La pension de réversion, versée aux conjoints survivants, est un dispositif essentiel susceptible de La pension de réversion est une prestation versée au conjoint survivant après le décès d’un assuré. Elle correspond à une part de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir la personne décédée.
Conditions d’attribution, calcul du montant, démarches à effectuer : connaître les règles de la pension de réversion permet d’estimer ses ressources après un décès. En 2026, son montant a été revalorisé et la demande légèrement simplifiée. Ce revenu peut également contribuer à financer les frais liés à la perte d’autonomie, notamment en établissement.
Qu’est-ce qu’une pension de réversion ?
La pension de réversion est une prestation destinée aux conjoints survivants ou aux ex-conjoints à la suite du décès de leur partenaire. Elle correspond à une proportion de la retraite que percevait ou aurait pu percevoir le défunt, à laquelle s’ajoutent d’éventuelles majorations.
Dans certains cas, les enfants ayant perdu leurs parents peuvent également bénéficier d’une prestation similaire, appelée pension d’orphelin.
La pension de réversion a pour objectif de compenser partiellement la perte de revenu du conjoint ou de l’enfant survivant.
Quelles sont les conditions pour toucher une pension de réversion ?
Les conditions pour bénéficier d’une pension de réversion varient selon le régime de retraite auquel le défunt était affilié. Les critères principaux sont les suivants :
- statut matrimonial,
- âge minimum du bénéficiaire,
- durée de mariage,
- ressources du conjoint survivant.
Qui a droit à une pension de réversion ?
Seuls les conjoints qui ont été mariés à la personne décédée peuvent prétendre à la pension de réversion. Les partenaires de PACS et les concubins ne sont pas éligibles.
Les conjoints divorcés peuvent également bénéficier de cette prestation, partagée au prorata de la durée des mariages respectifs si le défunt s’était remarié.
Toutefois, dans certains régimes de retraite, la pension de réversion cesse en cas de remariage du conjoint survivant.
Conditions de la pension de réversion pour les régimes de base
Les conditions d’éligibilité à la pension de réversion pour les régimes de base diffèrent entre le secteur privé et le secteur public. En outre, dans le privé, le régime des avocats (CNBF) fait exception.
Régime | Âge minimum | Durée minimale du mariage | Plafond de ressources annuelles brutes (2026) | Remariage possible |
|---|---|---|---|---|
Régimes de base du privé | ||||
| 55 ans | Aucune obligation |
| OUI |
CNBF (avocats) | Aucune obligation | 5 ans Sauf si le couple a eu au moins un enfant | Aucun | NON |
Régimes de base du public | ||||
| Aucune obligation | 4 ans ou mariage célébré au moins 2 ans avant départ à la retraite du défunt Sauf si enfant(s) ou s’il percevait une pension d’invalidité | Aucun | NON |
Conditions de la pension de réversion pour les régimes de retraite complémentaire
Les conditions d’éligibilité à la pension de réversion varient selon le régime de retraite complémentaire de la personne décédée.
Régime et description | Âge minimum | Durée minimale de mariage |
|---|---|---|
AGIRC-ARRCO Salariés du privé, cadres et non cadres | 55 ans | Aucune obligation |
MSA Agriculteurs | 55 ans (sauf en cas d’invalidité ou avec 2 enfants à charge lors du décès de l’assuré) | 2 ans Sauf si enfant(s) |
RCI Artisans, commerçants, entrepreneurs | 55 ans | Aucune obligation |
RAFP Fonction publique | Pas de conditions | Aucune obligation |
ICANTEC Agents non titulaires de l’État | 50 ans (sauf dans certains cas liés aux enfants) | 4 ans ou 2 ans si décédé avant 55 ans ou la retraite Sauf si enfant(s) |
CARDSF Chirurgiens-dentistes, sages-femmes | 65 ans (60 ans en cas d’invalidité) | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CARMF Médecins | 60 ans | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CARPIMKO Auxiliaires médicaux : infirmiers, kinésithérapeutes… | 65 ans (60 ans en cas d’invalidité) | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CARPV Vétérinaires | 60 ans | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CAVAMAC Agents généraux d’assurance | 65 ans | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CAVEC Experts-comptables, commissaires aux comptes | 60 ans | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CIPAV 19 professions libérales : architectes, psychologues, géomètres experts… | Âge légal de la retraite (62 ans pour conjoints nés à partir de 1955) | 2 ans Sauf si enfant(s) |
CAVOM Officiers ministériels : huissiers, greffiers, mandataires judiciaires | 60 ans | Aucune obligation |
CAVP Pharmaciens | 60 ans | Aucune obligation |
CNBF Avocats | 50 ans Sans condition, si enfants < 21 ans | 5 ans Sauf si enfant(s) |
CPRN Notaires | 52 ans | 5 ans (2 ans si le défunt n’était pas retraité) Sauf si enfant(s) |
Remarques :
- Dans le régime complémentaire des indépendants (RCI), la pension de réversion est soumise à une condition de ressources. À compter du 1er janvier 2026, le plafond opposable est fixé à deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 96 120 € par an (8 010 € par mois).
