L’été est paradoxalement la période la plus dure pour les proches aidants. Les services à domicile tournent en effectifs réduits, les médecins traitants partent en vacances, les voisins relais sont absents. Quand l’aidant lui-même s’effondre (insomnie, larmes au volant, perte d’appétit, sentiment d’enfermement), il faut savoir qu’en juillet 2026, cinq types de structures restent opérationnels et accessibles rapidement. Voici lesquelles, à quel prix, et comment activer la solution la plus adaptée.
Reconnaître le burn-out de l’aidant en été
Avant de chercher une solution, il faut nommer la situation. Le burn-out de l’aidant suit des signaux précis que les médecins généralistes et les psychologues identifient comme une urgence.
- Troubles du sommeil persistants depuis plus de 3 semaines
- Crises de larmes incontrôlables ou irritabilité explosive
- Perte ou prise de poids supérieure à 5 kg en deux mois
- Pensées d’évitement (« je voudrais qu’il parte en EHPAD[1] demain »)
- Isolement social total, refus des invitations
- Apparition ou aggravation de pathologies (HTA, diabète, lombalgies)
- Consommation d’alcool ou de psychotropes en augmentation
Selon France Alzheimer[2], 1 aidant sur 3 développe une dépression[3] caractérisée. Le risque de surmortalité de l’aidant est de 60% supérieur à celui de la population générale après 6 ans d’aide intensive. L’été aggrave tout : canicule[4], fatigue accumulée, défaillance des relais habituels.

Structure 1 : l’hébergement temporaire en EHPAD
C’est la solution la plus rapide en juillet. Tous les EHPAD disposent de places en hébergement temporaire, réservées par convention au répit des aidants ou à la convalescence post-hospitalisation. La durée maximale est de 90 jours par an, fractionnables.
| Poste | Montant moyen 2026 |
|---|---|
| Chambre simple | 2 733 € / mois (environ 91 € / jour) |
| Chambre double | 2 541 € / mois (environ 85 € / jour) |
| Aide au répit (APA) | 583 € par an |
| Aide si hospitalisation aidant | 1 159 € maximum |
L’APA peut financer une partie. Il faut demander au conseil départemental d’inscrire l’hébergement temporaire dans le plan d’aide. La majoration « droit au répit » permet un complément spécifique de 583 € par an, mobilisable sans démarche complexe.
Structure 2 : l’accueil de jour
L’accueil de jour est adapté quand l’aidant veut souffler quelques heures par jour sans rupture totale. La personne aidée est prise en charge de 9h à 17h dans un établissement médico-social, le plus souvent un EHPAD avec une unité spécifique.
- Tarif journalier : 30 € à 50 € repas et transport compris
- Financement APA : jusqu’à 583 € par an en complément du plan d’aide
- Fréquence : 1 à 5 jours par semaine selon les places disponibles
En juillet et août, beaucoup d’accueils de jour réduisent leur capacité pour congés. Il faut anticiper, idéalement dès mai, mais des annulations de dernière minute permettent souvent de trouver une place.
Structure 3 : le baluchonnage (relayage à domicile)
Encadré par la loi ESSOC du 10 août 2018 et pérennisé par la loi du 8 avril 2024 dite loi bien vieillir, le baluchonnage permet à un professionnel unique de remplacer l’aidant à domicile pendant 2 à 6 jours consécutifs. Le quotidien reste inchangé pour la personne aidée, c’est l’aidant qui part.
Conditions
- Diagnostic médical (Alzheimer, Parkinson, maladie chronique, handicap)
- Convention avec une structure adhérente à Baluchon France
- Préparation en amont (visite à domicile, fiche de transmission)

Coût
Le coût brut tourne autour de 150 € à 250 € par jour selon les structures. Les financeurs possibles sont multiples : APA (volet répit), PCH pour les moins de 60 ans, fondations privées (AG2R, Klesia, Malakoff Humanis), contrats de prévoyance dépendance[5]. Le reste à charge peut tomber à 30-60 € par jour.
Structure 4 : les séjours vacances aidant-aidé (France Alzheimer et autres associations)
France Alzheimer et associations locales organisent chaque été des séjours répit où l’aidant et la personne aidée partent ensemble, mais avec une équipe professionnelle qui prend en charge l’aidé pendant que l’aidant profite d’activités libres ou de groupes de parole.
Format type
- Durée : 1 à 2 semaines
- Lieu : centre de vacances adapté (Alpes, Vendée, Auvergne, Côte d’Azur)
- Encadrement : médecin, psychologue, animateurs, auxiliaires de vie
- Activités aidant : sophrologie, randonnée, ateliers d’art, temps libres
- Activités aidé : ateliers mémoire, musicothérapie, jardinage thérapeutique
Coût
Le tarif « tout compris » varie de 800 € à 1 800 € par couple aidant-aidé selon la durée et le confort. Les associations négocient des bourses (AG2R Réunica, Fondation de France, ANCV-Seniors en Vacances) pour ramener le reste à charge à 200-400 €. Il faut s’inscrire dès le mois de mars en règle générale, mais des annulations en juin-juillet libèrent souvent des places.
