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    La sarcopénie, une fonte musculaire excessive liée au vieillissement ou à d’autres problèmes de santé, est un trouble fréquent pouvant entraîner la perte d’autonomie. Ce phénomène peut cependant être prévenu et soigné en adoptant un mode de vie sain, fondé sur une pratique physique régulière et une bonne alimentation. Découvrez comment lutter contre cette condition qui touche trop souvent les personnes âgées.     

    Qu’est-ce que la sarcopénie ? Définition

    La sarcopénie est un trouble musculo-squelettique progressif et généralisé, se développant avec l’âge et affectant la qualité de vie. 

    Le mot sarcopénie est dérivé des termes grecs « sarx » (chair) et « penia » (manque). On parle aussi parfois de dystrophie musculaire.

    Sarcopénie : définition du Groupe de travail européen sur la sarcopénie chez les personnes âgées 

    Initialement caractérisée par une perte de masse musculaire, la définition de la sarcopénie s’est affinée pour mettre l’accent sur la perte de fonction musculaire (force ou performance). 

    Autrement dit, la sarcopénie se caractérise à la fois par une baisse de la masse et de la force musculaires, ET par une diminution des performances physiques

    Cette condition a un impact important sur la santé. Les patients peuvent rencontrer des difficultés dans des activités quotidiennes essentielles, telles que se lever d’une chaise, marcher, ouvrir un bocal ou porter des courses. 

    Avec le temps, cette perte de force peut augmenter le risque de chutes et d’autres blessures, affectant ainsi la mobilité. Elle conduit aussi souvent à une augmentation de la morbidité (c’est-à-dire des maladies) et de la mortalité.

    En outre, l’atrophie musculaire s’accompagne de l’accumulation de graisse dans les muscles, ce qui contribue à diminuer la force musculaire.

    Schéma de la fonte musculaire entraînant la sarcopénie

    Un processus de dégradation physiologique lié au vieillissement 

    Jusqu’à l’âge de 30 ans, les muscles grandissent et se renforcent. Mais, après cet âge, la masse et la fonction musculaires décroissent progressivement.

    Les personnes inactives peuvent perdre entre 3 et 8 % de leur masse musculaire par décennie, à partir de la trentaine. Du reste, même les individus actifs subissent une fonte musculaire, dans une moindre mesure. À partir de 60 ans, la masse musculaire baisse même de 1 % par an. 

    On parle de sarcopénie lorsque cette dégradation atteint un seuil critique, c’est-à-dire lorsqu’elle porte atteinte aux fonctions physiques. 

    Ce processus s’accélère vers la soixantaine. Il est plus particulièrement présent chez les octogénaires : 

    • environ 15 à 20 % des personnes âgées de 60 à 70 ans sont touchées,
    • plus de 40 % des seniors de 80 ans et plus sont concernés.  
    Infographie sur la sarcopénie, sa définition, les symptômes et le traitement

    Quels sont les symptômes de la sarcopénie ?

    Les principaux symptômes de la sarcopénie sont une faiblesse musculaire et un manque d’endurance. 

    Au fil de l’évolution de la sarcopénie, divers symptômes se manifestent :

    • fonction motrice altérée,
    • difficultés à marcher,
    • vitesse de marche plus lente,
    • difficultés à soulever et à porter des objets lourds,
    • difficultés à monter des escaliers,
    • équilibre compromis,
    • augmentation des chutes.

    Quels sont les stades de la sarcopénie ? 

    La sarcopénie se développe au fil des ans et risque, en l’absence de traitement adapté, d’entraîner une véritable perte d’autonomie. Le groupe de travail européen (EWGSOP) définit trois stades d’évolution : 

    • 1er stade – la présarcopénie : elle se caractérise par une faible masse musculaire, sans effet sur la force musculaire ou la performance physique. 
    • 2e stade – la sarcopénie : elle fait référence à une diminution de la masse musculaire, associée à une baisse de la force musculaire ou de la performance physique. 
    • 3e stade – la sarcopénie sévère : elle correspond à une baisse des trois éléments (faible masse et force musculaires, performance physique diminuée). 
    Les trois stades de la sarcopénie selon l’EWGSOP
    Stade
    Masse musculaire
    Force musculaire
    Performance
    Présarcopénie
    Sarcopénie 
    Ou ↓
    Sarcopénie sévère

    Quelles sont les causes de la sarcopénie ? 

