simulation-cerebrale.jpgDepuis quelques années, la stimulation électrique a révolutionné le domaine médical dans le traitement de la maladie de Parkinson. Les récentes avancées scientifiques, notamment la réalisation d’une carte du cerveau en 3 dimensions, ont permis d’améliorer la précision de cette technique qui pourrait bien devenir LE traitement privilégié dans la maladie de Parkinson. Explications. Des résultats spéctaculaires La maladie de Parkinson est causée par la mort progressive de neurones du cerveau qui produisent de la dopamine, une substance chimique qui contrôle les mouvements. Ainsi, les symptômes de la maladie sont tremblements, perte d’équilibre et difficulté à effectuer des gestes simples. Jusqu’à maintenant, ils étaient surtout traités par médicaments. Depuis 1993, la stimulation cérébrale profonde, domaine dans lequel les Français sont des leaders mondiaux, est utilisée comme traitement contre la majorité des symptômes de la maladie de Parkinson. Grâce à cette nouvelle chirurgie, on note une amélioration significative des tremblements, de la rigidité et des troubles du mouvement. Environ 30 000 patients ont déjà bénéficié de ce traitement, d’abord à Grenoble où la technique a été mise au point, puis dans d’autres villes françaises, européennes et nord-américaines. Aujourd’hui, 18 centres sont habilités à opérer selon cette technique en France, et entre 350 et 450 personnes en bénéficient chaque année dans l’Hexagone. Le principe : des électrodes dans le cerveau L’opération consiste à introduire une électrode dans chacun des hémisphères du cerveau, qui est reliée à un neurostimulateur implanté sous la peau, au-dessous de la clavicule. Ce pacemaker déclenche de petits chocs électriques qui permettent aux électrodes de stimuler une zone bien précise du cerveau. La chirurgie prend une journée complète ; le patient, sous anesthésie locale, doit être conscient pendant l’opération puisque les chirurgiens ont besoin de sa collaboration. La première étape consiste d’abord, à l’aide d’un appareil d’imagerie fixé sur la tête du patient, à repérer l’endroit exact où doivent être installées les électrodes. Les coordonnées retransmises doivent être d’une précision absolue. Une fois les électrodes implantées, il reste à insérer le neurostimulateur dans le haut de la poitrine et à en ajuster les paramètres. Des ajustements doivent d’ail¬leurs être faits régulièrement après l’opération, puisque chaque personne réagit différemment à la stimulation. Une technique récemment améliorée Mais cette technique présentait un certain nombre de limites : lourdeur de l’opération, coût élevé (environ 30.000 euros) et un effet secondaire gênant, à savoir le développement de comportements impulsifs pouvant conduire, par exemple, au jeu pathologique. Michael Frank, chercheur en psychologie de l’Université d’Arizona Arizona, et ses collègues ont montré comment la stimulation cérébrale profonde interfère avec la capacité innée du cerveau de délibérer sur des décisions complexes. En effet, cette stimulation affecte une région du cerveau appelée noyau sous-thalamique (ou subthalamique) qui intervient dans la motricité mais qui module aussi les prises de décision. Cette difficulté pourrait bien être levée depuis certaines découvertes récentes. En effet, la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC) a financé les travaux d’une équipe de l’Inserm, laquelle a réussi à réaliser une carte du cerveau en trois dimensions, permettant de reconstituer la structure tridimensionnelle des noyaux cérébraux situés en profondeur. Désormais, il est possible de zoomer et d’atteindre une extrême précision pour l’implantation des électrodes», explique le Dr Étienne Hirsch, président de la fédération. « Cela permet d’implanter les électrodes exactement où il faut, et donc d’éviter les effets secondaires ». Affaire à suivre…

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Elsa Blanc,Rédactrice chez Cap Retraite

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