Alzheimer : l’imagerie pour mieux prédire l’évolution de la maladie
Maladie d'Alzheimer

Publié le 02/01/2020 . Mis à jour le 07/01/2020

Publié le 2 Jan. 2020 . Mis à jour le 7 Jan. 2020

L’imagerie médicale pourrait permettre un meilleur diagnostic de la maladie d’Alzheimer et de son évolution, révèle une nouvelle étude. Des PET scan effectués avec un traceur de la protéine tau seraient en effet capables de prédire l’emplacement de futures atrophies cérébrales. L’avantage : une meilleure compréhension du processus biologique responsable de la maladie et un espoir de développement de traitements plus adaptés.

Alzheimer : l’imagerie pour mieux prédire l’évolution de la maladie

La protéine tau sur la sellette de la recherche sur Alzheimer

La neuroimagerie pourrait aider à prédire plus tôt l’évolution de la maladie d’Alzheimer et l’atrophie du cerveau responsable des symptômes cognitifs de cette pathologie neurodégénérative. C’est ce que révèle une étude américaine publiée mercredi dans le magazine Science Translational Medicine.

On sait aujourd’hui que la maladie d’Alzheimer se caractérise par deux types de lésions du tissu nerveux dans le cerveau :

  • les plaques amyloïdes : accumulation du peptide β-amyloïde,
  • la dégénérescence neurofibrillaire : enchevêtrement dû à l’accumulation de la protéine tau.

Jusqu’à présent, la recherche s’est beaucoup concentrée sur le rôle des plaques amyloïdes, avec le développement de médicaments ciblant spécifiquement le peptide fautif. Mais, les résultats sont mitigés.

De plus en plus de chercheurs se tournent maintenant vers la protéine tau comme cause possible de la maladie d’Alzheimer.

D’ailleurs, une étude publiée lundi dans le journal Neurology ébranle la théorie dominante voyant dans les plaques amyloïdes la cause principale de la maladie d’Alzheimer. La perte de mémoire et le déclin cognitif précoces observés chez les malades surviennent avant l’apparition des plaques amyloïdes dans le cerveau (et non après), d’après l’étude du VA San Diego Healthcare System.

C’est donc cette piste qu’ont aussi étudiée des scientifiques du Centre de la Mémoire et du Vieillissement de San Francisco. Leur but : mieux comprendre la dynamique des deux marqueurs (tau et β-amyloïde) pour améliorer la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Le moyen : des PET scan (tomographies à émission de positons ou TEP en français) utilisant des radiotraceurs spécifiques pour visualiser les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire dans le cerveau des patients à divers stades de la démence.

Prédire l’évolution de la maladie d’Alzheimer pour un traitement spécifique

Les chercheurs, dirigés par le Dr Renaud La Joie, ont procédé à des PET scan chez 32 patients atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce, puis lors d’une visite de suivi entre un et deux ans plus tard.

L’étude semble indiquer que la protéine tau joue un rôle plus direct dans la dégénérescence et l’atrophie du cerveau que le peptide β-amyloïde.

Les PET scan ont permis de prédire non seulement l’ampleur de l’atrophie, mais aussi l’endroit où elle se développerait, affirme le neurologiste Gil Rabinovici, l’un des responsables de l’étude.

  • Le taux global de protéine tau dans le cerveau des participants au début de l’étude était en effet un facteur prédictif de l’évolution de la dégénérescence au moment de la visite de suivi (en moyen 15 mois plus tard).
  • L’accumulation de la protéine tau à un endroit spécifique du cerveau a prédit une atrophie future au même endroit, avec plus de 40 % de précision, tandis que les PET scan traçant le peptide β-amyloïde n’ont réussi à prédire correctement que 3 % des atteintes cérébrales futures.

Les chercheurs ont également constaté que chez les plus jeunes malades d’Alzheimer, les taux de protéine tau dans le cerveau étaient plus élevés et que l’association avec l’atrophie cérébrale future était encore plus forte.

Les résultats de cette étude suscitent un nouvel espoir de traitement de la maladie d’Alzheimer. Les recherches portant sur des médicaments ciblant plus précisément la protéine tau pourraient donner de meilleurs résultats que celles se focalisant sur les plaques amyloïdes.

Par ailleurs, la neuroimagerie utilisant un traceur de la protéine tau pourrait faciliter le diagnostic de la démence. Le PET scan permettra éventuellement une prise en charge précoce plus spécifique, en fonction de la configuration de l’atrophie cérébrale prédite chez chaque patient, affirme le Dr Rabinovici.

Un nouvel espoir dans la recherche sur une pathologie qui fait couler beaucoup d’encre et suscite bien des questions pour les familles et les scientifiques.

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