Le placement d’un proche en EHPAD bouleverse l’équilibre financier du foyer. Entre frais d’hébergement élevés et aides complexes, le conjoint resté à domicile fait face à un véritable casse-tête budgétaire. Pourtant, des solutions existent pour préserver son niveau de vie. Découvrons les méandres administratifs et financiers de cette situation délicate, avec des chiffres actualisés pour 2026 et des conseils pratiques.
Le coût réel d’un séjour en EHPAD en 2026
Avant d’aborder les aides, il est crucial de comprendre l’ampleur des dépenses liées à l’EHPAD[1] :
- Coût moyen national : 2 630 € par mois
- Répartition :
- Reste à charge moyen après aides : entre 2 100 € et 2 300 € par mois (hors ASH)
Ces chiffres peuvent varier selon les régions et les établissements. Ils donnent néanmoins une idée de l’impact financier considérable sur le budget du couple.

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Les aides financières pour alléger la facture
Face à ces coûts importants, plusieurs dispositifs d’aide existent :
1. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) en EHPAD
L’APA est une aide essentielle pour les personnes âgées dépendantes en EHPAD. Son montant varie selon le degré de perte d’autonomie (GIR) et les ressources du bénéficiaire.
Le calcul de l’APA prend en compte les revenus du couple, divisés par deux.
La participation du bénéficiaire varie selon ces tranches :
- Jusqu’à 2 846,77 € : participation égale au tarif dépendance GIR 5/6
- Entre 2 846,77 € et 4 379,64 € : participation progressive
- Au-delà de 4 379,64 € : participation maximale
2. Les aides au logement
Deux options sont possibles, non cumulables :
- L’Aide Personnalisée au Logement (APL) : pour les EHPAD conventionnés par la CAF
- L’Allocation de Logement Social (ALS) : pour ceux ne pouvant bénéficier de l’APL
3. L’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH)
L’ASH peut intervenir si les revenus et contributions familiales sont insuffisants pour couvrir les frais d’hébergement. Attention, cette aide est récupérable sur succession.
4. La réduction d’impôt
Une réduction d’impôt[4] de 25% s’applique sur les frais d’hébergement et de dépendance, plafonnée à 10 000 € par personne hébergée.
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Préserver le niveau de vie du conjoint à domicile : le cas du reste à vivre (ASH)
La loi prévoit un « reste à vivre » minimum pour le conjoint resté à domicile. Ce montant ne peut être
Lorsque le résident en EHPAD bénéficie de l’Aide sociale à l’hébergement (ASH), la réglementation prévoit de protéger le conjoint resté à domicile en lui garantissant un minimum de ressources.
Concrètement, un « reste à vivre » est obligatoirement laissé à la disposition du conjoint. En 2026, ce montant est fixé au minimum à 1 043,59 € par mois (montant maximal de l’ASPA mensuel).
Certaines situations spécifiques permettent des ajustements pour préserver les droits du conjoint à domicile :
- En cas de séparation de fait, le conjoint à domicile peut demander l’ASPA indépendamment.
- Les biens et économies du conjoint à domicile ne sont pas pris en compte dans le calcul du devoir de secours.
- Le résident en EHPAD doit conserver au moins 10% de ses revenus pour ses dépenses personnelles (minimum 125 € par mois, en 2026).
Exemple de calcul du reste à vivre avec l’ASH en EHPAD
Pour mieux comprendre, voici un exemple de calcul du reste à vivre pour le conjoint à domicile dans le cadre d’une demande d’ASH :
Situation | Montant mensuel |
|---|---|
Revenus du couple | 2 400 € |
Coût de l’EHPAD après APA | 1 800 € |
Participation laissée à la charge du couple | 1 231,41 € |
Montant pris en charge par l’ASH | 568,59 € |
Reste à vivre garanti au conjoint à domicile | 1 043,59 € |
Somme minimale laissée au résident | 125 € |
L’ASH complète la participation du couple, pour garantir le reste à vivre du conjoint à domicile et laisser au résident un minimum pour ses dépenses personnelles.
L’obligation alimentaire : quand la famille doit contribuer
Les enfants et petits-enfants peuvent être sollicités pour participer aux frais d’hébergement.
Le financement d’un séjour en EHPAD peut faire intervenir la famille au titre de l’obligation alimentaire. Toutefois, les règles diffèrent selon que le résident bénéficie ou non de l’Aide sociale à l’hébergement (ASH).
Sans ASH : une contribution familiale élargie
Lorsque le résident ne bénéficie pas de l’ASH, la participation financière repose en priorité sur ses ressources personnelles et celles de son conjoint.
Si cela ne suffit pas, les obligés alimentaires peuvent être sollicités, à savoir :
- les parents ;
- les enfants ;
- les petits-enfants (en cas d’insuffisance des enfants).
Le montant de cette contribution est déterminé en fonction des capacités financières de chacun. En cas de désaccord, le juge des affaires familiales peut être saisi pour fixer la participation.
Avec ASH : une logique différente
Lorsque le résident bénéficie de l’ASH, le département prend en charge une partie des frais d’hébergement, mais il organise en contrepartie la participation des obligés alimentaires.
