Garder sa maison ou financer un EHPAD : beaucoup de familles se retrouvent face à ce dilemme. Votre parent veut rester chez lui, là où chaque mur, chaque souvenir compte, mais le coût d’un établissement peut vite dépasser les revenus disponibles. Entre la peur de perdre son autonomie et la nécessité de sécuriser son quotidien, la situation pèse sur chacun. Dans cet article, nous expliquons comment évaluer les solutions possibles, optimiser les aides et prendre les décisions les plus adaptées pour concilier sécurité, confort et budget.

Trouver un EHPAD

Le vrai prix de la dépendance

L’EHPAD[1] coûte cher. Très cher. Le coût moyen dépasse les 1 850 euros mensuels, avec des écarts énormes : 

  • 1 500 euros dans les petites villes, 
  • 3 500 euros en région parisienne. 

Pour aider à couvrir ces dépenses, plusieurs aides existent :

  • L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) complète le financement selon le niveau de dépendance[2], avec un plafond qui varie en fonction du GIR[3] et de la situation de la personne.  
  • L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) permet de payer ce que la personne elle-même ne peut pas payer. 

En général, la participation du résident à son hébergement tient compte de ses revenus et de son épargne. L’aide publique (APA, ASH) intervient pour compléter ce financement si les ressources propres ne suffisent pas.

LIRE AUSSI : Comment financer un EHPAD sans se ruiner ?

Seniors qui couvrent le prix de l'EHPAD grâce aux aides

Maintenir à domicile : pourquoi c’est plus difficile qu’il n’y paraît

Beaucoup de familles se disent : pourquoi ne pas la garder à la maison avec une aide à domicile ? 

  • Besoin d’aide constante : un parent très dépendant demande une présence 24h/24 ou au moins plusieurs heures par jour.
  • Coût élevé : le tarif d’une aide à domicile quotidienne peut approcher celui d’un EHPAD si l’accompagnement est très intensif, 24h/24.
  • Organisation et suivi : quelqu’un doit gérer l’emploi du temps de l’aide, vérifier son travail et être disponible en cas de problème.
  • Problèmes d’éloignement familial : si vous êtes seul enfant ou vivez loin, difficile de surveiller l’aide et d’intervenir rapidement.
  • Risques pour la sécurité : chutes, confusion, oublis de médicaments ou incidents nocturnes peuvent survenir lorsque l’aide n’est pas présente.
  • Sécurité garantie en EHPAD : contrairement à la maison, l’EHPAD offre une présence 24h/24 et un encadrement permanent.

Le calcul patrimonial que personne n’ose évoquer

Derrière la décision de placer un parent en EHPAD, il y a une réalité financière rarement discutée en famille. 

Si votre parent possède une maison et que l’EHPAD coûte plusieurs milliers d’euros par mois, sur 15 ans, les frais peuvent dépasser la valeur du patrimoine immobilier. Dans ce cas, la maison doit souvent être vendue, ce qui réduit ou supprime l’héritage des enfants. C’est un choix que le système impose pour financer la dépendance.

Certaines familles ont cherché d’autres solutions : 

  • Le prêt viager hypothécaire : emprunter sur la valeur de la maison, sans remboursement du vivant, la banque récupérant le capital et les intérêts à la vente.
  • L’accueil familial : un logement chez une famille d’accueil spécialisée, moins coûteux (1 500 à 1 800 € par mois), mais réservé aux personnes encore relativement autonomes.

La question de l’obligation alimentaire

Il existe une loi parfois oubliée : l’obligation alimentaire. Si un parent n’a pas suffisamment de ressources pour financer son EHPAD, les enfants peuvent être invités à contribuer au financement. Cette contribution n’est pas automatique : elle dépend de la décision du conseil départemental ou, parfois, d’un juge.

Si vous avez de bonnes ressources et que votre parent a peu de moyens, il est possible que l’on vous demande de contribuer.

