Entre la fatigue, les problèmes de mobilité et les conditions météo, se rendre au laboratoire d’analyses médicales quand on a des difficultés à se déplacer n’est pas des plus pratiques. Depuis le 4 février 2026, un arrêté publié au Journal officiel change la donne : désormais, de nombreux examens de biologie peuvent être réalisés directement en EHPAD, dans les cabinets médicaux ou les centres de santé. Voici la liste des examens éligibles et comment cette évolution va considérablement faciliter le quotidien des personnes âgées et de leurs aidants.
Ce qui change concrètement avec l’arrêté du 4 février 2026
Depuis l’arrêté du 4 février 2026, certains examens de biologie médicale peuvent être réalisés en dehors des laboratoires traditionnels.
Des analyses possibles hors laboratoire
Pour éviter aux personnes fragiles de se déplacer, les prélèvements et les analyses peuvent s’effectuer dans de nouveaux lieux, sous la supervision d’un biologiste médical :
- les EHPAD[1] et résidences pour personnes âgées dépendantes,
- les cabinets médicaux, les maisons de santé, les centres de santé, les services de protection maternelle et infantile (PMI),
- les véhicules sanitaires lors de transports médicalisés.

Un encadrement strict pour garantir la fiabilité
Pour réaliser ces examens hors laboratoire, une autorisation du directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS) est obligatoire. Cette autorisation doit contenir :
- l’offre de biologie médicale sur le territoire,
- les besoins de la population définis dans le schéma régional de santé,
- la nécessité d’obtenir rapidement les résultats pour l’état de santé du patient,
- les particularités géographiques de la zone.
Un laboratoire de biologie médicale supervise obligatoirement la qualité des examens réalisés. Une convention détaillée doit être signée entre le laboratoire et la structure d’accueil, précisant les responsabilités de chacun, les procédures, la formation du personnel, le contrôle qualité et la maintenance des dispositifs.
Le biologiste médical reste responsable de la formation des équipes sur place et de la validation des résultats.
Quels examens peut-on faire directement en EHPAD ou en cabinet médical ?
Les examens autorisés en dehors des laboratoires médicaux concernent principalement les examens d’urgences et de suivi régulier.
Les examens de coagulation et d’urgence cardiaque
Les examens d’urgence cardiaque et de coagulation figurent dans la liste officielle :
- L’INR (International Normalized Ratio) pour les patients sous anticoagulants qui doivent surveiller régulièrement l’efficacité de leur traitement.
- Les D-dimères, utilisés notamment pour détecter les embolies pulmonaires, permettent un diagnostic rapide sans transfert hospitalier immédiat.
- La troponine I ou T est un marqueur d’infarctus qui offre un diagnostic immédiat pour une orientation rapide vers les soins appropriés en cas d’urgence cardiaque.
- Le dosage du BNP ou NT-Pro BNP, marqueurs qui détectent et surveillent l’insuffisance cardiaque, pathologie fréquente chez les personnes âgées.
Le bilan métabolique et rénal complet
Le texte autorise la réalisation d’un bilan métabolique et rénal complet en dehors du laboratoire. Cela inclut l’ionogramme (sodium, potassium, chlore, bicarbonates, protides totaux), le glucose, l’urée et la créatinine.
Pour les personnes âgées, notamment celles souffrant d’insuffisance rénale chronique, pouvoir doser la créatinine et l’urée sans se déplacer facilite considérablement le suivi régulier. Quant à l’ionogramme, il détecte rapidement les déséquilibres électrolytiques, fréquents en cas de déshydratation ou de décompensation cardiaque.
Le suivi du diabète et autres examens
L’hémoglobine glyquée (HbA1c) figure aussi dans la liste officielle. Cette analyse, qui mesure l’équilibre glycémique sur trois mois, est particulièrement utile pour adapter les traitements antidiabétiques sans multiplier les déplacements.
L’arrêté autorise également le dosage de la lipase (pour le pancréas) et du bêta HCG (test de grossesse, utile dans les centres de santé et PMI).
Les tests viraux spécifiques aux EHPAD
En plus de tous les examens précédents, les résidences pour personnes âgées peuvent réaliser la détection du SARS-CoV-2 (Covid-19), de l’Influenza A et B (grippe), du VRS (Virus Respiratoire Syncytial, particulièrement dangereux chez les seniors), ainsi que des tests multiplex pour infections virales respiratoires.
Cette possibilité de dépistage rapide en période épidémique permet d’isoler immédiatement les résidents infectés et de protéger les autres, évitant ainsi la propagation au sein de l’établissement.
Pourquoi c’est une avancée majeure pour les personnes âgées
Pour les personnes âgées, particulièrement celles vivant en EHPAD, éviter les déplacements vers un laboratoire représente un gain de temps et de confort considérable.

Moins de fatigue et de contraintes
Les sorties, surtout en période hivernale, exposent les personnes fragiles au froid, à la fatigue et au risque de chute.
Les résidents atteints de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer vivent particulièrement mal ces déplacements qui bouleversent leurs repères. Pouvoir réaliser les examens dans leur environnement familier réduit leur anxiété et leur désorientation.
Des résultats plus rapides, une meilleure réactivité
Le principal avantage de la biologie délocalisée réside dans la rapidité d’obtention des résultats. En cas de suspicion d’insuffisance cardiaque (grâce au BNP), de déshydratation (ionogramme), d’embolie pulmonaire (D-dimères) ou de déséquilibre glycémique, obtenir les résultats en quelques minutes plutôt qu’en plusieurs heures permet d’adapter immédiatement le traitement.
Cette réactivité évite des hospitalisations en urgence. Un déséquilibre détecté précocement se corrige sur place par le médecin coordonnateur de l’EHPAD, sans nécessiter de transfert vers l’hôpital.
Une continuité de soins optimisée
Pour les personnes suivies en EHPAD, la biologie délocalisée facilite aussi le suivi régulier des pathologies chroniques. Les patients diabétiques (HbA1c, glucose), insuffisants cardiaques (BNP, ionogramme) ou rénaux (créatinine, urée), ainsi que ceux sous anticoagulants (INR) bénéficient d’un monitoring continu sans contrainte logistique.
En période d’épidémie de grippe ou de Covid, la capacité à tester rapidement les résidents facilite la gestion sanitaire et protège les personnes les plus vulnérables.
Comment cela va fonctionner en pratique ?
Avant de se rendre dans un des nouveaux lieux d’analyse, plusieurs points sont à mettre en place.
Le déploiement progressif selon les territoires
Chaque directeur général d’ARS autorise les lieux où la biologie délocalisée peut être mise en place. La demande d’autorisation doit être faite conjointement par le représentant de la structure (EHPAD, cabinet médical…) et le laboratoire de biologie médicale partenaire.
Pour démarrer rapidement le dispositif, les examens peuvent être réalisés dès réception du récépissé attestant du dépôt de la demande d’accréditation.
Pour les résidents et leurs familles
Du point de vue des patients, le processus reste simple : le médecin prescrit les examens nécessaires comme d’habitude. Les résultats sont transmis au médecin prescripteur selon les mêmes modalités qu’en laboratoire traditionnel, et aucun surcoût n’est à prévoir pour le patient.
En rapprochant les examens médicaux de leur lieu de vie, cette réforme rend les soins plus accessibles et mieux adaptés aux besoins des personnes âgées fragiles.
Source : legifrance.gouv.fr
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[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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