de base du régime général est plafonnée à 2 002,50 € bruts/mois, soit 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Pour atteindre ce maximum, il faut :
- Avoir cotisé 25 ans au plafond maximal,
- Soit environ 2 888 € brut/mois pendant 25 ans.
Certaines situations permettent de dépasser ce plafond :
- Majoration pour enfants,
- Départ au-delà de l’âge légal,
- Invalidité ou handicap…
Montant moyen de la retraite en France : ce qu’il faut retenir
En 2026, la retraite moyenne en France s’établit autour de 1 800 euros bruts par mois (1 650 euros nets) avec des inégalités persistantes entre les genres et les régimes et les secteurs. Malgré les revalorisations, le pouvoir d’achat des retraités reste insuffisant pour faire face au coût de la vie.
Questions fréquentes
Quelle part de la retraite représente la complémentaire pour un salarié du privé ?
Pour un salarié affilié à l’Agirc-Arrco, la retraite complémentaire représente en moyenne 30 à 60 % de la pension totale, selon le niveau de revenus. Plus la rémunération était élevée, plus cette part est importante.
La pension est-elle recalculée une fois à la retraite ?
Non. Une fois à la retraite, le montant est définitif, hormis les revalorisations annuelles (indexées sur l’inflation). Il n’est pas possible de « corriger » son montant a posteriori, sauf erreur administrative reconnue.
Que devient la pension en cas de cumul emploi-retraite ?
En cumul emploi-retraite classique, les nouveaux revenus n’ouvrent pas de droits supplémentaires.
Toutefois, dans le cadre du cumul emploi-retraite intégral (possible depuis 2023), les cotisations versées peuvent désormais générer une seconde pension, dans la limite de certains plafonds.
Ce dispositif permet à un retraité de reprendre une activité professionnelle sans plafond de revenus et en générant de nouveaux droits à la retraite.
Est-ce que les pensions peuvent baisser à l’avenir ?
En montant brut, non, car la pension n’est jamais révisée à la baisse. Mais en valeur réelle (pouvoir d’achat), oui : si l’inflation est supérieure à la revalorisation annuelle, le pouvoir d’achat des retraités diminue mécaniquement, comme cela s’est produit entre 2016 et 2021.
Peut-on connaître précisément sa future retraite avant le départ ?
Oui. Le site officiel « Info Retraite » permet d’obtenir un relevé de carrière actualisé et une estimation personnalisée de sa future pension, tous régimes confondus. Ce service est gratuit et accessible avec FranceConnect.
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Moi aussi j’ai changé de tranche entre 2023 et 2024 et ma retraite (Carsat ET Agirc Arcco) est maintenant inférieure aux mois précédents :
Carsat : – 37,28€ par mois
Agirc Arcco : – 25,44€ par mois
C’est énorme !