- Seules la RCI et la CAVP permettent de continuer à recevoir la pension de réversion après les remariages.
À quel montant prétendre ? Calcul de la pension de réversion 2026
La pension de réversion correspond à un pourcentage de la pension de retraite que percevait ou aurait perçue la personne décédée. Celui-ci varie selon le régime de retraite auquel le défunt était affilié : de 54 à 60 %.
Les taux de réversion peuvent également être majorés sous certaines conditions, notamment en fonction du nombre d’enfants élevés ou en cas de cotisations supplémentaires.
Régime et description | Taux | Majorations possibles |
|---|---|---|
Régimes de base | ||
Secteur privé Salariés, artisans et commerçants (Assurance retraite) Professions agricoles (MSA) Professions libérales (CNAVPL) Agents généraux d’assurance (CAVAMAC) | 54 % |
|
CNBF Avocats | 50 % | |
ENIM Marins | 54 % |
|
Fonction publique Fonctionnaires civils et militaires (SRE, CNRACL) Ouvriers des établissements industriels de l’État (FSOEIE) | 50 % |
|
Régimes complémentaires | ||
AGIRC-ARRCO Secteur privé | 60 % | 100 % des majorations pour enfants nés ou élevés |
RAFP Fonctionnaires | 50 % |
|
Ircantec Agents non titulaires | 50 % | |
CIPAV, CAVOM, CARPV Professions libérales diverses |
| |
CAVEC Experts-comptables, commissaires aux comptes |
| |
CAVAMAC Agents généraux d’assurance | 60 % |
|
CARMF Médecins | 60 % | 10 % pour au moins 3 enfants |
Professionnels de santé Pharmaciens (CAVP) Infirmiers, kinésithérapeutes, podologues (CARPIMKO) Chirurgiens-dentistes, sages-femmes (CARCDSF) | 60 % | |
Pension de réversion et divorce
Si le défunt a été marié plusieurs fois, les droits à la pension de réversion sont partagés entre le conjoint survivant et les ex-conjoints divorcés. Le calcul est fait au prorata de la durée de chaque mariage avec l’assuré décédé.
Dans certains régimes de retraite, les ex-conjoints remariés peuvent perdre ce droit. C’est le cas notamment dans la fonction publique, mais pas pour la retraite de base du régime général. En revanche, le remariage entraîne la perte de la pension de réversion complémentaire de l’Agirc-Arrco.
Bon à savoir : le partage s’effectue uniquement entre les personnes qui ont été mariées avec l’assuré. Les partenaires de PACS et les concubins ne peuvent pas bénéficier de la pension de réversion. Pour en savoir plus consulter l’article : Divorce et pension de réversion.
Minimum et maximum de la pension de réversion du secteur privé
Le montant minimum de la pension de réversion du régime de base dans le secteur privé dépend de la durée de cotisation du défunt.
- Au moins 15 ans (60 trimestres) de cotisations à l’assurance retraite du régime général : 4 019,13 € par an (soit 334,92 € par mois), en 2026.
- Avec moins de 15 ans de cotisations, ce montant minimum est réduit au prorata de la durée d’assurance.
La pension de réversion du régime de base dans le secteur privé ne peut excéder 12 976,20 € par an (soit 1 081,35 € par mois).
Réduction de la pension de réversion pour dépassement du plafond de ressources (secteur privé)
Si les ressources totales du conjoint survivant, pension de réversion incluse (hors bonification pour enfants), excèdent le plafond, cette dernière est réduite du montant du dépassement.