    La sarcopénie touche majoritairement les personnes âgées, qui connaissent naturellement une perte de masse musculaire. Mais comme la démence et l’ostéoporose, elle peut se développer chez des adultes jeunes. 

    Chez certaines personnes, on peut mettre le doigt sur une cause principale, chez d’autres, il est plus difficile de savoir ce qui a entraîné cette condition. 

    • On parle de sarcopénie primaire ou dystrophie musculaire liée à l’âge, lorsque le vieillissement est la seule cause visible.
    • S’il y existe une ou plusieurs causes évidentes, il s’agit d’une sarcopénie secondaire. Chez les personnes âgées, un ensemble de facteurs sont généralement responsables de ce trouble.
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    Quel mécanisme entraîne une sarcopénie avec l’âge ?

    Plusieurs mécanismes favorisent la survenue d’une sarcopénie au cours du vieillissement, notamment :

    • Résistance à l’insuline : le vieillissement s’accompagne de changements de la composition corporelle (accumulation accrue de graisse et diminution de la masse musculaire). Ces derniers peuvent entraîner une résistance à l’insuline et d’autres dysfonctionnements métaboliques.
    • Diminution des niveaux hormonaux : on observe généralement une baisse des taux de diverses hormones anaboliques, telles que le facteur de croissance analogue à l’insuline (IGF-1), l’hormone de croissance humaine et la testostérone. Ces hormones jouent un rôle important dans le développement et le maintien des tissus musculaires. Leur carence a un effet négatif sur la synthèse protéique musculaire.
    • Marqueurs inflammatoires : une augmentation de certains marqueurs inflammatoires, liée au vieillissement, peut entraîner une sarcopénie en raison de leur effet délétère sur les muscles squelettiques.
    • Neurodégénérescence : le vieillissement entraîne une baisse des fibres nerveuses périphériques, des neurones moteurs de la moelle épinière et du nombre de jonctions neuromusculaires. Ces modifications du système neurologique favorisent la fonte musculaire.

    Quels sont les facteurs de risque de la sarcopénie ?

    Les facteurs de risque et causes possibles de la sarcopénie sont les suivants : 

    • Âge : mécanismes liés au vieillissement (évoqués ci-dessus) ;
    • Manque d’activité physique 
      • Alitement ;
      • Sédentarité ;
      • Déconditionnement (manque d’endurance et de force résultant d’une période d’immobilisation) ;
    • Maladies : 
      • Insuffisance d’un ou de plusieurs organes (cœur, poumons, foie, reins et cerveau) ; 
      • Maladie infectieuse ;
      • Tumeur maligne et cancer ;
      • Sida et HIV ;
      • Maladies endocriniennes (touchant notamment la thyroïde, les glandes surrénales, etc.) ;
      • Obésité ;
      • Arthrite rhumatoïde ;
      • Diabète ;
    • Nutrition inadaptée – apport alimentaire insuffisant en énergie ou en protéines, notamment dans les cas suivants : 
      • Malabsorption ;
      • Troubles gastro-intestinaux ;
      • Consommation de certains médicaments.

    Comment diagnostiquer une sarcopénie ? 

    Le diagnostic de la sarcopénie repose sur divers tests cliniques évaluant les fonctions musculaires et la performance physique. 

    Diagnostic préliminaire de la sarcopénie

    Le diagnostic de la sarcopénie commence souvent par l’utilisation de questionnaires de dépistage, tels que le SARC-F

    Ce questionnaire évalue les critères suivants : 

    • Force musculaire (Strength) 
    • Assistance nécessaire pour la marche (Assistance), 
    • Capacité à se lever d’une chaise (Rising), 
    • Monter des escaliers (Climbing), 
    • Antécédents de chutes (Falls). 

    Chaque question a un score de 0 (aucune difficulté) à 2 (beaucoup, avec aide ou incapable). Un score de 4 ou plus sur ce questionnaire suggère la présence probable d’une sarcopénie et nécessite des examens complémentaires.

    Tests de force musculaire

    Pour évaluer la force musculaire, plusieurs examens sont utilisés :

    • Test de préhension manuelle : indicateur de la force musculaire globale.
    • Test de lever de chaise : mesure la force des muscles des jambes. La personne doit se lever et s’asseoir d’une chaise 5 fois en 15 secondes sans utiliser les bras.