Beaucoup de familles découvrent cela au moment où elles reçoivent une notification officielle, par exemple : « Vous êtes invité à participer au financement de l’EHPAD de votre mère à hauteur de X euros. »

Enfant qui aide sa mère à financer son EHPAD

Les arbitrages concrets que les familles font

  • Vendre la maison, se vendre aussi. Beaucoup de parents refusent. Vendre la maison, c’est un deuil. « Je vais mourir en EHPAD, loin de tout ce qui m’est familier. Et ma maison sera devenue celle de quelqu’un d’autre. »
  • Vendre et garder une partie pour les enfants ? Oui, techniquement possible. Une partie de la maison peut être utilisée pour financer le séjour en EHPAD, tandis que le reste peut être conservé pour les héritiers ou placé autrement. Mais il s’agit avant tout d’une démarche émotionnelle : accepter que le patrimoine familial se réduise progressivement, année après année, pour couvrir les frais de dépendance.
  • Rester à la maison avec une aide familiale renforcée. Vous organisez un système où quelqu’un (vous, une sœur, un cousin) est très présent. Cette personne renonce partiellement à sa vie professionnelle. C’est un sacrifice personnel énorme[4]
  • Accepter progressivement que le parent entre progressivement dans le système de prise en charge. Certains mettent leur parent en EHPAD relativement tôt. Ils acceptent que la transition se fasse quand il/elle peut encore s’adapter un peu. C’est psychologiquement moins difficile. Et c’est souvent moins onéreux au final, parce qu’on ne développe pas de complications à rester seul trop longtemps.

La question que personne ne pose : c’est un choix ?

« Garder sa maison ou aller en EHPAD » — c’est présenté comme un choix. Comme si le parent avait vraiment le choix. Sauf qu’en réalité, les ressources financières dictent. Pour certaines familles, avec des ressources limitées, la vente d’un patrimoine peut devenir la solution la plus réaliste pour financer un EHPAD, mais chaque situation reste individuelle.

Ce qu’il faut faire concrètement

  • Parlez-en maintenant. Pas quand c’est urgent. Pas quand il y a une crise. Demandez à votre parent : qu’est-ce que tu veux pour la fin de ta vie ? Rester à la maison coûte que coûte ? Aller en EHPAD si tu as besoin de 24h de surveillance ? Accepter de vendre ta maison pour financer ton confort à l’EHPAD ?
  • Chiffrez les scénarios. Aide à domicile complète : combien ça coûte ? EHPAD : quel tarif dans votre région ? Qu’est-ce que vous pouvez payer avec votre pension ? Qu’est-ce qu’il faut vendre ?
  • Renseignez-vous sur l’APA, l’ASH, et les dispositifs locaux. Chaque région a des partenariats différents. Certains EHPAD offrent des prix réglementés. Certains départements ont des programmes d’aide. Ce n’est pas transparent. Mais ça existe.
  • Consultez un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine. Le PVH, l’accueil familial, les stratégies de donation : c’est compliqué. Mais ça peut changer les chiffres. Un conseil d’expert peut valoir très cher. Mais il peut aussi vous épargner d’énormes erreurs.
  • Et acceptez qu’il n’y a pas de réponse parfaite. Simplement de moins mauvais compromis. Vendre la maison ? C’est dur. Rester avec une aide à domicile insuffisante ? C’est risqué. Accepter que l’enfant renonce à sa carrière ? C’est injuste. Vous choisirez le compromis qui vous semble le moins mauvais.

FAQ

Pourquoi certaines familles doivent-elles choisir entre maison et EHPAD ?

Le coût d’un EHPAD peut dépasser les ressources du parent. Vendre la maison ou utiliser son épargne devient parfois nécessaire pour financer un séjour sécurisé et adapté à la dépendance.

Quelles aides financières existent pour un EHPAD ?

L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) complète le financement selon le niveau de dépendance. L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) intervient si les revenus et l’épargne du résident ne suffisent pas.

Peut-on rester à domicile avec une aide ?

Oui, mais cela peut être difficile et coûteux. L’aide doit être régulière et parfois 24h/24 pour les personnes très dépendantes. L’organisation familiale et la sécurité sont des enjeux majeurs.

La famille peut-elle être sollicitée financièrement ?

Oui, la loi prévoit une obligation alimentaire : si le parent ne peut pas financer son EHPAD, les enfants peuvent être invités à contribuer selon leurs moyens.

Comment prendre la meilleure décision ?

Il faut anticiper, comparer les coûts, évaluer les aides, consulter un notaire ou un conseiller patrimonial, et surtout parler avec le parent pour comprendre ses souhaits. Chaque situation est unique et demande un compromis entre confort, sécurité et budget.

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Augustin,Augustin , rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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