La socio-esthétique en maison de retraite
Maisons de retraite

Publié le 05/10/2009 . Mis à jour le 07/10/2018

Publié le 5 Oct. 2009 . Mis à jour le 7 Oct. 2018

Le métier de socio-esthéticienne est encore mal connu du grand public. Prodiguant des soins aux personnes fragilisées socialement ou physiquement, ces professionnelles ont beaucoup à apporter aux aînés en maison de retraite. Explications avec Corinne Prat, socio-esthéticienne à Paris.

La socio-esthétique en maison de retraite

Qu'est-ce q'une socio-esthéticienne ? Définition

La socio-esthétique est une spécialité qui existe depuis 1979. Elle permet d’apporter « écoute, confort, réconfort et relaxation » aux personnes fragilisées, qu’elles soient atteintes dans leur intégrité physique (maladie, accident, vieillesse, …) ou psychique, ou qu’elles soient en détresse sociale (chômage, détention…)

En gériatrie, la socio-esthétique est une approche en douceur de la personne âgée, dans le respect de son intimité. La socio-esthéticienne se déplace en maison de retraite pour accompagner la personne âgée vers des soins simples, adaptés et personnalisés qui permettront de renforcer l’estime et la confiance en soi, le désir de plaire, la beauté intérieure… « Je les invite à sortir de leur chambre, de la salle à manger, pour découvrir le monde de la beauté », précise Corinne Prat.

Quels sont les soins prodigués par la socio-esthéticienne en maison de retraite ?

Cette discipline professionnelle s’inscrivant dans le projet de soins établi par l’équipe de la maison de retraite constitue un outil complémentaire des thérapies ordinaires. Les prestations proposées par la socio-esthéticienne sont multiples et adaptées : un massage pour soulager un patient souffrant d’arthrose, un maquillage pour redonner le sourire à une patiente souffrant de dépression…

Le choix est vaste, l’essentiel étant d’apporter bien-être et réconfort aux patients, toujours en accord avec les membres de l’équipe soignante. Pendant la séance, la socio-esthéticienne tisse une réelle relation de confiance avec le patient.

Ce contact favorise l’échange et brise la solitude des personnes âgées en maison de retraite, qui apprécient de se confier à une oreille extérieure, tout en se relaxant entre des mains expertes. L’écoute et le toucher améliorent le moral des résidents en maison de retraite. Ces derniers sont plus détendus et ceci se ressent sur l’ambiance générale régnant au sein de la maison de retraite.

Selon Corinne Prat, les premiers soins d’approche sont la manucure. Une pause de verni, un modelage des mains permettent un premier rapport par le toucher. Ensuite, l’épilation à la cire se fait tout en douceur pour celles qui le désirent, parfois après plusieurs semaines de démonstration !

Autres soins utiles : les soins des pieds (bains relaxants) et les soins classique du visage (gommage, masque, crème). Ces derniers permettent d’apaiser les peaux tirées, de redonner éclat et fermeté au teint fatigué, ou de donner de l’expression grâce au dessin des sourcils…

Le maquillage « très léger » est aussi très apprécié des dames, avant la visite de leurs proches.

La socio-esthéticienne intervient toujours en accord avec le personnel soignant et les spécialistes présents en maison de retraite (kinésithérapeute, ergothérapeute…).

Quelle formation de socio-esthétique pour exercer en maison de retraite ?

Environ 300 socio-esthéticiennes diplômées exercent en France et prodiguent leurs soins à plus de 30 000 personnes fragilisées chaque année. Leurs domaines d’intervention sont larges : maisons d’arrêt, centres de réinsertion sociale, services hospitaliers et bien sûr maisons de retraite.

La faculté de médecine de Tours a pendant longtemps proposé l’unique formation reconnue du métier de socio-esthéticienne, intitulée cours d’esthétique à option humanitaire et sociale (CODES). Déjà diplômées en esthétique, les étudiantes suivant cette spécialisation acquièrent les méthodes spécifiques relatives à la prise en charge de personnes parfois très atteintes par la maladie (écoute, relation, sensibilisation, techniques du prendre soin) pour adapter les soins esthétiques aux populations fragiles (personnes âgées, jeunes en réinsertion, grands malades…). Comme le précise Corinne Prat, il s’agit d’aller « au-delà de l’esthétique », dans une approche globale du patient.

Les cours théoriques sont complétés par des mises en situation, en hôpital ou en maison de retraite. Si cette formation est extrêmement enrichissante pour exercer dans de tels milieux, elle n’a toutefois aucun caractère obligatoire, et de nombreuses esthéticiennes interviennent en maison de retraite, uniquement formées sur le terrain.

Il existe aujourd’hui d’autres écoles officielles qui offrent la possibilité de se former à la socio-esthétique, avec un diplôme certifié RNCP (notamment à Nanterre et Pau).

 

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