Onze millions de Français accompagnent au quotidien un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Quand l’été approche et que la famille souhaite poser quelques jours de vacances, la question devient angoissante : qui va prendre le relais ? Partir sans organiser une solution fiable n’est pas envisageable, mais multiplier les recherches au mois de juin, alors que les places sont rares et les budgets serrés, ajoute une charge mentale supplémentaire.

Six dispositifs existent en France pour offrir un véritable répit à l’aidant familial. Chacun a son coût, ses contraintes, sa durée et son public. Ce tour d’horizon permet de comparer en un coup d’œil les options et de combiner les aides disponibles pour rendre la solution finalement accessible.

Trouver un EHPAD

Pourquoi le répit n’est pas un luxe

L’épuisement de l’aidant, parfois appelé syndrome du burn-out de l’aidant, touche plus d’un tiers des proches qui assurent une présence quotidienne. Troubles du sommeil, anxiété, dépression[2], négligence de sa propre santé : les signaux d’alerte sont nombreux. 

Les autorités sanitaires et les associations recommandent unanimement de programmer des pauses régulières, idéalement plusieurs fois par an.

Aujourd’hui, les familles disposent d’un panel diversifié, depuis quelques heures d’accueil de jour jusqu’à six jours consécutifs de présence professionnelle à domicile.

seniors organisant leur séjour de répit pour l'été

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Solution 1 : l’hébergement temporaire en EHPAD

L’EHPAD[1] accueille la personne âgée pour un séjour court, généralement d’une semaine à trois mois, dans une chambre meublée. Les repas, les soins, l’animation et la surveillance médicale sont assurés comme pour un résident permanent. 

Cette option convient lorsque l’aidant souhaite partir tranquille et que le proche présente une perte d’autonomie modérée à sévère.

Le tarif moyen oscille entre 70 et 90 € par jour, soit environ 2 100 à 2 700 € par mois selon l’établissement et la région. L’APA peut couvrir une partie de la dépendance[3], et certains conseils départementaux financent jusqu’à 90 jours par an d’hébergement temporaire dans le cadre de l’aide aux aidants.

Important : il faut anticiper la demande au moins deux à trois mois à l’avance, car les places sont limitées. Certains EHPAD réservent quelques chambres dédiées à l’accueil temporaire, d’autres acceptent les séjours uniquement lorsqu’une chambre se libère ponctuellement.

Solution 2 : l’accueil de jour

L’accueil de jour reçoit la personne âgée une ou plusieurs journées par semaine dans une structure spécialisée (intégrée à un EHPAD ou autonome). Les activités sont adaptées aux capacités cognitives et physiques : ateliers mémoire, gymnastique douce, art-thérapie[4], jardinage. Le repas du midi est servi et un transport peut être organisé.

Le coût se situe entre 30 et 50 € par jour selon le statut de l’établissement (public, associatif, privé). 

  • Les EHPAD publics et associatifs facturent généralement entre 25 et 40 €, les structures privées commerciales entre 35 et 60 €. 
  • L’APA couvre une partie significative pour les personnes éligibles. 
  • Un forfait transport est parfois pris en charge par le département.

Cette formule est particulièrement adaptée aux aidants qui travaillent ou qui ont besoin de quelques heures de respiration plusieurs fois par semaine. Elle convient bien aux personnes atteintes de troubles cognitifs débutants à modérés, dans la mesure où elle préserve les repères du domicile.

Solution 3 : l’accueil familial agréé

Moins connu, l’accueil familial désigne l’hébergement chez un particulier agréé par le conseil départemental. La personne âgée vit au domicile de l’accueillant, partage les repas, bénéficie d’une chambre individuelle et d’une présence permanente. La durée peut aller de quelques jours à plusieurs années.

L’indemnité journalière versée à l’accueillant se situe entre 4,45 et 17,55 € selon le niveau de sujétion, mais le coût total pour la famille (rémunération, loyer, indemnité d’entretien, sujétions) s’élève en général entre 1 500 et 2 500 € par mois. Pour un séjour court d’une à deux semaines, il faut compter entre 50 et 70 € par jour tout compris.