Les plafonds de ressources à ne pas dépasser pour la pension de réversion du régime de base sont les suivants :
- 25 001,60 € par an, si le bénéficiaire vit seul,
- 40 002,56 € par an, s’il vit en couple.

Comment demander la pension de réversion de son mari décédé ?
La demande de pension de réversion peut être effectuée en ligne ou par courrier à adresser aux services de la caisse de retraite à laquelle le défunt était affilié.
Bon à savoir : le service en ligne permet une demande unique pour l’ensemble des régimes de retraite auquel le défunt était affilié.
Documents à joindre à la demande de pension de réversion
- Photocopie d’un justificatif d’état civil,
- Relevé d’identité bancaire (RIB),
- Photocopie des deux derniers avis d’impôt sur le revenu (du demandeur et de son concubin ou partenaire pacsé, le cas échéant),
- Photocopie de l’acte de naissance du défunt avec les mentions marginales.
Justificatifs supplémentaires selon la situation
- Nationalité étrangère : titre de séjour en cours de validité,
- État civil (veuf, divorcé, séparé, remarié, pacsé) : livret de famille ou jugement de séparation,
- Enfants : livret de famille ou extrait d’acte de naissance,
- Enfants à charge : certificat de scolarité ou médical.
Formulaire de demande de pension de réversion : nouveauté 2026
Depuis mars 2026, l’Assurance retraite envoie un formulaire de demande de pension de réversion prérempli, après le décès d’un affilié relevant du régime général.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du dispositif de ressources mensuelles (DMR), simplifiant l’obtention et la gestion des prestations sociales. Lancé en mars 2025 pour le RSA et la prime d’activité, ce dispositif de solidarité à la source est alimenté par les déclarations des organismes de protection sociale et des employeurs.
Depuis janvier 2026, les demandes d’ASPA en ligne sont déjà préremplies grâce au DMR. Désormais, la procédure concerne aussi la pension de réversion. De quoi faciliter les démarches et éviter le non-recours encore trop fréquent.
Attention : même si le formulaire est prérempli, il est nécessaire de le vérifier attentivement (pour éviter les trop-perçus à rembourser…) et de le compléter, le cas échéant. Ensuite, vous devez le renvoyer pour demander la pension de réversion. Elle ne sera pas versée automatiquement, si vous ne faites rien.

Nouvelle loi pension de réversion : y a-t-il une réforme en 2026 ?
Une nouvelle loi sur la pension de réversion était attendue par beaucoup en 2026. Des pistes de réforme ont en effet été étudiées ces dernières années, notamment par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Parmi les scénarios régulièrement évoqués :
- harmonisation des règles entre les différents régimes de retraite, lesquelles sont aujourd’hui très variables ;
- révision des conditions d’âge ou de ressources ;
- extension du dispositif à d’autres formes d’union, comme le PACS.
Cependant, ces recommandations relèvent encore de travaux d’analyse ou de propositions de loi. Aucune réforme structurelle n’a été adoptée à ce jour.
Peut-on utiliser la pension de réversion pour financer le placement en EHPAD ?
Lorsqu’un conjoint survivant doit envisager un placement en EHPAD, la pension de réversion peut être utilisée pour financer les frais d’accueil dans la structure.
Les coûts des EHPAD varient, mais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par mois. Bien que la pension de réversion soit souvent insuffisante à elle seule pour couvrir tous les frais, elle constitue une ressource significative.
Complémentarité avec les aides financières
En plus de la pension de réversion, le résident peut bénéficier de diverses aides financières aux personnes âgées, telles que les allocations logement.
Attention : la pension de réversion est généralement prise en compte dans le calcul des ressources pour déterminer l’éligibilité à la plupart de ces aides.
Elle est aussi prise en compte dans le calcul des ressources pour fixer la participation en cas d’éligibilité à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
Exemple de calcul de la pension de réversion
Mme Dupont, âgée de 80 ans et en perte d’autonomie, ne peut rester seule à son domicile après le décès de son mari. Elle envisage un placement en EHPAD et souhaite connaître son budget.
Mme Dupont a des ressources personnelles de 2 000 € par mois. Son mari était affilié à la Carsat (Assurance retraite) et au régime complémentaire AGIRC-ARRCO. Le couple n’a pas eu d’enfants.
Calcul de la pension de réversion Carsat
- Pension de réversion : 54 % de la retraite de base de son mari.