    Tests de qualité musculaire 

    Des tests d’imagerie médicale permettent de confirmer le diagnostic, en évaluant la composition corporelle (éléments composant le corps humain). Ils aident à mesurer la qualité et la quantité de muscle. Néanmoins, ils sont peu utilisés en pratique quotidienne :

    • Imagerie par résonance magnétique (IRM) et tomodensitométrie (CT) : ces techniques fournissent des images détaillées permettant d’estimer la masse musculaire ;
    • Ostéodensitométrie ou absorptiométrie biphotonique (DEXA scan) : mesure la densité minérale osseuse et estime la masse musculaire ;
    • Analyse bioélectrique de l’impédance (BIA) : analyse la composition corporelle, notamment la masse musculaire et la masse grasse.

    Tests de performance physique

    Ces tests évaluent la gravité de la sarcopénie en fonction de la capacité à effectuer certaines activités physiques :

    • Test de vitesse de marche : mesure le temps nécessaire pour parcourir une distance de 4 m.
    • Test Timed Up and Go (TUG) : chronomètre le temps nécessaire pour se lever d’une chaise, marcher 3 m, revenir et s’asseoir.
    • Batterie de performance physique courte (test SPPB) : étudie les résultats de trois tests : équilibre, lever de chaise et vitesse de marche.

    Quel est le traitement de la sarcopénie ?

    Un changement de mode de vie est le traitement de choix de la sarcopénie. Les approches curatives et préventives comprennent l’activité physique, une alimentation adaptée et éventuellement des suppléments.

    L’activité physique adaptée – gage de bonne santé

    L’exercice est la pierre angulaire du traitement de la sarcopénie. La pratique est adaptée par un kinésithérapeute en fonction de la force musculaire du patient, de ses capacités d’endurance et des éventuelles douleurs articulaires.

    LIRE AUSSI:  La maladie de Horton : symptômes, diagnostic et traitement

    Les exercices de renforcement musculaire contre résistance (soulèvement de poids, utilisation de bandes de résistance…) sont particulièrement efficaces. Ce type d’exercice stimule la croissance musculaire grâce à la tension appliquée sur les fibres musculaires. Pour les personnes âgées, ils doivent être pratiqués à faible intensité, deux à trois fois par semaine, pendant au moins 12 mois. 

    Ils peuvent être complétés par des activités aérobiques (endurance), telles que la marche, la natation, le jogging ou le vélo. 

    Ces activités, pratiquées régulièrement, peuvent aider à contrôler et même à inverser la perte de muscle associée à la sarcopénie.

    Personnes âgées pratiquant des exercices de force contre résistance : le meilleur traitement de la sarcopénie, avec une bonne alimentation

    Une bonne alimentation pour traiter et prévenir la sarcopénie

    Une alimentation diversifiée et riche en protéines est essentielle pour combattre la sarcopénie

    Il est recommandé de consommer chaque jour entre 1 et 1,2 g de protéines par kilogramme de masse corporelle. Le but : stimuler la synthèse des protéines musculaires et inverser la perte musculaire liée à l’âge. On parle de « régime protéiné pulsé », lorsque 70 à 80 % des protéines sont consommées lors d’un seul repas pour améliorer le gain musculaire. 

    En cas de dénutrition de la personne âgée, celle-ci devra même consommer entre 1,2 et 1,5 g de protéines par kg de son poids et par jour.

    Les sources de protéines peuvent inclure les aliments suivants :

    • Viande, 
    • Poisson, 
    • Œufs, 
    • Produits laitiers,
    • Protéines végétales (céréales, légumineuses et fruits à coques),
    • Protéine en poudre (whey ou isolat – comme utilisent les sportifs).

