La maladie de Parkinson fait partie des pathologies difficiles à anticiper et à soigner. Similaire sous quelques aspects à Alzheimer, Parkinson est une maladie évolutive avec des signes avant-coureurs difficiles à détecter avant le diagnostic. Cependant, à cette phase, plus de la moitié des neurones dopaminergiques (ceux qui contrôlent les mouvements) a déjà progressivement disparu. 

Selon les témoignages de personnes atteintes de Parkinson et de leurs proches, cinq indicateurs peuvent mettre en évidence la dégénérescence à ses premiers stades et bien avant les premiers signes connus. Sachez repérer ces troubles cognitifs dès le plus jeune âge pour rester en bonne santé.

1- Le tremblement : signe avant-coureur de Parkinson

Le tremblement est le symptôme le plus connu et le plus visible de la maladie de Parkinson. Pourtant, les premières agitations rythmiques du corps peuvent passer inaperçues au début de la maladie. Il est donc important de prendre en compte les troubles moteurs suivants :

  • Une main ou une jambe tremble légèrement au repos (et non pas après avoir fait un effort physique).
  • Un membre cesse d’osciller en position allongée.
  • Des tremblements pendant les situations de stress ou lors d’une tâche qui demande de la concentration.
  • Le menton “tremblotte” lors d’un trop plein émotionnel ou de fatigue.

Si le tremblement peut être absent aux premiers stades de la maladie de Parkinson, il peut surgir plus tard lors du développement. 

Parkinson: symptômes précoces, résumé des 5 signes à surveiller

2- La difficulté de concentration : syndrome parkinsonien 

Plus discrètes, la fatigue et une diminution de la concentration sont reconnues comme des signes précoces de la maladie de Parkinson. Des conséquences directement liées à une lenteur accrue dans les tâches quotidiennes ou une baisse de motivation générale. 

Cette nonchalance, causée par une atteinte des fonctions exécutives, engendre des difficultés à réaliser des mouvements, à s’organiser, à planifier et à anticiper.

La Bradykinésie, ou la lenteur des mouvements, peut aussi s’observer pendant la marche (l’akinésie). Chaque pas est plus lent et réfléchi. La démarche devient moins spontanée. 

De plus, la rigidité des muscles et des articulations, autre phénomène lié à la maladie de Parkinson, complexifie les gestes des poignets, des jambes et des bras, ce qui impacte la concentration.

3- Un état dépressif : risque de maladie neurodégénérative

La maladie de Parkinson est un facteur de risque de dépression, qui peut survenir au cours de l’évolution de la pathologie ou être révélé par celle-ci. Environ 25% des patients atteints de Parkinson développent une dépression, souvent définie comme inaugurale, c’est-à-dire que la personne est inconsciente de son état de santé. 

En savoir plus sur les causes de la maladie de Parkinson

Ce comportement peut venir d’une baisse de motivation ou d’un changement d’humeur, tous deux reconnus comme des composants du syndrome de Parkinson. Bien que l’anxiété et la dépression soient compréhensibles après l’annonce du diagnostic, ces sentiments peuvent survenir bien avant le dépistage de la maladie.

Les anomalies observées par le manque de dopamines, peuvent être un signe de dépression pré-parkinson

Atteintes des neurones dopaminergiques d'un patient Parkinson

Par exemple :

  • Une fatigue, un manque de sommeil et une perte de concentration progressive.
  • Des idées ou des situations tristes inhabituellement évoquées, surtout le matin. 
  • Un isolement social.
  • Un désintérêt lors d’une conversation.
  • Une verbalisation d’une souffrance morale exacerbée.
  • L’angoisse pour des détails mineurs, comme oublier de fermer une porte d’armoire.

Pour faire un rapprochement avec le Parkinson, l’anxiété doit être accompagnée d’un état dépressif. Dans le cas contraire, la cause est autre.

4- Des troubles du sommeil, révélateur de Parkinson

Deux tiers des patients parkinsoniens souffrent de trouble du sommeil. Un problème qui a tendance à s’empirer au fur et à mesure que la maladie s’aggrave. C’est pourquoi une mauvaise qualité de repos peut déclencher un début de la maladie neurodégénérative. 

Ces troubles se manifestent de différentes façons : 

  • Des difficultés à s’endormir ou à rester endormi.
  • Une somnolence excessive diurne
  • Dans certains cas extrêmes, des troubles du comportement en sommeil paradoxal.

Il arrive qu’une personne bouge tellement la nuit qu’elle peut devenir dangereuse pour le conjoint ou eux-mêmes (en donnant des coups de poing, des coups de pied ou tomber de leur lit.).

Malade de parkinson souffrant de troubles du sommeil

Responsables de problèmes de cognition, de concentration, d’exacerbation des troubles de l’humeur et d’interprétation avec le travail… Diagnostiquer et traiter par un médecin les désordres nocturnes est essentiel pour améliorer la qualité de vie et prévenir le risque de maladie de parkinson. 

5- La micrographie, symptôme d’un début de Parkinson

La micrographie est le fait d’écrire de plus en plus petit. Un phénomène propre à la maladie de Parkinson auquel peu de patients ou de proches prêtent attention. En effet, les personnes atteintes de Parkinson ont souvent du mal à contrôler leurs mouvements, ce qui peut affecter la façon dont elles écrivent. 

