La maladie de Parkinson touche environ 270 000 personnes en France, et une partie d’entre elles vit en EHPAD[1], souvent à un stade avancé de la maladie. Longtemps, la prise en charge en établissement s’est limitée aux comprimés de lévodopa donnés à heures plus ou moins régulières. En 2026, plusieurs avancées concrètes changent la donne pour les résidents parkinsoniens. Voici cinq innovations documentées, ce qu’elles apportent réellement au quotidien, et leurs limites, car aucune ne remplace l’avis du neurologue.
1. La perfusion sous-cutanée continue de lévodopa
Une association de foslevodopa et de foscarbidopa (des précurseurs de la lévodopa et de la carbidopa) peut désormais être administrée en continu sur 24 heures, par une petite pompe portable reliée à un cathéter sous la peau de l’abdomen.
Ce traitement, approuvé en Europe en 2023, est disponible et remboursé en France pour la maladie de Parkinson à un stade avancé, avec des fluctuations motrices sévères insuffisamment contrôlées par les traitements oraux.
Concrètement, la perfusion continue lisse les taux de lévodopa dans le sang. Dans les études de phase 3, les patients ont gagné en moyenne près de deux heures de temps ON (périodes où les symptômes sont contrôlés) par rapport à la lévodopa orale, avec une réduction des périodes OFF.
Attention toutefois : ce traitement ne convient pas à tous les profils, il nécessite une surveillance des points d’injection (des réactions cutanées sont possibles) et la décision revient exclusivement au neurologue.

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2. Les pompes à apomorphine, mieux maîtrisées en établissement
La perfusion sous-cutanée d’apomorphine existe depuis plus longtemps, mais son usage en EHPAD progresse. Elle s’adresse aux patients avec des fluctuations sévères, en alternative ou en attente d’autres traitements de seconde ligne.
La nouveauté ne tient pas à la molécule mais à l’organisation : de plus en plus d’établissements travaillent avec des prestataires de santé à domicile et des infirmières formées à la gestion des pompes, ce qui permet à un résident d’en bénéficier sans hospitalisation prolongée. Là encore, l’indication est posée par le neurologue, et l’EHPAD doit garantir une surveillance infirmière adaptée.
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3. Le télésuivi et les capteurs de mouvement
Des dispositifs d’actimétrie (bracelets ou capteurs portés au poignet) savent aujourd’hui repérer les tremblements, les ralentissements et les mouvements involontaires, puis transmettre ces données sur une plateforme sécurisée que le neurologue peut consulter à distance. Des travaux de recherche français, notamment autour du réseau d’experts NS-PARK, évaluent l’utilisation de ces capteurs pour ajuster plus finement les traitements en fonction des fluctuations réelles du patient.
Pour un résident d’EHPAD éloigné d’un centre expert, l’intérêt est double : objectiver les périodes OFF que l’équipe soignante ne voit pas toujours, et préparer des téléconsultations de neurologie plus utiles, car appuyées sur des données concrètes plutôt que sur des souvenirs approximatifs. Ces outils restent en déploiement progressif et ne sont pas disponibles partout.

4. La rééducation intensive, kiné et orthophonie structurées
Les recherches récentes confirment que l’exercice physique régulier et la rééducation à bonne intensité aident à préserver la marche, l’équilibre et l’autonomie dans la maladie de Parkinson. Les EHPAD les plus avancés ne se contentent plus d’une séance de kiné occasionnelle : ils mettent en place des programmes structurés (travail de l’amplitude des mouvements, renforcement, équilibre, prévention des chutes) et de l’activité physique adaptée en groupe.
L’orthophonie suit la même logique, avec un travail ciblé sur la voix et surtout sur la déglutition, car les fausses routes sont l’un des principaux risques au stade avancé. Un établissement qui organise l’accès régulier à un kinésithérapeute[2] et à un orthophoniste formés au Parkinson offre un vrai bénéfice fonctionnel à ses résidents.
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5. Une coordination neurologique enfin organisée
Dernière évolution, moins spectaculaire mais décisive : la coordination entre l’EHPAD et la filière neurologique. Cela passe par la télémédecine (consultations de suivi sans transport épuisant), par des protocoles écrits sur les horaires de traitement à heure fixe, et par la formation des équipes aux spécificités de la maladie : phases ON/OFF, médicaments à ne jamais donner (certains neuroleptiques aggravent les symptômes), signes d’alerte. Le médecin coordonnateur joue ici un rôle central de relais entre le neurologue traitant et les soignants du quotidien.
Ces innovations ont un point commun : elles supposent un EHPAD organisé et une décision médicale au cas par cas. La perfusion continue de lévodopa, par exemple, concerne une minorité de patients soigneusement sélectionnés. Avant toute demande, parlez-en au neurologue ou au gériatre qui suit votre proche, et interrogez l’établissement sur ce qu’il est réellement en mesure de mettre en place.
Questions fréquentes
La pompe à lévodopa est-elle possible en EHPAD ?
Oui, sous conditions : indication posée par un neurologue, formation de l’équipe infirmière et suivi rapproché, souvent avec l’appui d’un prestataire de santé. Tous les établissements ne sont pas encore en mesure de l’accompagner.
La stimulation cérébrale profonde concerne-t-elle les résidents d’EHPAD ?
Rarement. Cette chirurgie s’adresse à des profils précis, généralement plus jeunes et sans troubles cognitifs marqués. En revanche, un résident déjà implanté doit bénéficier d’un suivi spécialisé régulier, ce que l’EHPAD doit organiser.
Comment savoir si un EHPAD est vraiment formé au Parkinson ?
Posez des questions concrètes lors de la visite : comment sont garantis les horaires de traitement, combien de résidents parkinsoniens l’établissement accueille, quel lien avec un neurologue, quelle fréquence de kiné et d’orthophonie. Les réponses vagues sont un signal d’alerte.
Ces nouveaux traitements sont-ils remboursés ?
La perfusion sous-cutanée continue de foslevodopa/foscarbidopa est prise en charge en France dans son indication (stade avancé avec fluctuations sévères). La maladie de Parkinson est par ailleurs une affection de longue durée, avec une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie.
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[1] EHPAD
Les EHPAD sont des établissements médicalisés qui accueillent des personnes âgées qui ont besoin de soins médicaux réguliers et d’une aide dans leur vie quotidienne.
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[2] Kinésithérapeute
Le kinésithérapeute est un spécialiste qui aide les gens à récupérer leur mobilité et à soulager leurs douleurs à travers des exercices et des massages.
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