Quand la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée progresse, les familles entendent rapidement parler d’unités spécialisées : UVP, UHR[2], PASA. Ces sigles désignent des dispositifs bien différents, avec des profils de résidents, des niveaux d’encadrement et des modalités d’admission distincts. Se tromper d’orientation, c’est risquer un refus d’admission, ou pire, un placement inadapté qui aggrave les troubles. Voici comment y voir clair et comprendre quelle solution correspond réellement à la situation de votre parent.

Trouver un EHPAD

UVP : l’unité de vie protégée, pour les résidents désorientés

L’unité de vie protégée (parfois appelée unité Alzheimer[1] ou unité protégée) est un espace sécurisé au sein d’un EHPAD[3], généralement de 10 à 20 places, conçu pour des résidents présentant des troubles cognitifs modérés à sévères avec désorientation et risque de déambulation ou de fugue. 

L’architecture est pensée pour rassurer : circuit de déambulation libre, accès sécurisés, jardin clos, repères visuels, petite unité à taille humaine. Le personnel y est sensibilisé ou formé aux troubles cognitifs, et les activités sont adaptées.

Le profil type : une personne qui marche, déambule, peut chercher à sortir, mais dont les troubles du comportement restent gérables (anxiété, désorientation, oppositions ponctuelles). 

L’UVP est un lieu de vie durable : on peut y rester des années.

quotidien des résidents en unité alzheimer

UHR : l’unité d’hébergement renforcée, pour les troubles sévères du comportement

L’unité d’hébergement renforcée répond à une situation différente : des troubles du comportement sévères et perturbateurs (agitation majeure, agressivité, cris, déambulation incessante) qui rendent la vie impossible en unité classique, voire en UVP. 

Les UHR sont des dispositifs labellisés, adossés à des EHPAD ou à des unités de soins de longue durée, avec des effectifs renforcés et des professionnels spécifiquement formés (assistants de soins en gérontologie[4], psychomotricien, temps de psychologue et de médecin renforcés).

Deux points essentiels : 

  • les places sont peu nombreuses (quelques unités par département, avec souvent une liste d’attente), 
  • le séjour en UHR n’est en principe pas définitif. 

Quand les troubles du comportement s’apaisent durablement, le résident a vocation à revenir vers une unité classique ou une UVP.

PASA : l’accueil en journée, pour les résidents de l’EHPAD

Le pôle d’activités et de soins adaptés n’est pas un lieu d’hébergement : c’est un espace d’accueil en journée, au sein de l’EHPAD, réservé aux résidents de l’établissement présentant des troubles modérés du comportement. 

Par petits groupes, ils y participent à des activités thérapeutiques (stimulation cognitive, ateliers sensoriels, activité physique) encadrées par du personnel formé, puis regagnent leur chambre habituelle. 

Le PASA est donc un complément de prise en charge, pas une réponse à une recherche d’hébergement.

senior accueilli en pasa en journée

Tableau comparatif : UVP, UHR, PASA

CritèreUVPUHRPASA
NatureHébergement permanent sécuriséHébergement spécialisé, en principe transitoireAccueil en journée, sans hébergement
ProfilTroubles cognitifs modérés à sévères, désorientation, risque de fugue, comportement globalement stableTroubles du comportement sévères (agitation, agressivité) non gérables ailleursRésidents de l’EHPAD avec troubles modérés
EncadrementPersonnel sensibilisé ou formé, unité de petite tailleEffectifs renforcés, professionnels spécialisésPersonnel formé, petits groupes
AdmissionDossier EHPAD classique + évaluation par le médecin coordonnateurSur critères précis, après évaluation des troubles du comportement, places limitéesDécision de l’équipe pour un résident déjà admis
DuréeLongue duréeLe temps de l’apaisement des troublesQuelques journées ou demi-journées par semaine

Comment se décide l’orientation en unité spécialisée ?

L’orientation ne se décrète pas sur un ressenti familial : elle repose sur une évaluation. Le médecin traitant, le gériatre ou l’équipe d’une consultation mémoire évaluent le stade des troubles cognitifs et surtout les troubles du comportement, souvent à l’aide d’échelles standardisées utilisées par les professionnels. 

À l’entrée en établissement, le médecin coordonnateur de l’EHPAD examine le volet médical du dossier d’admission (le dossier national unique, transmis notamment via ViaTrajectoire) et se prononce sur la capacité de l’établissement à accueillir la personne dans de bonnes conditions.

En pratique : 

  • pour une UVP, c’est l’EHPAD qui valide l’admission dans l’unité ; 
  • pour une UHR, l’entrée suppose des critères de sévérité documentés et dépend des places disponibles ; 
  • pour un PASA, la décision est prise par l’équipe une fois votre parent résident. 

D’où l’importance d’un volet médical complet, honnête et à jour : minimiser les troubles pour « faire accepter » le dossier expose à un échec d’intégration rapide.

Les questions à poser avant d’accepter une place

  • Combien de places compte l’unité, et quel est le ratio de personnel présent le jour, le soir et la nuit ?
  • Quelle formation spécifique a reçue l’équipe (assistants de soins en gérontologie, formation aux troubles du comportement) ?
  • Quelles activités sont réellement proposées chaque semaine dans l’unité ?
  • Comment l’établissement gère-t-il une aggravation des troubles : lien avec une UHR, équipe mobile de gériatrie[5], psychiatre ?
  • Pour une UHR : quels sont les critères et le circuit de retour vers une unité classique quand l’état s’améliore ?
  • Quel surcoût éventuel pour l’unité, et que couvre-t-il précisément ?

FAQ

Quelle est la différence entre une UVP et une UHR ?

L’UVP accueille durablement des résidents désorientés dont les troubles du comportement restent globalement gérables. L’UHR s’adresse aux personnes présentant des troubles sévères nécessitant un encadrement renforcé. Le séjour en UHR est généralement temporaire.

Le PASA est-il une alternative à l’UVP ?

Non. Le PASA accueille en journée des résidents déjà hébergés en EHPAD et présentant des troubles modérés du comportement. Il propose des activités et des soins adaptés, sans hébergement. L’UVP, à l’inverse, constitue une unité d’hébergement sécurisée.

Qui décide si un parent doit intégrer une UVP ou une UHR ?

L’orientation repose sur une évaluation médicale des troubles cognitifs et comportementaux. Le médecin traitant, un gériatre ou une consultation mémoire peuvent contribuer à cette évaluation. Pour une admission en EHPAD, le médecin coordonnateur vérifie ensuite si l’établissement et l’unité sont adaptés à la situation du résident.

✅ Article relu par l’équipe éditoriale avec le concours d’un contributeur expert médico-social chez Cap Retraite. Son expérience de terrain et sa connaissance des dispositifs d’aide et d’accompagnement permettant d’apporter un regard fiable et pertinent aux lecteurs.

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Avatar auteur, Augustin
Augustin,Rédacteur chez Cap Retraite et expert digital. Il crée des contenus à impact social dédiés au grand âge et aux familles aidantes.

Commentaires (2)

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  1. Liliane FOUASSIER

    Interessant . Halas etant une personne agee 84 ans je na sais si je serais mieux en hepad. Actuellement en residence seniors appt.particulier. infirmiere tous les jours sauf le dimanche a ma demande. Merci

    Répondre
    1. Amandine

      Bonjour

      Je vous remercie pour votre commentaire.
      Je vous invite a nous contacter au 01 86 65 82 00 pour des conseils personnalises concernant votre orientation.
      Bonne journée.
      Amandine

      Répondre

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