    Les suppléments alimentaires contre la sarcopénie

    Les suppléments peuvent également aider à lutter contre la dystrophie musculaire :

    • L-citrulline : cet acide aminé non protéique joue un rôle clé dans la synthèse des protéines musculaires. Des études ont montré que la combinaison de L-Citrulline avec un entraînement physique régulier améliore significativement la force et la fonction musculaires chez les seniors sarcopéniques. La consommation quotidienne de 10 g de L-Citrulline peut augmenter la masse musculaire de 5 à 10 % et améliorer les performances physiques. 
    • Vitamine D : elle est importante pour la force musculaire, et une carence peut être liée à une sarcopénie accrue.
    • Oméga-3 : ces acides gras, trouvés dans les poissons et les compléments d’huile de poisson, peuvent favoriser la croissance musculaire et ont des qualités anti-inflammatoires.
    • Créatine : utilisée en complément des exercices contre résistance, la créatine améliore les gains de force et de masse musculaires.
    • Autres vitamines et minéraux : la vitamine C, le sélénium, le calcium et le magnésium peuvent aussi être bénéfiques pour améliorer la fonction musculaire et la santé en général.

    Une approche globale et personnalisée

    Le traitement de la sarcopénie doit être adapté individuellement. Pour ce faire, il est important de consulter un professionnel de santé (gériatre, médecin de médecine physique et de réadaptation, kiné…). 

    Un régime alimentaire équilibré combiné à un plan d’exercices ciblés offre la meilleure stratégie pour lutter contre la sarcopénie. 

    Questions fréquentes 

    Qu’est-ce que l’obésité sarcopénique ?

    L’obésité sarcopénique est une condition caractérisée par la coexistence de l’obésité et de la sarcopénie. Autrement dit, le patient présente une accumulation excessive de graisse corporelle combinée à une perte significative de masse et de fonction musculaires. 

    Ce phénomène augmente le risque de problèmes de mobilité, de maladies et de mortalité. Le traitement repose sur une approche combinée de gestion du poids et de renforcement musculaire.

    La sarcopénie entraîne-t-elle des douleurs ? 

    La sarcopénie elle-même n’entraîne généralement pas directement de douleurs. 

    Toutefois, la perte de masse et de force musculaires peut conduire à une faiblesse qui augmente le risque de chutes et de blessures. De plus, la réduction de la stabilité et de la mobilité peut entraîner des douleurs articulaires dues à une mauvaise posture ou à un déséquilibre musculaire.

    Sources :
    Ardeljan, A. D. et Hurezeanu, R. (2023). Sarcopenia. Dans StatPearls [Internet]. StatPearls Publishing.

    Cruz-Jentoft, A. J., Baeyens, J. P., Bauer, J. M., Boirie, Y., Cederholm, T., Landi, F., … et Zamboni, M. (2010). Sarcopenia: European consensus on definition and diagnosis: Report of the European Working Group on Sarcopenia in Older People. Age and ageing39(4), 412-423.  

    Ganapathy, A. et Nieves, J. W. (2020). Nutrition and sarcopenia—what do we know? Nutrients12(6), 1755.

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    Avatar auteur, Yaël A.
    Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

    Commentaires (4)

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    1. Martine Aubert

      Bonjour,
      J’ai été traitée par chimiotherapie il y a 3 ans. Depuis, j’ai des difficultés à la marche longue et surtout en côte, moi qui faisait de belles randos. Et j’ai pris 5kgs que je n’arrive pas à perdre malgré une alimentation correcte. Peut-on penser que cette chimio a déclenché une sarcopenie tenace?
      Je ne suis pas loin de le croire car je ne comprends pas cet état nouveau ?
      Merci pour votre réponse.

      Répondre
      1. Amandine

        Bonjour

        Je vous remercie pour votre commentaire.
        Il serait utile de consulter un médecin spécialisé en réadaptation ou un nutritionniste pour évaluer votre situation et proposer un plan adapté.
        Bonne journée.
        Amandine

        Répondre
    2. Christine Clausse

      Pourriez-vous développer interactions entre médicaments et sarcopénie

      Répondre
      1. Amandine

        Bonjour Madame,

        Je vous remercie pour votre commentaire.

        Certainement. La sarcopénie peut être influencée par divers médicaments, mais les interactions sont complexes et dépendent du contexte médical individuel. Pour obtenir des conseils précis sur les interactions médicamenteuses et la sarcopénie, il est crucial de consulter un professionnel de la santé qualifié, tel qu’un médecin ou un pharmacien. Ils peuvent évaluer votre situation médicale spécifique et vous fournir des recommandations appropriées en fonction de vos besoins.

        Bonne journée,

        Amandine

        Répondre

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