L’été est une saison redoutée par les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et par leurs proches. La chaleur amplifie les tremblements, allonge les phases OFF, perturbe le sommeil et favorise la déshydratation. Une étude australienne menée à Brisbane a montré que 74 % des patients interrogés constatent une aggravation des symptômes moteurs sous l’effet de la chaleur, et 82 % une multiplication des symptômes non moteurs. L’alimentation et l’hydratation deviennent alors des leviers essentiels, à manier avec précision pour ne pas perturber l’efficacité de la L-DOPA.
Pourquoi la chaleur aggrave Parkinson
Plusieurs mécanismes se combinent :
- La maladie elle-même altère la régulation de la température corporelle car le système nerveux autonome fonctionne moins bien.
- Certains traitements antiparkinsoniens et anticholinergiques réduisent la transpiration et la vascularisation cutanée, ce qui empêche le corps de se rafraîchir efficacement.
- La déshydratation, parfois insidieuse, modifie l’absorption intestinale de la L-DOPA et favorise les chutes de tension orthostatiques.
Le résultat est concret : Robert, 76 ans, sous L-DOPA depuis huit ans, a vu ses blocages doubler pendant la canicule[1] de l’été 2025. Son neurologue a découvert qu’il buvait moins d’un litre par jour et sautait son petit-déjeuner par perte d’appétit.

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L’hydratation, première priorité
L’objectif est d’atteindre 1,5 à 2 litres de liquides par jour, à répartir en petites prises régulières. Une personne âgée ne ressent souvent plus la soif, surtout en été. Il faut donc proposer activement à boire toutes les heures.
Les boissons à privilégier
- Eau plate à température ambiante (mieux tolérée que glacée)
- Eau aromatisée maison (citron, menthe, concombre)
- Tisanes froides légèrement infusées
- Bouillons légers riches en sel et minéraux
- Eaux gélifiées en cas de troubles de la déglutition
Les boissons à éviter
- Alcool, qui aggrave la déshydratation et interagit avec les traitements
- Sodas très sucrés qui ne désaltèrent pas
- Café et thé fort en grandes quantités (effet diurétique)
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Adapter les repas à la chaleur
L’appétit chute spontanément en période chaude. Il faut donc privilégier des repas plus légers mais plus fréquents, et choisir des aliments riches en eau.
Fractionner les prises alimentaires
Cinq à six petites prises par jour valent mieux que trois repas copieux. Cela évite la digestion lourde qui aggrave la fatigue et facilite la prise des traitements aux bons horaires. Une collation à 10 heures, une à 16 heures et une légère collation du soir complètent bien les trois repas principaux allégés.
Les aliments riches en eau à privilégier
| Aliment | Teneur en eau | Intérêt |
|---|---|---|
| Concombre | 96 % | Hydratation, peu calorique |
| Pastèque | 92 % | Riche en lycopène, rafraîchissante |
| Tomate | 94 % | Apport en potassium et antioxydants |
| Courgette | 95 % | Facile à mâcher, douce |
| Melon | 90 % | Vitamines A et C |
| Yaourt nature | 85 % | Protéines et calcium |
| Soupe froide (gaspacho) | 90 % | Hydrate et nourrit en un repas |
La question délicate des protéines et de la L-DOPA
Les protéines de l’alimentation entrent en compétition avec la L-DOPA au moment de l’absorption intestinale. Ce phénomène est encore plus marqué quand la digestion est ralentie par la chaleur. La recommandation classique reste de prendre la L-DOPA 30 minutes avant les repas, ou deux heures après, pour préserver son efficacité.
En été, certains neurologues conseillent de regrouper les apports protéiques (viande, poisson, fromage, œufs) sur le repas du soir, quand la température baisse et que la digestion est plus stable. Cela permet de garder une bonne efficacité du traitement pendant la journée.

Gérer la constipation aggravée par la chaleur
La constipation, déjà fréquente dans Parkinson, s’aggrave avec la déshydratation estivale. Elle perturbe aussi l’absorption de la L-DOPA. Pour la prévenir, augmentez les fibres douces (compote de pruneaux, kiwi, figues fraîches), maintenez une activité physique douce le matin ou en fin d’après-midi, et veillez à l’hydratation. Un transit régulier améliore directement l’efficacité du traitement.
Les signes d’alerte à connaître
Certains signes doivent conduire à appeler le médecin sans attendre.
- Confusion soudaine ou désorientation inhabituelle
- Bouche très sèche, langue rétractée, urines très foncées
- Perte de poids rapide en quelques jours
- Chutes répétées, vertiges au lever
- Blocages prolongés inhabituels malgré le traitement habituel
- Température supérieure à 38,5 °C
Conseils pratiques pour l’environnement
- Garder les volets fermés en journée, aérer la nuit
- Utiliser un ventilateur orienté vers les murs (pas directement sur la personne)
- Humidifier la peau avec un brumisateur ou un linge humide
- Porter des vêtements en coton ou en lin amples et clairs
- Sortir uniquement avant 10 heures ou après 19 heures
- Prévoir une réserve de médicaments et d’eau en cas de canicule annoncée
Questions fréquentes
La canicule peut-elle remettre en cause le traitement habituel ?
Le traitement n’est jamais à modifier sans avis du neurologue, mais les horaires de prise peuvent être ajustés en cas de fluctuations marquées. Un point téléphonique avec le neurologue est utile dès les premiers signes d’aggravation.
Faut-il prendre des compléments alimentaires en été ?
Seulement sur prescription. Un bilan biologique (ionogramme, créatinine) en début d’été permet d’identifier d’éventuelles carences à corriger, notamment en sodium et potassium.
Les boissons enrichies en protéines sont-elles indiquées ?
Elles peuvent l’être en cas de dénutrition[2], mais doivent être prises à distance de la L-DOPA, idéalement le soir ou en collation, jamais juste avant la dose suivante.
Comment savoir si l’on boit assez ?
La couleur des urines est un bon indicateur. Des urines claires comme du jus de pomme dilué signalent une bonne hydratation. Des urines foncées indiquent qu’il faut boire davantage.
Existe-t-il un risque accru de coup de chaleur dans Parkinson ?
Oui. La régulation thermique est altérée et certains traitements réduisent la transpiration. La vigilance doit être renforcée dès 28 °C en intérieur, et un appel au médecin traitant est indispensable au moindre signe inhabituel.
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[1] Canicule
La canicule est une période où les températures sont très élevées pendant plusieurs jours, ce qui peut être dangereux pour la santé des personnes âgées.
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[2] Dénutrition
La dénutrition est un manque de nutriments dans leur alimentation, ce qui peut entraîner une perte de poids, une faiblesse physique et des problèmes de santé chez la personne âgée.
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