
Le nombre de personnes âgées dépendantes est en constante augmentation.
La prise en charge de la dépendance devient ainsi un enjeu de taille pour le gouvernement, qui envisage un 5e risque, combinant solidarité et assurance.
L'APA (Allocation personnalisée d'autonomie), qui est aujourd'hui l'aide à la dépendance la plus sollicitée, pourrait alors subir des modifications.
L'APA sera-t-elle remplacée ou limitée à la prise en charge de la grande dépendance ?
Au 31 mars 2010, 1 138 500 personnes bénéficient de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) et la perspective est connue : le nombre de personnes âgées fortement dépendantes augmente d'environ 1% par an.
D'ici 2040, si les prévisions de l'Insee se réalisent, la France comptera 1,2 millions de personnes âgées dépendantes pouvant prétendre à l'
APA, soit 43 % de plus qu'en 2000. Devant cet enjeu, la piste d'un risque dépendance - le 5e risque - devient de plus en plus actuelle.
L'avenir de l'APA semble rencontrer quelques difficultés !
En effet, les quatre branches de la Sécurité sociale (maladie, accidents du travail et maladie professionnelle, famille, vieillesse) ne suffiront pas pour résoudre ce défi démographique.
Afin d'assurer la prise en charge de la dépendance, le gouvernement envisage ainsi d'ajouter un 5e risque - le risque dépendance - qui remplacera les dispositifs qui existent actuellement, dont l'
APA.
Les personnes âgées de plus de 60 ans qui ont « besoin d'être aidées pour l'accomplissement des actes essentiels de la vie ou requièrent une surveillance régulière » ont droit à l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA).
A domicile, cette aide permet de payer les dépenses figurant dans le plan d'aide personnalisé de l'aîné (aide ménagère, travaux d'adaptation du logement, fauteuil roulant, déambulateur...)
En maison de retraite, l'
APA aide le pensionnaire à financer le tarif dépendance.
En 2009, le
nombre de personnes bénéficiaires de l
'APA dépassait un million, soit un coût d'environ 5 milliards d'euros pour l'Etat.
L
'APA est financée à 68 % par les départements, le reste étant couvert par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie).
Sans réforme, en 2040 le coût de l'
APA pourrait s'élever
à quelque 10 milliards d'euros. Les Conseils généraux ne pourront faire face à des dépenses de cet ordre.
Par ailleurs, l
'APA ne suffit pas à couvrir tous les frais liés à la perte d'autonomie. Le « reste à charge » des familles demeure élevé.
En outre, le nombre moyen d'aidants potentiels par aîné dépendant diminue parallèlement au vieillissement de la population.
L'aide sociale, des avantages fiscaux et l'aide au logement complètent l'
APA, mais profitent plus aux personnes modestes (qui jouissent de toutes les aides) ou aux plus riches (avantages fiscaux + APA malgré leurs revenus). Quant aux classes moyennes, elles risquent de ne bénéficier d'aucun de ces avantages...