Dans ce cadre :
- seuls les parents ou enfants (et parfois les gendres/belles-filles) sont sollicités ;
- les petits-enfants ne sont pas mis à contribution ;
- la participation est évaluée selon un barème départemental ou une analyse des ressources.
En cas de contestation, le juge peut également être saisi pour trancher.
LIRE AUSSI : Je ne veux pas payer l’EHPAD de mes beaux-parents, quels sont mes droits ?
Démarches et procédures : mode d’emploi
Demander l’APA
- Obtenir le dossier auprès des services départementaux, CCAS[5] ou en ligne
- Remplir le dossier avec les pièces justificatives
- Attendre la réponse (environ 2 mois)
- Possibilité de demande en urgence avec allocation provisoire
Contester une décision
En cas de désaccord sur le montant de l’APA ou l’obligation alimentaire, des recours sont possibles :
- Pour l’APA : saisir la commission d’attribution
- Pour l’obligation alimentaire : s’adresser au juge des affaires familiales
Optimiser sa situation : conseils pratiques
Utiliser les outils en ligne
Des simulateurs gratuits permettent d’estimer le montant de l’APA en EHPAD. Un guide des aides financières pour seniors est disponible en téléchargement.

Ne rien oublier dans les déclarations
Pour un calcul juste des aides :
- Déclarer tous les biens immobiliers (hors résidence principale)
- Inclure les produits d’assurance vie dans le calcul de l’APA
Anticiper les situations exceptionnelles
L’APA peut être majorée dans certains cas :
- Besoin de répit pour l’aidant
- Hospitalisation de l’aidant
Questions fréquentes
Le conjoint à domicile peut-il être contraint de quitter son logement ?
La résidence principale du conjoint est protégée, notamment dans le cadre de l’ASH. Les dispositifs d’aide visent précisément à éviter que le conjoint à domicile ne se retrouve en situation de précarité.
Toutefois, des situations spécifiques (logement trop coûteux, dettes importantes…) peuvent nécessiter des ajustements.
Que se passe-t-il si le conjoint ne peut plus payer l’EHPAD ?
Si les ressources du couple ne suffisent plus à couvrir les frais d’EHPAD, une demande d’ASH peut être déposée. Le département prend alors en charge une partie des frais. Une participation peut être demandée aux enfants.
Le conjoint à domicile conserve un minimum de ressources garanti. Cette solution permet d’éviter une situation financière trop déséquilibrée.
Peut-on refuser de payer pour un parent en EHPAD ?
Non, sauf exception pour manquement grave du parent. L’obligation alimentaire est une obligation légale.
Il est toutefois possible de contester le montant demandé. Une révision peut être demandée en cas de difficultés financières.
Le juge peut être saisi pour adapter la contribution.
Le conjoint doit-il utiliser son épargne pour payer l’EHPAD ?
Partiellement. Les ressources du couple, y compris certains placements, peuvent être prises en compte par le département lors de l’instruction de l’ASH et, le cas échéant, par le juge en cas de litige.
Dans le cadre de l’ASH, l’épargne est évaluée comme générant un revenu théorique. Le conjoint à domicile conserve un minimum de ressources, et la résidence principale reste protégée.
-
[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] Dépendance
La dépendance de la personne âgée désigne le besoin d’aide pour réaliser les tâches de la vie quotidienne en raison de problèmes physiques ou mentaux.
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[3] GIR
Le GIR (Groupe Iso-Ressources) est un outil qui sert à évaluer le niveau d’autonomie des personnes âgées, en les classant selon leur besoin d’aide pour les activités quotidiennes.
-
[4] Impôt
L’impôt est une somme d’argent que les citoyens et les entreprises paient régulièrement au gouvernement. Cet argent est utilisé pour financer des services publics comme les écoles, les routes, et…
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[5] CCAS
Le CCAS est un organisme local qui aide les habitants en difficulté, notamment les personnes âgées, en leur offrant des services sociaux et des aides financières.
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Mon mari est en hepadh depuis le 12 /02/2024 ,quand j’ai payée l’hepadh je n’ai plus rien pour vivre ,est ce normal d’avoir travaillée et de n’avoir aucune aide sauf de vendre mon appartement
Bonjour
Je vous remercie pour votre commentaire.
Il est compréhensible que cette situation vous pèse, mais il existe des mécanismes de solidarité pour éviter que le conjoint restant au domicile ne se retrouve sans rien. Entre les aides départementales, les règles sur le « reste à vivre » et les spécificités liées au patrimoine immobilier, chaque situation est traitée au cas par cas par l’administration. Il est possible qu’une solution existe pour vous permettre de garder votre logement tout en recevant un soutien financier, car la loi cherche généralement à protéger le conjoint dans ses murs.
Bonne journée.
Amandine
Ma retraite est faible par rapport à celle de mon mari qui paie sa maison de retraite puisque ses enfants veulent le placer
Bonjour
Je vous remercie pour votre commentaire.
Il est possible d’explorer des solutions avec un conseiller ou un service social pour mieux gérer la situation financière et les décisions familiales.
Bonne journée.
Amandine