160 000 personnes souffrent de la maladie de Parkinson, d’après l’association France Parkinson. Cela correspond à un français sur 250, soit l’ensemble des habitants de Grenoble. 

Le mois d’avril est le mois international consacré à la sensibilisation de cette pathologie neurodégénérative. Nous vous proposons différents éclairages sur cette pathologie invalidante, deuxième cause de handicap moteur chez l’adulte, après la maladie d’Alzheimer.    
A un stade avancé de la maladie, les proches envisagent bien souvent une entrée en EHPAD pour leur proche. En centre de rééducation spécialisé, les professionnels pourront aussi proposer une rééducation plus adaptée au stade de la maladie. 

Parkinson: les différents types de rééducation et bienfaits

Parkinson: la rééducation par le sport

Toute stimulation physique s’avère bénéfique pour la personne atteinte de Parkinson. 

Cette pathologie fait disparaître progressivement les cellules nerveuses; notamment celles du système nerveux qui produisent la dopamine

Les mouvements deviennent plus difficiles à effectuer, les muscles deviennent plus raides sans dopamine. Il est important de stimuler sa production, surtout par le sport. Pour obtenir des résultats probants, les patients doivent pratiquer une activité physique très régulière (trois voire quatre fois par semaine). 

  • Tout sport d’endurance : marche active, natation, cyclisme ou encore art martial doux, Taï-chi ou qi gong. De même, la pratique du yoga ou du pilates qui permettent des étirements musculaires ralentissent les effets du Parkinson

Le programme développé par les HCL (hôpitaux civils de Lyon) SIROCCO présente des résultats très significatifs sur le ralentissement de l’évolution de la maladie. Cela inclut une pratique de sport intensive, entre 6 et 7 heures par jour, pendant 5 semaines. En parallèle, les patients suivent des ateliers de chants, d’écriture… 

Certaines études démontrent l’efficacité de la méthode WALK. Ce système de rééducation développe un automatisme neurologique grâce à une stimulation sonore. A terme, le rythme suivi permet l’amélioration des activités : marche moins saccadée, meilleure évaluation spatio-temporel

Le kinésithérapeute: priorité à la mécanique

Pour les personnes âgées à un stade avancé de la maladie, ce sont eux qui s’occupent de la rééducation et du maintien en bonne forme physique. La rééducation se concentre sur le travail de la posture et de l’équilibre afin d’éviter que la personne ne se fatigue. 

Le kinésithérapeute peut intervenir à domicile pour des séances d’étirements, de marche et de rééducation des gestes fins. En complément, des séances de groupe stimulent le malade, pour des échanges verbaux et de gymnastique plus dynamique. 

L’orthophoniste: améliorer sa diction

L’orthophoniste demeure un professionnel incontournable dans la rééducation des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. 

En effet, il intervient dans plusieurs domaines : 

  • troubles de la parole, 
  • articulation difficile, 
  • problèmes de déglutition… 

Cette prise en charge est assez souvent la première mise en place pour les malades. En effet, les proches constatent souvent une modification de la voix (plus faible, plus monocorde…), du débit, un bégaiement voire un tremblement. Ces différentes altérations s’accentuent avec l’évolution de la pathologie. 

L’orthophoniste utilise tous les moyens pour stimuler, faciliter la communication :

  • chant, 
  • théâtre, 
  • yoga du rire… 

Le rôle fondamental de ce professionnel reste de s’assurer que le patient dispose de moyens pour communiquer et se faire comprendre par son entourage. 

L’ergothérapeute: améliore le quotidien du patient  

L’ergothérapie contribuera aussi à freiner l’impact de la maladie et stimuler les capacités

Le praticien intervient seulement sur prescription médicale. Il prend en charge la personne dès lors qu’un problème de santé limite ses possibilités d’effectuer ses activités de la vie quotidienne. 

Deux compétences spécifiques :

  • évaluer les capacités du malade 
  • adapter son environnement 

Au cours d’un bilan, le professionnel observe comment le malade évolue, quelles difficultés il rencontre au quotidien. La rééducation viendra dans un deuxième temps : le rôle de l’ergothérapeute est de reprendre et enseigner les bons gestes pour faciliter les différentes activités comme se lever sans risquer de chuter, s’habiller… Cela peut être également l’occasion de découvrir des objets adaptés comme un enfile-boutons pour les chemises. 

L’ergothérapeute peut également préconiser l’aménagement de la maison, selon le budget des personnes. Par exemple, les malades ont des problèmes visuels et distinguent moins nettement les couleurs. Le praticien peut mettre en place des stratégies pour pallier ces problématiques : bandes de couleur pour les escaliers, contrastes accentués pour certains objets…  

L’ergothérapeute enseigne aussi à bien décomposer chaque geste. Le fait de séquencer permet de créer des automatismes : cela économise l’énergie demandée pour les activités compliquées. 

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Les professionnels commencent à créer des ateliers d’écriture. Avec un stylo judicieusement choisi, il s’agit de retrouver une pratique abandonnée; car trop difficile pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Les exercices réguliers contribuent à ralentir l’évolution de la pathologie.

La prise en charge psychologique : un aspect méconnu

Les soins consacrés à la personne atteinte de la maladie de Parkinson ne doivent pas être réduits à de la seule “mécanique”. En effet, une prise en charge psychologique a aussi toute sa place dans l’éventail des traitements.

Le soutien contre la dépression

D’après les récentes études, un malade sur deux souffrirait de dépression. Pour certaines formes de la pathologie, l’état d’abattement va de pair avec l’évolution du Parkinson. La dépression provoque en effet des changements neurochimiques dans le cerveau. 

Il s’avère donc important qu’un psychologue puisse rejoindre l’équipe pluri-disciplinaire autour du patient. Ces spécialistes ont un rôle double. Tout d’abord, ils soulagent le malade par leur écoute et leur soutien. La mise en place de groupes de parole permet aux personnes atteintes de ne pas se sentir seules face à la maladie.  

La méditation

De même, certains thérapeutes proposent la méditation en pleine conscience. Le but de cette action, développer le rapport du corps avec son environnement, pouvant parfois provoquer de grandes réticences pour les malades de Parkinson. Cette conscience les renvoie à tout ce qu’ils veulent oublier, un corps qui dysfonctionne, qui peut faire mal. 

Exercice de méditation pour les patients souffrant du Parkinson

Pourtant, la répétition et l’assiduité témoignent de bons résultats auprès des personnes souffrant de Parkinson. Il s’agit davantage d’accepter son corps et la maladie, pratiquer une politique de petits pas. 

Une vie aux petits soins

Tous ces traitements permettent un bon confort de vie pendant de nombreuses années; avec un effet de “on/off”. Les malades alternent les périodes où ils sont à l’aise avec leur environnement et d’autres où les difficultés reprennent le dessus. Le personnel soignant des EHPAD veille à une prise en charge adaptée pour les personnes lorsque la perte d’autonomie devient lourde.  

La prise en charge est individuelle, selon les symptômes et le stade de la pathologie de chacun. La rééducation est prescrite par le médecin et est prise en charge à 100 %, dans les limites du barème de la sécurité sociale.

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Andrea,Rédactrice chez Cap Retraite

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