Vous accompagnez un parent âgé, vous récupérez ses résultats de laboratoire et vous restez démuni devant les chiffres et les sigles. Savoir repérer quelques valeurs clés ne remplace jamais le médecin, mais cela aide à poser les bonnes questions, à ne pas laisser passer un signal et à alerter au bon moment. Voici cinq valeurs souvent présentes dans un bilan sanguin de senior, ce qu’elles disent et quand s’inquiéter. Un rappel essentiel avant tout : ces repères sont des ordres de grandeur usuels, valables pour la population générale. Ils varient selon le laboratoire, l’âge, le sexe, les traitements et l’état de santé. Seul le médecin traitant interprète un résultat dans le contexte de votre parent. N’arrêtez jamais un traitement et ne changez rien à l’alimentation sur la seule lecture d’un chiffre.

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1. L’hémoglobine : le marqueur de l’anémie

L’hémoglobine transporte l’oxygène dans le sang. Chez la personne âgée, une baisse (anémie) est fréquente et souvent d’origine carentielle (fer, vitamines), inflammatoire ou liée à une maladie chronique. Les repères usuels tournent autour de 13 g/dL chez l’homme et 12 g/dL chez la femme.

Quand alerter : une fatigue nouvelle et inhabituelle, un essoufflement au moindre effort, une pâleur, des vertiges. Ces signes, associés à une hémoglobine basse, justifient d’appeler le médecin. Une anémie peut révéler un saignement digestif discret ou une carence à corriger.

senior faisant une prise de sang pour connaître son taux d'anémie

LIRE AUSSI : Bilan sanguin d’un parent âgé : les 5 résultats qui doivent alerter sur une perte d’autonomie

2. La créatinine et le DFG : la fonction des reins

La créatinine reflète le fonctionnement des reins. À partir d’elle, le laboratoire calcule le DFG (débit de filtration glomérulaire), plus parlant. Un DFG supérieur ou égal à 90 correspond à une fonction rénale normale, et ce chiffre diminue naturellement avec l’âge.

Pourquoi c’est capital chez un senior : un DFG inférieur à 60 peut imposer d’adapter des médicaments, car le rein les élimine plus lentement. C’est un point crucial quand votre parent prend de nombreux traitements. Toute baisse rapide du DFG doit être signalée au médecin, surtout en période de forte chaleur ou après un épisode de déshydratation.

LIRE AUSSI : Ce que révèle votre DFG : le chiffre clé pour éviter l’insuffisance rénale (avant qu’il ne soit trop tard)

3. La natrémie : l’équilibre du sodium

La natrémie mesure le sodium dans le sang, entre 136 et 146 mmol/L en repère usuel. Chez la personne âgée, l’hyponatrémie (sodium trop bas) est fréquente, en particulier l’été et après une canicule[1] comme celle de juin 2026, où jusqu’à 72 départements ont été en vigilance rouge le 25 juin. Certains médicaments (diurétiques notamment) favorisent aussi ces déséquilibres.

Quand alerter : confusion, somnolence, maux de tête, nausées, chutes, faiblesse. Ces signes associés à une natrémie anormale imposent un avis médical rapide. En cas de troubles de la conscience, on ne temporise pas : on appelle le 15.

prise de sang pour mesurer le taux de sodium dans le sang chez un senior

4. L’albumine : un indice de dénutrition

L’albumine est une protéine du sang. Attention, ce n’est pas un critère de diagnostic de la dénutrition[2], mais un critère de gravité : selon la Haute Autorité de santé (HAS), une albuminémie inférieure ou égale à 30 g/l signe une dénutrition sévère lorsqu’elle accompagne d’autres critères. Le diagnostic de dénutrition, lui, repose sur l’association d’un critère de perte de poids ou de fonte musculaire et d’un critère de cause (maladie, baisse des apports).

Quand alerter : une perte de poids involontaire (au moins 5 % en un mois, 10 % en six mois), des vêtements devenus flottants, une fonte des muscles, une perte d’appétit. Signalez-le sans attendre, la dénutrition fragilise et allonge les hospitalisations.

5. La glycémie ou la CRP : sucre et inflammation

Deux valeurs complètent souvent le bilan : 

  • La glycémie (et l’HbA1c, qui reflète l’équilibre du sucre sur plusieurs semaines) surveille le diabète, fréquent avec l’âge. 
  • La CRP (protéine C réactive) monte en cas d’inflammation ou d’infection ; une CRP élevée chez un parent fatigué, fébrile ou confus peut témoigner d’une inflammation, notamment en cas d’infection.

Là encore, aucun de ces chiffres ne s’interprète isolément. Une glycémie ponctuelle élevée après un repas ne signifie pas un diabète, et une CRP un peu haute peut avoir mille causes. C’est le médecin qui fait la synthèse.

Un tableau pour s’y retrouver

ValeurCe qu’elle exploreRepère usuel indicatif
HémoglobineAnémie, transport de l’oxygène12 à 16 g/dL (femme), 13 à 17 g/dL (homme)
Créatinine / DFGFonction rénaleDFG normal si supérieur ou égal à 90
NatrémieHydratation, sodium136 à 146 mmol/L
AlbumineGravité d’une dénutritionDénutrition sévère si inférieure ou égale à 30 g/l
Glycémie / CRPDiabète / inflammationInterprétation par le médecin

Questions fréquentes

Puis-je interpréter seul les résultats de mon parent ?

Non. Vous pouvez repérer une valeur hors des repères usuels et alerter, mais l’interprétation revient au médecin, qui tient compte de l’ensemble du contexte.

Une valeur hors norme est-elle toujours grave ?

Non. De nombreuses valeurs varient avec l’âge, l’hydratation ou les traitements. Un écart isolé n’a pas la même portée qu’un faisceau de signes concordants.

Quand faut-il appeler en urgence ?

Devant une confusion soudaine, une somnolence anormale, un essoufflement marqué ou une chute avec malaise, appelez le 15 sans attendre le prochain rendez-vous.

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Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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