- Retraite de base de son mari : 1 300 € par mois.
- Pension de réversion : 1 300 € x 54 % = 702 € par mois.
Majoration de la pension de réversion pour âge à taux plein
Mme Dupont a atteint l’âge de la retraite à taux plein (80 ans) :
- Condition de ressources : 702 € + 2 000 € = 2 702 € par mois, ce qui dépasse le plafond de 1 006,69 € par mois. Donc, pas de majoration de 11,1 %.
- Total pour la retraite de base : 702 € par mois.
Pension de réversion AGIRC-ARRCO
- Pension de réversion : 60 % de la retraite complémentaire de son mari.
- Retraite complémentaire de son mari : 900 € par mois.
- Pension de réversion : 900 € x 60 % = 540 € par mois.
- Total pour la retraite complémentaire : 540 € par mois.
Total des pensions de réversion
- Pension de réversion totale : 702 € (Assurance retraite) + 540 € (AGIRC-ARRCO) = 1 242 € par mois.
Ressources totales de Mme Dupont
- Total des ressources mensuelles : 1 242 € (pensions de réversion) + 2 000 € (ressources personnelles) = 3 242 € par mois.
La pension de réversion, cumulée avec les ressources personnelles de Mme Dupont, permet de couvrir une partie importante des frais de son placement en EHPAD. Bien que le total de ses ressources dépasse les plafonds pour certaines majorations, cette combinaison de revenus offre un soutien financier significatif.
En outre, Mme Dupont pourra bénéficier de l’APA en établissement, en raison de sa perte d’autonomie. Son GIR sera évalué par le médecin coordonnateur de la maison de retraite et le montant calculé en fonction de ses ressources et du tarif dépendance pratiqué par l’établissement.
Questions fréquentes
La pension de réversion est-elle à vie ?
La pension de réversion est généralement versée à vie. Toutefois, elle peut être suspendue ou annulée dans certaines situations, telles que le remariage du bénéficiaire ou la mise en couple (PACS ou concubinage).
Certaines conditions de ressources peuvent également affecter l’éligibilité et le montant de la pension.
Quel délai pour demander la pension de réversion ?
Il n’existe pas de délai pour demander la pension de réversion après le décès du conjoint ou de l’ex-conjoint. Néanmoins, le paiement n’est rétroactif que 12 mois avant le dépôt du dossier. Il est donc préférable d’agir dans la première année suivant la disparition de l’assuré.
Quel est le délai pour toucher une pension de réversion ?
Le délai pour toucher une pension de réversion varie selon le régime de retraite. Après avoir déposé une demande complète, il faut compter environ 2 à 4 mois pour recevoir une réponse. Pour les régimes du secteur privé, si vous n’avez pas de réponse après 4 mois, cela signifie que votre demande est refusée.
Le traitement peut être plus rapide si le dossier est complet, mais des retards peuvent survenir si des documents supplémentaires sont nécessaires. Il est donc conseillé de déposer la demande dès que possible après le décès du conjoint. D’ailleurs, dans certains régimes, le caractère rétroactif du versement est limité dans le temps.
Peut-on toucher une pension de réversion sans avoir été marié ?
Non. La pension de réversion est ouverte uniquement aux personnes qui ont été mariées avec le défunt. Pour l’instant, les partenaires de Pacs et les concubins sont exclus du dispositif.
La pension de réversion est-elle imposable ?
Oui. La pension de réversion est soumise à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des pensions de retraite. Elle bénéficie donc du même abattement fiscal de 10 % applicable aux pensions de retraite.
Sources
CNAV. Circulaire 2026-01. Plafond de la Sécurité sociale – Montant au 1er janvier 2026 – Incidences en matière d’assurance vieillesse)
CNAV. Circulaire 2025-29.Revalorisation à compter du 1er janvier 2026
Code de la Sécurité sociale : articles L353-1 à L353-6, R353-1 à 353-14, R354-1, D353-1 à D353-4
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Réagissez, posez une question…
bsr je veux déposer un dossier de reversion retraite de mon mari décédé et j’ai pas v’email pour vous l’envoyer
Bonjour
Je vous remercie pour votre commentaire.
Pour déposer votre dossier de réversion, il est indispensable de contacter directement votre caisse de retraite ou de vous rendre sur le portail officiel de l’Assurance Retraite pour effectuer la démarche.
Bonne fin de journée.
Amandine