L’APA, le crédit d’impôt[5] pour services à la personne (jusqu’à 50 % des dépenses, dans la limite des plafonds) et l’ASH peuvent alléger considérablement la facture. Le reste à charge moyen, une fois les aides déduites, descend souvent autour de 800 à 1 500 € par mois.

Solution 4 : la garde à domicile 24 heures sur 24

Si la personne âgée refuse de quitter son domicile ou si son état rend tout déménagement difficile, la garde permanente à domicile reste une option. Un ou plusieurs auxiliaires de vie se relaient pour assurer une présence continue, jour et nuit.

C’est la solution la plus onéreuse. Compter entre 250 et 400 € par jour selon que les nuits sont actives ou de veille, et selon le département. Sur une semaine, le budget grimpe à 1 750 ou 2 800 €. Sur un mois, le total peut dépasser 10 000 €.

Cette option ne se justifie financièrement que dans des cas spécifiques : refus catégorique du proche de partir, besoin de continuité totale des soins, ou présence d’un conjoint à domicile qu’il ne faut pas séparer. L’APA et le crédit d’impôt couvrent une part, mais le reste à charge demeure significatif.

senior avec une garde à domicile en continu pendant le séjour de répit de l'aidant

Solution 5 : le baluchonnage et le relayage

Le baluchonnage, importé du Québec et porté en France par l’association Baluchon France, consiste à faire intervenir un professionnel unique au domicile, en remplacement de l’aidant, pendant six jours consécutifs maximum. Le baluchonneur prend la place de l’aidant 24 heures sur 24, dort sur place, gère les repas, les soins, les sorties. Le proche garde ses repères, son environnement, ses habitudes.

Le dispositif a été pérennisé par la loi du 8 avril 2024 dite loi bien vieillir, après une phase d’expérimentation lancée par la loi ESSOC de 2018, mais le déploiement reste progressif sur le territoire. 

  • Le coût pour la famille varie selon les structures adhérentes à Baluchon France et les financements locaux. 
  • Le département, l’APA ou la PCH (pour les moins de 60 ans), des fondations privées et certains contrats de prévoyance peuvent prendre en charge tout ou partie. 
  • Le reste à charge final est souvent réduit à quelques centaines d’euros pour une semaine complète.

Le relayage répond à une logique proche, mais avec des formats plus modulables (24 heures, 48 heures, week-end prolongé). Plusieurs associations le proposent, notamment la Croix-Rouge française à travers ses haltes-répit. France Alzheimer[6] organise également des séjours répit pour le couple aidant-aidé, encadrés par des bénévoles et des professionnels.

Solution 6 : les séjours de répit organisés

Plusieurs associations proposent des séjours de répit, c’est-à-dire des vacances pour l’aidant seul (avec prise en charge du proche pendant son absence) ou pour le binôme aidant-aidé (avec accompagnement professionnel sur place). France Alzheimer, l’Association France Parkinson, etFrance AVC[7] animent ces dispositifs.

Les tarifs sont modulés selon les ressources et incluent fréquemment hébergement, repas, activités et accompagnement médical. Compter entre 400 et 1 200 € la semaine pour un séjour binôme, avant aides. L’ANCV (chèques-vacances), les caisses de retraite, les mutuelles et le droit au répit APA participent au financement. 

Pour les aidants familiaux qui n’ont pas pris de vacances depuis des années, ces séjours offrent en plus un cadre rassurant et la rencontre avec d’autres familles dans la même situation.