Loin d’être anodine ou fantaisiste, cette calligraphie réduite résulte d’une diminution de l’amplitude des mouvements et d’une perte de préhension fine,  fonction essentielle qui implique l’ensemble du système nerveux sensori-moteur.

Concrètement la micrographie s’explique par

  • Une fatigue musculaire qui diminue la vitesse d’écriture.
  • Une difficulté à maintenir un stylo ou un crayon avec fermeté.
  • Une augmentation progressive de la rigidité autour des articulations du poignet et des doigts. 

Par conséquent, la personne est amenée à serrer davantage le stylo, induisant un tracé plus petit.

Dans sa forme progressive, plus le patient écrit et plus il serre et réduit la taille des lettres. En fin de ligne, l’écriture semble s’accélérer .

À noter que la dégradation progressive de la rédaction s’observe plus au cours d’une tâche de copie que de libre écriture. 

Questions fréquentes sur les symptômes précoces de Parkinson :

Parkinson et ventre gonflé: un signe de Parkinson précoce?

Et si la maladie de Parkinson venait aussi de l’abdomen ? Cette hypothèse est née d’une étude sur les troubles digestifs rapportés par les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Car, en plus de toucher à la dopamine, Parkinson affecte aussi le système nerveux entérique. En ralentissant la partie basse du système digestif et de l’estomac, le patient peut souffrir de nausées, de vomissements et de ballonnements. Ainsi, cumulé à d’autres signaux, avoir un ventre gonflé pourrait confirmer un début de Parkinson. 

La maladie de Parkinson est-elle une démence? 

Si l’ensemble des symptômes moteurs laisse sous entendre à une maladie de Parkinson, le développement de la démence à corps de Lewy cause aussi une démence post parkinson. En effet, les corps de Lewy sont des dépôts anormaux qui s’accumulent dans les neurones du cerveau, provoquant des troubles précoces similaires à ceux des patients parkinsoniens. 

Peut-on freiner la progression de la maladie?

S’il n’existe pas de traitement pour en guérir complètement, des médicaments peuvent atténuer ces problèmes de santé. C’est pourquoi il est primordial de consulter un médecin si vous remarquez plusieurs de ces 5 signes avant-coureurs, sur vous ou un de vos proches. Le spécialiste décidera s’il faut procéder au diagnostic de la maladie de Parkinson et proposera le traitement aux meilleurs résultats.

Pour rappel, 200 000 Français sont atteints de cette affection neurologique. Avec 25 000 nouvelles personnes diagnostiquées chaque année, le nombre de jeunes malades pourrait doubler d’ici 2030.

Quelles sont les autres maladies entraînant des signes similaires aux premiers symptômes de Parkinson ?

La maladie de Parkinson est souvent associée à des symptômes moteurs caractéristiques. Cependant, ses premiers signes peuvent facilement être confondus avec d’autres affections et maladies. Cette confusion peut retarder le diagnostic et les traitements appropriés.

  • Tremblement au repos vs tremblement d’action : le symptôme le plus emblématique de la maladie de Parkinson est le tremblement au repos. Cela signifie que le tremblement se produit lorsque le membre affecté est au repos. Il s’arrête généralement lorsqu’il est en mouvement. Il peut être confondu avec le tremblement essentiel. Cependant, celui-ci se manifeste principalement lors de l’exécution d’une action, comme écrire ou tenir un objet. Bien que distincts, ces tremblements peuvent être difficiles à différencier, surtout au début.
  • Difficulté de concentration : elles peuvent être entraînées par des troubles de l’attention (TDA), la dépression, l’anxiété et la sclérose en plaques. Des conditions comme le syndrome de fatigue chronique ou l’apnée du sommeil peuvent aussi causer des difficultés de concentration.
  • État dépressif : la dépression est un trouble en soi, du reste assez fréquent chez les personnes âgées. Son apparition peut être due à de nombreuses autres conditions, y compris des déséquilibres hormonaux (comme l’hypothyroïdie), les effets secondaires de certains médicaments ou d’autres maladies neurodégénératives.
  • Troubles du sommeil : ils sont parfois dus à des facteurs comme l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, l’anxiété, la dépression ou même certaines affections cardiaques.
  • Micrographie : les affections provoquant une faiblesse musculaire ou des troubles du mouvement sont également susceptibles d’entraîner des changements dans l’écriture. C’est le cas notamment de certaines formes de dystrophie musculaire ou de la sclérose en plaques.

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Commentaires (23)

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  1. Liliane Bartout

    Y a t’il une plante qui fraine l’évolution de cette maladie en dehors
    du modopar ?

    Répondre
    1. Amandine

      Bonjour

      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Certaines études suggèrent que le Bacopa monnieri pourrait potentiellement ralentir la progression de la maladie de Parkinson, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer son efficacité.
      Bonne fin de journée.
      Amandine

      Répondre
  2. Bhartee KESHAV

    Un tremblement au niveau de la mâchoire inférieure, est ce un signe de Parkinson.

    Répondre
    1. Amandine

      Bonjour

      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Un tremblement au niveau de la mâchoire inférieure peut être un signe de troubles neurologiques, mais ce n’est pas spécifique à la maladie de Parkinson et peut avoir d’autres causes. Consultez un professionnel de la santé pour un diagnostic précis.
      Bonne journée.
      Amandine

      Répondre
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