Le GIR 2 désigne une perte d’autonomie lourde. La personne âgée est confinée au lit ou au fauteuil, ses fonctions intellectuelles sont partiellement altérées, elle a besoin d’aide pour la majorité des actes essentiels. À ce niveau, le maintien à domicile devient souvent intenable et l’entrée en EHPAD[2] s’impose. La grande question pour la famille devient alors financière : combien va-t-il rester à payer chaque mois, une fois toutes les aides activées ? La réponse dépend largement des ressources du résident. Voici quatre cas concrets de simulation pour 2026.

Calculez votre reste à charge en EHPAD

Ce que couvre l’APA pour un GIR 2 en établissement

En EHPAD, l’APA sert à couvrir une partie du tarif dépendance[3] facturé par l’établissement. Pour un GIR[1] 2, le tarif dépendance moyen national tourne autour de 22,66 euros par jour en 2026, soit environ 680 euros par mois

L’APA prend en charge la différence entre ce tarif et le ticket modérateur, qui est le tarif dépendance des GIR 5-6 (environ 6,10 euros par jour, soit 180 euros par mois).

Pour un résident GIR 2 dont les ressources mensuelles sont inférieures à 2 846,77 euros, l’APA peut atteindre environ 500 euros par mois en 2026 et le résident ne paie au titre de la dépendance que le ticket modérateur. 

  • Au-delà de ce seuil de ressources, une participation supplémentaire est demandée au résident sur la base d’un calcul par tranches. 
  • Au-dessus de 4 380 euros mensuels, l’APA n’est plus versée et le résident règle l’intégralité du tarif dépendance.

Le plafond national du plan d’aide APA en GIR 2, plus connu pour le domicile, est de 1 682,30 euros par mois en 2026. Il ne s’applique pas directement en EHPAD puisque la logique est celle d’une dotation globale dépendance versée à l’établissement, mais il sert souvent de référence quand un retour à domicile partiel est envisagé.

calcul du montant de l'apa en ehpd pour un senior en gir 2

Simulation GIR 2 : profils et analyse au cas par cas

Pour rendre les simulations comparables, nous avons retenu un même établissement type, situé en région intermédiaire (Grand Ouest), avec un tarif hébergement de 2 200 euros par mois et un tarif dépendance GIR 1-2 de 680 euros par mois. Chaque résident est seul, sans conjoint à domicile, et bénéficie de l’APL en EHPAD pour 130 euros estimés en moyenne. Le minimum laissé au résident en cas d’ASH est de 125 euros par mois en 2026. L’obligation alimentaire n’est mobilisée que dans le cas le plus modeste, lorsque le résident bascule en ASH.

Quatre profils, quatre restes à charge

Le tableau suivant détaille la mécanique financière pour chacune des quatre situations.

ProfilMadame A. retraite 800 eurosMonsieur B. retraite 1 500 eurosMadame C. retraite 2 200 eurosMonsieur D. retraite 3 000 euros
Tarif hébergement2 200 euros2 200 euros2 200 euros2 200 euros
Tarif dépendance GIR 2680 euros680 euros680 euros680 euros
Facture brute mensuelle2 880 euros2 880 euros2 880 euros2 880 euros
APA versée à l’établissement500 euros500 euros500 euros0 euro
APL estimée200 euros180 euros130 euros0 euro
Reste à payer avant ASH2 180 euros2 200 euros2 250 euros2 880 euros
Ressources disponibles800 euros1 500 euros2 200 euros3 000 euros
Manque à couvrir1 380 euros700 euros50 euros0 euro (excédent 120 euros)
ASH mobilisableOui, pleinOui, partielleNon en pratiqueNon
Obligation alimentaire enfantsSelon barème départemental, environ 400 à 900 euros répartisMarginaleNonNon
Argent de poche laissé au résident125 euros (minimum légal)125 euros préservés par contribution famillevariablelibre

Analyse cas par cas

Madame A., 800 euros de retraite

Avec une retraite à 800 euros, le manque à combler atteint 1 380 euros par mois après APA et APL. L’ASH est indispensable. Le département verse le complément à l’EHPAD, mais récupère 90 % de la retraite de la résidente (la laissant à 125 euros d’argent de poche minimum) et active l’obligation alimentaire auprès des enfants. Selon le nombre d’enfants et leurs revenus, la contribution totale demandée à la fratrie peut osciller entre 400 et 900 euros par mois, répartis proportionnellement aux ressources de chacun. L’ASH est récupérable sur la succession, point à anticiper si la résidente possède un bien immobilier.