Tableau comparatif des 6 solutions

SolutionCoût indicatif (avant aides)Durée typiqueAides mobilisables
Hébergement temporaire EHPAD70 à 90 €/jour1 semaine à 3 moisAPA, ASH, droit au répit
Accueil de jour30 à 50 €/jourJournée(s), récurrentAPA, forfait transport
Accueil familial agréé50 à 70 €/jourQuelques jours à plusieurs moisAPA, crédit d’impôt 50 %, ASH
Garde à domicile 24h/24250 à 400 €/jourDe 24h à plusieurs semainesAPA, crédit d’impôt
Baluchonnage / relayageVariable selon structureJusqu’à 6 jours consécutifsAPA, PCH, fondations, mutuelles
Séjours de répit associatifs400 à 1 200 €/semaineUne semaine en généralDroit au répit, ANCV, caisses

Le droit au répit APA : 583 € par an

L’allocation personnalisée d’autonomie comporte un module spécifique d’aide au répit, destiné à financer des solutions de relais lorsque l’aidant ne peut pas être remplacé par une autre personne de l’entourage. 

En 2026, le plafond annuel a été revalorisé à 583,52 € par an.

Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être réunies : 

  • La personne aidée doit percevoir l’APA à domicile, 
  • L’aidant doit être identifié comme indispensable au maintien à domicile, 
  • La demande doit être motivée. 

La somme peut financer un accueil de jour, un hébergement temporaire, du relayage ou un baluchonnage. Elle se cumule avec le plafond APA habituel, sans empiéter dessus.

Pour activer ce droit, il faut contacter l’équipe médico-sociale du conseil départemental qui a évalué le GIR[8] du proche. Une demande écrite mentionnant la solution de répit envisagée et son coût est en général suffisante. La décision intervient sous quelques semaines.

Combiner les solutions et anticiper

Aucune solution n’est parfaite seule. Les familles les mieux organisées combinent en général plusieurs dispositifs : accueil de jour deux fois par semaine pour soulager le quotidien, hébergement temporaire EHPAD une à deux fois par an pour les vacances, baluchonnage pour un week-end prolongé en cas de besoin urgent. Le coordonnateur APA, l’assistant social du CCAS[9] ou la plateforme d’accompagnement et de répit (PFR) du département aide à monter le bon mix.

Conseil pratique : pour partir en juin, il faut idéalement déposer les demandes en mars ou avril. Les places d’hébergement temporaire partent vite, les dossiers APA mettent six à huit semaines à être instruits, et certains baluchonneurs sont réservés des mois à l’avance dans les zones où le dispositif est implanté.

FAQ

Quel est le montant du droit au répit APA en 2026 ?

Le plafond annuel s’élève à 583,52 €. Cette somme se cumule avec le plan d’aide APA habituel et finance spécifiquement les solutions de relais (accueil de jour, hébergement temporaire, relayage, baluchonnage).

Combien de temps à l’avance faut-il réserver une chambre d’hébergement temporaire ?

Entre deux et trois mois pour la période estivale (juin à août). Les places sont rares et certains EHPAD n’en ont qu’une ou deux dédiées. Pour les autres périodes, un mois d’anticipation suffit en général.

Le baluchonnage est-il accessible partout en France ?

Non, le déploiement est progressif depuis sa pérennisation par la loi du 8 avril 2024 dite loi bien vieillir. Plusieurs départements pilotes proposent le dispositif via des structures d’aide à domicile adhérentes à Baluchon France. La liste évolue rapidement et il faut se renseigner auprès du conseil départemental ou directement auprès de Baluchon France.

Mon proche refuse de quitter son domicile, comment faire ?

Le baluchonnage, le relayage ou la garde à domicile 24h/24 sont les seules solutions qui préservent totalement le cadre habituel. Pour les troubles cognitifs avancés, ces formules réduisent l’angoisse de la rupture et facilitent le retour de l’aidant.

Puis-je cumuler droit au répit, APA et crédit d’impôt ?

Oui. Le droit au répit (583 €/an) se cumule avec le plan APA habituel. Le crédit d’impôt pour services à la personne (50 % des dépenses, dans la limite des plafonds) s’applique sur les sommes restées à charge après APA. Cette combinaison permet souvent de réduire la facture finale de moitié, voire davantage selon les ressources.

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Augustin,Augustin , rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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