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    Après 50 ans, les fractures de fragilité sont fréquentes. Beaucoup surviennent chez des personnes présentant une ostéopénie, et non une ostéoporose. Favorisée notamment par le vieillissement, cette diminution de la densité minérale osseuse peut être prise en charge pour préserver la solidité des os.

    Qu’est-ce que l’ostéopénie et quelle est la différence avec l’ostéoporose ?

    L’ostéopénie se caractérise par une densité minérale osseuse (DMO) inférieure à la normale, sans atteindre le seuil de l’ostéoporose. Autrement dit, les os sont moins riches en minéraux et donc plus fragiles. 

    L’ostéopénie n’est pas une maladie en soi, mais elle signale un plus grand risque de fracture, même après un choc léger ou une chute de sa propre hauteur. On parle alors de « fracture de fragilité ».

    Le risque est généralement moins élevé qu’en cas d’ostéoporose, mais l’ostéopénie peut évoluer vers cette maladie.

    Il est parfois possible de ralentir ou de stopper la déminéralisation osseuse, voire d’améliorer la densité des os. La prise en charge inclut notamment des changements du mode de vie et, dans certains cas, un traitement médicamenteux adapté.

    Illustration de la densité osseuse en cas d'ostéopénie

    Bon à savoir

    Près d’une fracture de fragilité sur deux survient chez une personne présentant une ostéopénie. Selon l’étude canadienne CaMos, c’est le cas de 51 % des fractures chez les femmes et 54 % chez les hommes. L’étude française OFELY arrive à un résultat similaire, avec 48 % des fractures observées chez des femmes ménopausées. Une diminution modérée de la densité osseuse ne doit donc pas être négligée.

    Quels sont les symptômes de l’ostéopénie ? 

    L’ostéopénie n’entraîne aucun symptôme et ne provoque aucune douleur. Elle est parfois découverte après une fracture survenant sans traumatisme violent, par exemple, une fracture du poignet après une chute de sa propre hauteur. 

    Les fractures de fragilité peuvent également toucher les vertèbres ou la hanche (col du fémur).

    Quelles sont les causes de l’ostéopénie ? 

    L’ostéopénie résulte d’un déséquilibre entre la résorption osseuse (destruction naturelle de l’os ancien) et la formation de nouvel os. 

    Plusieurs facteurs peuvent favoriser ce phénomène, dont le vieillissement. En effet, la densité minérale osseuse diminue avec l’âge. 

    • Chez les femmes, elle a tendance à baisser après la ménopause. En effet, l’hormone œstrogène, qui décline alors, a un effet protecteur pour les os. Par ailleurs, une ménopause précoce augmente le risque de perte osseuse. 
    • Chez les hommes, un faible taux de testostérone peut aussi constituer un facteur de risque.
    Les principaux facteurs de risque de l’ostéopénie
    Antécédents et mode de vie
    Santé
    Médicaments et traitements
    • Fracture antérieure (après un choc léger ou une chute)
    • Antécédents familiaux d’ostéoporose (parent, frère ou sœur)
    • Perte de taille (3 cm ou plus)
    • Tabagisme ou consommation excessive d’alcool
    • Apports insuffisants en calcium ou en vitamine D
    • Manque d’exercice physique
    • Vieillissement
    • Maladie cœliaque
    • Diabète
    • Polyarthrite rhumatoïde
    • Ménopause précoce ou faible taux de testostérone
    • Maladie rénale ou hépatique chronique
    • Hyperactivité de la thyroïde ou des glandes parathyroïdes
    • Certains traitements du cancer du sein 
    • Certains traitements du cancer de la prostate
    • Corticothérapie (corticoïdes) de plus de trois mois
    • Traitements antiépileptiques

    Comment diagnostique-t-on l’ostéopénie ?

    Pour poser un diagnostic, le médecin peut prescrire une ostéodensitométrie, en cas de fracture survenue sans traumatisme violent ou en présence de facteurs de risque. 

    Cet examen non invasif permet de mesurer la densité minérale osseuse et ainsi de détecter une ostéopénie ou une ostéoporose.

    Quand l’ostéodensitométrie est-elle indiquée et remboursée ?

    L’ostéodensitométrie est prise en charge à 70 % du tarif fixé par l’Assurance maladie dans plusieurs cas. 

    1. Pour un premier examen, chez les hommes et les femmes de tout âge

    L’examen est indiqué en cas de :

    • fracture de fragilité, c’est-à-dire survenue sans traumatisme violent ;
    • maladie ou traitement favorisant l’ostéoporose, notamment une hyperthyroïdie non traitée ou une corticothérapie prolongée.