Monsieur B., 1 500 euros de retraite

Le manque s’élève à 700 euros par mois. Plusieurs scénarios sont possibles. Si Monsieur B. possède une épargne modeste (livret, assurance-vie), il peut la mobiliser pour couvrir le différentiel pendant plusieurs années. Sinon, il peut activer l’ASH pour la part non couverte. Dans ce second cas, la contribution des enfants restera marginale dans la plupart des départements, car le calcul du reste à vivre de chaque obligé alimentaire intègre leurs propres charges. L’obligation alimentaire n’est jamais une équation comptable simple : chaque conseil départemental applique son propre barème de reste à vivre.

Madame C., 2 200 euros de retraite

Avec 2 200 euros, Madame C. est presque à l’équilibre, le manque de 50 euros peut être couvert par une légère épargne ou par les enfants à titre informel, sans démarche ASH. C’est la situation la plus courante dans les EHPAD français : juste au seuil, mais sans aide sociale activée. L’APA est conservée, le crédit d’impôt[4] obligation alimentaire peut être mobilisé par les enfants qui contribuent volontairement.

Monsieur D., 3 000 euros de retraite

Au-dessus du seuil de revenus, Monsieur D. ne perçoit plus d’APL et son APA est diminuée par la participation par tranches. La facture est intégralement supportée par ses propres ressources, avec même 120 euros d’excédent mensuel qu’il peut épargner. Aucun recours à la solidarité familiale ou départementale n’est nécessaire. C’est un profil minoritaire en EHPAD, mais courant dans les établissements premium d’Île-de-France.

senior qui calcule le montant du reste à charge en ehpad après déduction des aides financières

Trois leviers pour réduire le reste à charge

  • APL en EHPAD. L’établissement doit être conventionné. Beaucoup de familles oublient de la demander, alors qu’elle peut représenter 100 à 250 euros par mois selon les ressources. La demande se fait auprès de la CAF avec le numéro de convention de l’établissement.
  • Déduction fiscale pour obligation alimentaire. Si vous contribuez aux frais d’EHPAD d’un parent dans le besoin, vous pouvez déduire 4 075 euros forfaitaires de vos revenus 2025 à déclarer en 2026, ou plus sur frais réels justifiés. Conservez les preuves de virement.
  • Choix d’un EHPAD habilité ASH dès l’entrée. Même si l’ASH n’est pas demandée immédiatement, cela préserve l’option si les économies s’épuisent au bout de quelques années. Un EHPAD non habilité ne pourra jamais basculer en ASH en cours de séjour, sauf condition très spécifique des cinq ans.

FAQ

Quel est le montant maximal de l’APA en EHPAD pour un GIR 2 en 2026 ?

L’APA en EHPAD couvre la différence entre le tarif dépendance GIR 1-2 et le ticket modérateur GIR 5-6. Pour un résident dont les ressources sont inférieures à 2 846,77 euros par mois, l’APA atteint environ 500 euros par mois en moyenne nationale.

Le minimum laissé au résident en ASH est-il vraiment de 125 euros ?

Oui, c’est le minimum légal en 2026 pour une personne seule. Le département prélève le reste de la retraite pour participer au tarif hébergement. Ce minimum est destiné aux dépenses personnelles (mutuelle, vêtements, sorties).

Mes parents ont-ils intérêt à se déclarer mariés pour réduire la facture ?

Le statut marital n’a pas d’incidence sur le tarif hébergement de l’EHPAD. En revanche, si un conjoint reste à domicile, le barème ASH prévoit un minimum laissé plus élevé pour préserver son train de vie.

L’obligation alimentaire est-elle calculée nationalement ?

Non. Chaque conseil départemental fixe son propre barème de reste à vivre et son taux de contribution. La répartition entre enfants est proportionnelle aux revenus de chacun, ce n’est jamais une division stricte par le nombre d’enfants.

Combien de temps une famille peut-elle tenir avec une retraite de 1 500 euros sans ASH ?

Tout dépend de l’épargne disponible. Avec un déficit mensuel de 700 euros, une épargne de 50 000 euros tient environ 6 ans. Au-delà, l’ASH devient incontournable, sauf à mobiliser plus fortement la solidarité familiale.

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Avatar auteur, Augustin
Augustin,Augustin , rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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