Structure 5 : la plateforme de répit (PFR) de votre ARS
Les plateformes d’accompagnement et de répit (PFR) sont des dispositifs financés par les Agences Régionales de Santé. Elles ne remplacent pas les aidants mais elles coordonnent, conseillent, orientent vers la bonne solution. Elles sont GRATUITES et ouvertes toute l’année.
Ce qu’elles proposent
- Écoute téléphonique 5 jours sur 7, parfois 7 jours sur 7 en été
- Évaluation à domicile par une équipe psychosociale
- Groupes de parole et formations pour aidants
- Bilan répit personnalisé
- Orientation prioritaire vers un hébergement temporaire ou un baluchonnage
Comment les trouver
Annuaire sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, rubrique « près de chez moi ». Il existe environ 200 PFR en France, une par bassin de vie en moyenne. Le numéro national d’aide aux aidants (3977 pour les signalements de maltraitance, mais aussi des numéros départementaux dédiés répit) oriente vers la PFR de votre secteur.
Tableau récapitulatif : quelle structure choisir ?
| Structure | Durée | Coût brut | Délai d’accès | Idéale pour |
|---|---|---|---|---|
| Hébergement temporaire EHPAD | 1 à 90 jours | 85-95 € / jour | 1 à 2 semaines | Burn-out aigu, vacances aidant |
| Accueil de jour | 1 à 5 jours / semaine | 30-50 € / jour | 2 à 4 semaines | Soulagement quotidien |
| Baluchonnage | 2 à 14 jours | 150-250 € / jour | 3 à 6 semaines | Aidé refusant de quitter le domicile |
| Séjour aidant-aidé | 1 à 2 semaines | 800-1 800 € total | Inscriptions au printemps | Rester ensemble, souffler |
| PFR (plateforme de répit) | Permanent | Gratuit | 1 à 7 jours | Coordination, écoute, orientation |
Le bon réflexe en juillet 2026
Si vous sentez le burn-out arriver, ne restez pas seul. Trois actions à réaliser dans l’ordre.
- Utiliser la plateforme de répit (PFR) de votre département : évaluation en 4 à 7 jours
- Contacter le Conseil départemental (service APA) : mobilisation du droit au répit 583 € sans nouvelle évaluation
- Demander un congé proche aidant (non remunéré) auprès de votre employeur, avec une possiblité de rémuneration via une indemnité (AJPA)
Tout cela peut se faire en moins de 15 jours, y compris en plein été. Les structures de répit ne ferment pas en juillet, contrairement aux idées reçues.
Questions fréquentes
Mon proche refuse catégoriquement d’aller en hébergement temporaire, que faire ?
Le baluchonnage est conçu exactement pour cette situation : c’est l’aidant qui part, l’aidé reste chez lui avec un professionnel unique. La transition est moins anxiogène pour les personnes atteintes de troubles cognitifs.
L’APA finance-t-elle aussi un séjour aidant-aidé ?
Pas directement, mais la majoration « droit au répit » de 583 € par an peut être utilisée pour le coût d’un séjour répit en association. Le département vérifie l’éligibilité au cas par cas.
Combien de jours d’arrêt de travail pour épuisement d’aidant ?
Le congé proche aidant donne droit à 3 mois renouvelables (66 jours d’AJPA par personne aidée, dans la limite de 264 jours indemnisés sur la carrière) par l’AJPA (allocation journalière du proche aidant).
Je suis salarié, mon employeur peut-il refuser mon congé proche aidant ?
Non, le congé est de droit dès lors que la justification médicale est apportée. L’employeur peut différer le départ de 1 mois maximum, sauf en cas d’urgence prouvée.
Le baluchonnage est-il déductible des impôts ?
Oui, comme service à la personne. Crédit d’impôt[6] de 50% dans la limite de 12 000 € à 20 000 € selon la situation familiale. Universel, même pour les non-imposables.
✅ Article relu par l’équipe éditoriale avec le concours d’un contributeur expert médico-social chez Cap Retraite. Son expérience de terrain et sa connaissance des dispositifs d’aide et d’accompagnement permettant d’apporter un regard fiable et pertinent aux lecteurs.
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[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est une maladie qui affecte le cerveau, entraînant des pertes de mémoire et des difficultés à penser clairement, rendant progressivement les tâches quotidiennes plus difficiles.
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[3] Dépression
La dépression est un état de tristesse profonde et prolongée, où une personne perd l’intérêt pour les activités et se sent épuisée, qui est très fréquent chez les seniors.
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[4] Canicule
La canicule est une période où les températures sont très élevées pendant plusieurs jours, ce qui peut être dangereux pour la santé des personnes âgées.
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[5] Dépendance
La dépendance de la personne âgée désigne le besoin d’aide pour réaliser les tâches de la vie quotidienne en raison de problèmes physiques ou mentaux.
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[6] Impôt
L’impôt est une somme d’argent que les citoyens et les entreprises paient régulièrement au gouvernement. Cet argent est utilisé pour financer des services publics comme les écoles, les routes, et…
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