Des villes aidantes Alzheimer pour garder sa place dans la vie de la cité
Maladie d'Alzheimer

Publié le 20/09/2019 . Mis à jour le 24/09/2019

Publié le 20 Sep. 2019 . Mis à jour le 24 Sep. 2019

À l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer, les associations départementales de France Alzheimer œuvrent auprès des villes pour les engager à adopter une démarche inclusive à l’égard des malades et de leurs familles. En signant la charte « villes aidantes Alzheimer », les communes se mobilisent pour améliorer la qualité de vie de tous leurs résidents, y compris ceux dont le handicap ne se voit pas. C’est aussi l’idée derrière le symbole fédérateur créé par l’association : la personne qui le porte n’aura pas besoin d’exprimer verbalement sa maladie pour être comprise.

Des villes aidantes Alzheimer pour garder sa place dans la vie de la cité

Initiative bienvenue en France : la charge Villes aidantes Alzheimer

Maintenir sa routine quotidienne aussi longtemps que possible est essentiel pour la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cette autonomie passe aussi par une inclusion réelle dans son environnement : dans sa communauté et dans la ville.

À l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer, l’association France Alzheimer et maladie apparentée présente une initiative bienvenue pour les malades : sensibiliser les villes et leurs responsables à la problématique de la perte cognitive d’une proportion croissante de leur population.

L’association a donc mis en place une charte des « Villes aidantes Alzheimer » que les élus sont encouragés à signer pour exprimer leur volonté d’aider leurs administrés atteints d’une perte cognitive à continuer de profiter de leur ville. Le but : permettre au malade de vaquer à ses occupations quotidiennes en ville en toute sécurité et sans se sentir stigmatisé par sa lenteur et les difficultés engendrées par une désorientation croissante.

Avec l’aide des branches locales de l’association France Alzheimer, les villes s’engagent à adopter (ou à renforcer) des actions à l’intention des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cet engagement pour l’inclusion du malade et de ses aidants s’articule autour de plusieurs axes :

  • publier des informations sur la maladie d’Alzheimer et les actions organisées dans la ville (café Alzheimer, conférences, etc.) dans les supports édités par la ville,
  • favoriser les actions culturelles, artistiques et sportives pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et leurs aidants,
  • aider les acteurs organisant de telles actions,
  • sensibiliser et former à la maladie d’Alzheimer les commerçants, employés municipaux, chauffeurs des transports publics et équipes scolaires ;
  • intégrer et impliquer les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer aux débats et prises de décisions sur les initiatives les concernant.

Quelque 80 localités ont déjà signé la charte. Montpellier est la première ville à l’avoir signée en collaboration avec l’association France Alzheimer de l’Hérault. D’autres communes suivent petit à petit, comme celle d’Oloron, dans les Pyrénées-Atlantiques, ou encore celle de Coutances, dans le département de la Manche. Cette dernière commune, par exemple, s’est engagée à sensibiliser les élèves des écoles de la ville. La ville de Poitiers se joindra officiellement à l’initiative le 23 septembre.

L’exemple de Bruges, ville « dementia friendly »

L’idée de dynamique inclusive locale dans les villes a déjà été mise en œuvre par nos voisins belges il y a quelques années. Bruges se targue ainsi d’être une ville « dementia friendly », autrement dit une ville conviviale pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

L’initiative a été poussée par un service de soins à domicile, qui a créé la maison Foton organisant des activités pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ouverte sur la cité, la maison Foton a lancé une action auprès des commerçants de la ville. Ces derniers ont été formés pour savoir reconnaître et mieux connaître les clients atteints de la maladie d’Alzheimer et s’adapter à leurs besoins. Les boutiques arborent un logo, un mouchoir avec un nœud, clin d’œil à ce petit rappel qu’on faisait autrefois pour éviter d’oublier quelque chose…

Les résidents atteints de démence se sentent plus à l’aise avec des commerçants formés et patients à leurs égards.

Le Musée Saint-Jean participe également à l’effort de convivialité de la ville et propose des visites adaptées aux malades et à leurs familles.

La police municipale s’est jointe à l’initiative et dispose d’un registre sur les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, qu’elles résident à domicile ou en maison de retraite. Le but : disposer d’informations cruciales (description, antécédents médicaux, etc.) pour sécuriser la vie de ces personnes dans leur ville. Le registre permet notamment de retrouver plus facilement une personne qui se serait perdue, en raison du phénomène de l’errance fréquent à un certain stade de la maladie d’Alzheimer.

Dans l’Hexagone, l’association France Alzheimer œuvre aussi dans ce sens. Il existe d’ores et déjà un partenariat avec la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France et la gendarmerie nationale. Leurs équipes sont sensibilisées, dans leurs casernes, aux spécificités des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le but : leur permettre de mieux venir en aide à ce public en ayant conscience de ses besoins et difficultés.

Un symbole de bienveillance à l’égard des malades d’Alzheimer

En fin de compte, la plupart des gens ne demandent qu’à être bienveillants à l’égard des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Toutefois, le déclin cognitif n’est pas un handicap qui se voit, comme la mobilité réduite ou la malvoyance, signalée par la canne blanche.

Pour éviter aux malades d’avoir à s’expliquer lorsqu’ils éprouvent des difficultés et ont besoin d’un peu d’aide ou seulement d’un brin de patience, l’association France Alzheimer a créé un « symbole fédérateur » de bienveillance. Il sera dévoilé à l’occasion de la Journée mondiale et permettra à chacun d’exprimer sa sensibilité à l’égard des malades et de leurs besoins.

 

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