    2. Pour un premier examen, chez les femmes ménopausées

    En plus des indications précédentes, l’ostéodensitométrie peut être prescrite en présence d’au moins un des facteurs de risque suivants :

    • antécédent de fracture du col du fémur sans choc violent chez le père ou la mère ;
    • IMC inférieur à 19 ;
    • ménopause avant 40 ans ;
    • antécédent de corticothérapie de plus de 3 mois consécutifs.

    3. Pour un deuxième examen chez les femmes ménopausées

    L’examen peut être proposé dans plusieurs cas : 

    • à l’arrêt d’un traitement contre l’ostéoporose (sauf en cas d’interruption précoce due à un effet indésirable) ;
    • en l’absence de fractures et de traitement, trois à cinq ans après un premier examen ayant révélé une densité osseuse normale ou une ostéopénie, selon l’évolution des facteurs de risque.

    En pratique : l’ostéodensitométrie est un examen indolore qui dure moins de 15 minutes. La personne est allongée sur une table de radiologie. Un appareil utilisant de faibles doses de rayons X mesure alors la densité osseuse, au niveau de la colonne vertébrale et de la hanche. Aucune injection n’est nécessaire.

    À partir de quel T-score parle-t-on d’ostéopénie ou d’ostéoporose ?

    Le résultat de l’ostéodensitométrie est exprimé sous la forme d’un T-score. Celui-ci permet de comparer la densité minérale osseuse d’une personne à celle d’un adulte jeune en bonne santé.

    Ostéopénie et ostéoporose : les seuils du T-score selon l’OMS
    Santé osseuse
    T-score
    Densité osseuse normale
    T-score ≥ −1
    Ostéopénie
    −2,5 < T-score < −1
    Ostéoporose
    T-score ≤ −2,5
    Ostéoporose sévère ou confirmée
    T-score ≤ −2,5 et présence d’une ou plusieurs fractures de fragilité
    À noter : ces seuils s’appliquent aux femmes ménopausées et aux hommes de 50 ans et plus.

    Selon la situation, des analyses sanguines peuvent également être prescrites pour rechercher une carence ou une maladie favorisant la perte osseuse.

    À quoi sert le score FRAX en cas d’ostéopénie ?

    Le score FRAX est un outil permettant d’estimer le risque de fracture ostéoporotique au cours des dix prochaines années. Les zones concernées sont la hanche, les vertèbres, l’épaule (humérus) et l’avant-bras (poignet). 

    Il comprend 12 variables, dont plusieurs des facteurs de risque déjà évoqués, ainsi que certaines maladies chroniques associées.

    Chez la personne présentant une ostéopénie, cette évaluation aide le médecin à adapter la prise en charge pour prévenir les fractures et leurs conséquences sur l’autonomie.

    Le score FRAX ne prend toutefois pas directement en compte les antécédents de chute. Le médecin évalue également ce risque, particulièrement chez les personnes âgées. Il tient notamment compte des troubles de l’équilibre et des difficultés à marcher. 

    Quel est le traitement de l’ostéopénie ? 

    Le traitement de l’ostéopénie consiste surtout à adopter plusieurs bonnes habitudes pour protéger ses os.

    Opter pour une alimentation saine et équilibrée 

    À tout âge, et plus particulièrement en vieillissant, il est important de manger suffisamment et de diversifier les aliments. Le but : fournir à l’organisme les vitamines et minéraux nécessaires pour préserver la santé des os. 

    Il est recommandé de consommer des aliments riches en calcium, notamment : produits laitiers, fruits de mer, saumon et sardines en conserve (avec les arêtes) et amandes. 

    Le GRIO (Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses) recommande 1 200 mg de calcium par jour après 50 ans.

    Les protéines jouent également un rôle important dans le maintien de la masse musculaire et de la santé osseuse. 

    En cas de doute sur les apports en calcium ou en vitamine D, il est conseillé de consulter son médecin pour déterminer si une supplémentation est nécessaire.

    Conseil : un diététicien peut aussi aider à composer un menu adapté. Ce professionnel tient compte des besoins et des préférences du patient, mais aussi des contre-indications médicales éventuelles.

    Veiller à un apport suffisant en vitamine D 

    L’exposition au soleil permet à l’organisme de produire de la vitamine D. La durée d’exposition nécessaire varie selon la saison et le lieu de résidence. Il est important de se protéger des UV et d’éviter les coups de soleil.

    Plusieurs aliments en apportent également, par exemple, les poissons gras (saumon, sardines, maquereau, hareng), le jaune d’œuf et les produits laitiers enrichis.

    Senior pratiquant une activité physique à domicile pour entretenir sa densité osseuse

    Pratiquer régulièrement une activité physique

    Les activités avec mise en charge contribuent à préserver la santé osseuse : marche rapide, jogging, corde à sauter, danse, aérobic ou certains sports collectifs. Elles doivent être adaptées à la condition physique de chacun et à son risque de fracture.  

