Vous avez un Plan Épargne Retraite (PER) et vous allez entrer en EHPAD[1] ? Le capital que vous avez constitué au fil des années peut vous aider à financer votre séjour et à réduire le reste à charge. Mais avant de retirer votre épargne, mieux vaut comprendre les conséquences fiscales de cette opération. La fiscalité applicable au PER évolue notamment en 2026, avec une modification des prélèvements sociaux applicables à certains produits d’épargne. Comment utiliser votre PER pour financer votre hébergement sans mauvaise surprise fiscale ? Découvrez les possibilités de sortie du plan et les points à vérifier avant de débloquer votre épargne.

Trouver un EHPAD

Rappel : ce qu’est le PER et comment on en sort

Le PER, créé par la loi Pacte, est une enveloppe d’épargne bloquée jusqu’à la retraite (hors cas de déblocage anticipé limités : accidents de la vie comme l’invalidité, le décès du conjoint, le surendettement, la fin de droits au chômage, ou encore l’achat de la résidence principale pour l’épargne issue de versements volontaires). 

À la retraite, trois modes de sortie existent :

  • en capital, en une fois ou de façon fractionnée sur plusieurs années ;
  • en rente viagère, versée jusqu’au décès ;
  • en mixte, une partie en capital, une partie en rente.

Point essentiel : une fois à la retraite, rien n’oblige à liquider le PER immédiatement. On peut le laisser fructifier et ne le débloquer que le jour où le besoin apparaît, par exemple lors d’une entrée en établissement un âge avancé.

conditions du per en 2026

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La fiscalité de sortie en 2026 : le point clé

La fiscalité dépend du choix fait à l’entrée : versements déduits du revenu imposable, ou non déduits.

Si vos versements ont été déduits (cas le plus fréquent)

  • La part de capital correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l’impôt[2] sur le revenu (sans abattement de 10 %).
  • Les gains (plus-values) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique. En 2026, avec la hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital (CSG relevée, portant le total des prélèvements sociaux à 18,6 %), le PFU global atteint 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Ces paramètres peuvent encore évoluer au fil des lois de finances : vérifiez les taux en vigueur au moment de votre sortie.

Si vos versements n’ont pas été déduits

  • Le capital correspondant aux versements ressort exonéré d’impôt.
  • Seuls les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique.

En cas de sortie en rente

La rente issue de versements déduits est imposée comme une pension de retraite (barème, après abattement de 10 %), avec des prélèvements sociaux sur une fraction. Issue de versements non déduits, elle suit le régime des rentes viagères à titre onéreux, imposées sur une fraction seulement selon l’âge au premier versement (30 % après 69 ans).

LIRE AUSSI : Peut-on encore épargner à la retraite ? Une étude apporte des réponses claires

La stratégie utile en EHPAD : la sortie fractionnée

Une sortie importante en capital sur une seule année peut augmenter le revenu imposable de l’année concernée, puisque la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Des retraits répartis sur plusieurs années peuvent permettre d’étaler cette imposition, selon la situation fiscale du titulaire.

Autre intérêt : les frais d’EHPAD ouvrent droit, pour le résident imposable, à la réduction d’impôt de 25 % des dépenses de dépendance[3] et d’hébergement (plafond de 10 000 euros de dépenses, soit 2 500 euros de réduction maximale, case 7CD). Cette réduction d’impôt peut diminuer l’impôt dû au titre de l’année, sous réserve de remplir les conditions applicables. 

utilisation de la sortie fractionnée des fonds du per pour payer l'ehpad

LIRE AUSSI : Impôts et EHPAD 2026 : les 4 réductions fiscales qui restent accessibles aux familles cette année

Exemple chiffré

Jacqueline, 84 ans, veuve, perçoit 1 450 euros de retraite nette par mois. Elle entre en EHPAD à 2 350 euros mensuels. Après APA, son reste à charge atteint environ 800 euros par mois, soit 9 600 euros par an. Elle détient un PER de 90 000 euros, alimenté par des versements déduits (60 000 euros de versements, 30 000 euros de gains).

  • Elle opte pour des retraits fractionnés de 10 000 euros par an : environ 6 700 euros imposés au barème (part versements) et 3 300 euros de gains taxés au PFU.
  • Restée dans une tranche marginale modérée, elle paie nettement moins d’impôt que si elle avait retiré 90 000 euros d’un coup, ce qui l’aurait propulsée dans les tranches supérieures.
  • Ses dépenses d’EHPAD peuvent également lui ouvrir droit à une réduction d’impôt, sous réserve de remplir les conditions applicables. Cette réduction vient diminuer l’impôt dû dans la limite de son montant.

Dans cette simulation simplifiée, 90 000 euros correspondent à environ neuf années de reste à charge de 9 600 euros par an, avant de tenir compte de la fiscalité des retraits, des frais éventuels et de l’évolution du capital.

Points de vigilance avant de décider

  • L’âge et l’horizon : à un âge avancé, la rente viagère est souvent moins attractive (capital aliéné, revalorisation limitée), mais elle sécurise un revenu à vie. Le capital fractionné offre plus de souplesse mais peut s’épuiser.
  • La fiscalité de l’année de sortie : simulez l’impact d’un retrait sur votre tranche d’imposition, votre taux de CSG sur les pensions et vos éventuelles aides (une hausse de ressources peut réduire l’APA ou l’aide au logement, et augmente la contribution en cas d’aide sociale à l’hébergement).
  • La succession : un PER assurantiel non liquidé au décès bénéficie d’un traitement successoral spécifique, différent de l’assurance vie, avec des règles distinctes selon que le décès survient avant ou après 70 ans. Vider le PER de son vivant fait basculer les sommes dans la succession ordinaire.
  • Les frais du contrat : frais de gestion, d’arrérage sur les rentes, d’arbitrage. Ils pèsent sur le rendement réel.
  • Le conjoint : si l’un des deux entre en établissement et l’autre reste à domicile, l’arbitrage doit préserver les ressources du conjoint resté chez lui.

Questions fréquentes

Puis-je débloquer mon PER avant la retraite parce que j’entre en EHPAD ?

L’entrée en EHPAD n’est pas en soi un cas de déblocage anticipé. En revanche, l’invalidité (2e ou 3e catégorie) du titulaire, de son conjoint ou partenaire de Pacs en est un, avec une fiscalité de sortie allégée. Après l’âge de la retraite, la sortie est libre.

Vaut-il mieux sortir en rente ou en capital pour payer l’EHPAD ?

Il n’y a pas de réponse universelle. La rente sécurise un complément à vie, le capital fractionné épouse mieux un reste à charge variable et préserve la transmission en cas de décès précoce. L’âge, la santé, la fiscalité et la situation familiale doivent être pesés, idéalement avec un conseiller.

Les retraits du PER augmentent-ils ma contribution à l’aide sociale à l’hébergement ?

Oui, potentiellement : les ressources tirées du PER sont prises en compte dans l’évaluation. Si vous visez l’ASH, faites vos calculs avant de liquider le plan.

Mes enfants peuvent-ils utiliser leur propre PER pour payer mon EHPAD ?

L’entrée d’un parent en EHPAD ne constitue pas, à elle seule, un motif permettant à un enfant de débloquer son propre PER. En revanche, un enfant qui peut déjà récupérer son épargne dans les conditions prévues par le PER peut ensuite choisir d’en utiliser une partie pour aider son parent. 

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Avatar auteur, Augustin
Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

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