    Les exercices de renforcement musculaire, notamment avec des poids, ainsi que les exercices d’équilibre sont également importants. 

    Un traitement médicamenteux est-il nécessaire en cas d’ostéopénie ?

    L’ostéopénie ne nécessite généralement pas de médicaments. Toutefois, un traitement contre l’ostéoporose peut être prescrit lorsque le risque de fracture est élevé. 

    Le médecin tient compte de la densité osseuse, des antécédents et des autres facteurs de risque pour prendre sa décision. 

    Les bisphosphonates, qui contribuent à limiter la perte osseuse et à prévenir les fractures, font partie des principaux médicaments utilisés.

    Bon à savoir : chez certaines femmes ménopausées, le traitement hormonal de la ménopause (THM) peut également contribuer à limiter la perte osseuse. Sa prescription dépend notamment du risque de fracture et des éventuelles contre-indications.

    Peut-on prévenir l’ostéopénie ? 

    Il n’est pas toujours possible de prévenir l’ostéopénie, car la densité osseuse diminue naturellement avec l’âge. 

    Une bonne hygiène de vie contribue néanmoins à préserver la solidité des os et de ralentir la déminéralisation. Les recommandations sont les mêmes que pour le traitement : apports suffisants en calcium et en vitamine D, activité physique régulière, etc.

    Chez les seniors, la prévention des fractures va de pair avec la réduction du risque de chute. Il est conseillé de sécuriser le logement, en dégageant les passages, en améliorant l’éclairage et en évitant les tapis glissants. Un suivi des troubles de la vue et de l’équilibre est également important. Il faut aussi veiller à prévenir la dénutrition, qui peut compromettre les apports nécessaires à la santé osseuse.

    Questions fréquentes

    Que signifie une ostéopénie lombaire et fémorale ?

    Cette expression signifie que la densité osseuse est diminuée à deux endroits : les vertèbres lombaires (bas du dos) et la partie supérieure du fémur (hanche). Il ne s’agit pas d’une forme particulière d’ostéopénie, mais d’une précision sur les zones concernées.

    Qu’est-ce que l’ostéopénie corticale ?

    L’ostéopénie corticale correspond à une diminution de la masse osseuse touchant surtout la couche externe et compacte des os. Cette altération peut contribuer à fragiliser le squelette. Contrairement à l’ostéopénie lombaire ou fémorale, elle ne désigne pas une partie précise du corps, mais le tissu osseux concerné.

    Que faire en cas d’ostéopénie ?

    Pour préserver votre capital osseux, restez aussi actif que possible et consommez suffisamment de calcium et de vitamine D. En outre, limitez votre consommation d’alcool et cessez de fumer, autant que possible. Ces mesures peuvent contribuer à ralentir la perte osseuse et à limiter le risque d’évolution vers l’ostéoporose.

    Peut-on faire de la marche avec une ostéopénie ?

    Oui, la marche est même recommandée en cas d’ostéopénie. Cette activité physique contribue à préserver la solidité des os et à ralentir la perte osseuse. Néanmoins, en cas de troubles de l’équilibre, de chutes répétées ou d’antécédents de fracture, il est préférable de demander conseil à un médecin. Celui-ci pourra recommander des précautions ou une activité plus adaptée.

    Sources

    ANSES. (2019). Actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les femmes dès la ménopause et les hommes de plus de 65 ans. Avis officiel.

    Assurance maladie. (2024). Ostéoporose. En ligne : consulté sur Ameli le 25.10.2026.

    GRIO. (2024). Les apports alimentaires en calcium. Fiches du GRIO. En ligne : consulté le 25.10.2026.

    GRIO. (2024). Qui traiter ? Fiches du GRIO. En ligne : consulté le 25.10.2026.

    Langsetmo, L. (…) et le groupe de recherche CaMos. (2009). Repeat low-trauma fractures occur frequently among men and women who have osteopenic BMD. Journal of Bone and Mineral Research, 24(9), 1515–1522. 

    Sornay-Rendu, E. et coll. (2005). Identification of osteopenic women at high risk of fracture: The OFELY study. Journal of Bone and Mineral Research, 20(10), 1813–1819.

    Varacallo, M. A. et coll. (2025). Osteopenia. StatPearls Publishing. NCBI Bookshelf.

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    Avatar auteur, Yaël Ankri
    Yaël Ankri,Rédactrice chez Cap Retraite et ancienne auxiliaire de vie. Elle conçoit des contenus bienveillants dédiés à la santé et au quotidien des seniors.

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