Connaître les signes de dépression des aidants et comment y remédier
Le 16/05/2017 - Santé

Accompagner un proche en perte d’autonomie vous paraît certainement naturel et important. Pourtant si vous faites partie de ces aidants familiaux qui passent au moins 5 heures par semaine, voire par jour, à aider un aîné de leur entourage, vous savez à quel point cette mission peut être exigeante.

Cap Retraite vous aide à reconnaître les signes de dépression des aidants familiaux, afin de pouvoir pour y remédier rapidement avec une aide adaptée.

Connaître les signes de dépression des aidants et comment y remédier

Les risques de dépression des aidants familiaux

Plus de 4,3 millions de Français aident un proche âgé de 70 ans et plus. La majorité d’entre eux consacrent un temps non négligeable à cette tâche :

Dans ces conditions, de nombreux aidants familiaux ne parvient pas s’occuper de leur propre bien-être et s’exposent à des risques de dépression ou d’épuisement :

  • 64 % des aidants familiaux français se sentent d’ailleurs isolés.
  • 40 à 70 % des aidants familiaux présentent des symptômes de dépression (d’après une étude de l’association psychologique américaine),
  • ces signes sont même très sérieux chez 25 à 50 % des aidants.

Le stress lié aux nombreuses tâches de l’aidant familial peut non seulement entraîner anxiété et dépression, mais aussi avoir un impact négatif sur son hygiène de vie et interférer avec ses habitudes de sommeil, alimentation et exercice.

Les aidants familiaux d’une personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer sont également exposés à un problème supplémentaire : les conséquences émotionnelles de la pathologie de leur proche. L’aidant familial risque de se sentir triste, voire d’éprouver une certaine colère, lorsqu’il voit l’état de son proche se dégrader. Ces émotions et la crainte de ne pas aider assez son proche peuvent aussi entraîner un sentiment de culpabilité et renforcer les risques de dépression.

Les signes de dépression chez les aidants familiaux

Vous pensez peut-être que vous le sauriez si vous étiez déprimé. Ce n’est pourtant pas toujours le cas. De nombreuses personnes ne savent pas reconnaître eux-mêmes les signes de la dépression. C’est encore plus vrai pour les aidants familiaux plus préoccupés par la situation de leur proche âgé dépendant que par leur propre état de santé.

La dépression peut se manifester de différentes façons. Voici quelques-uns des signes les plus courants de dépression chez les aidants familiaux :

  • une sensation  de plus en plus persistante de tristesse, pessimisme ou désespoir,
  • une modification subite et importante de vos habitudes de sommeil,
  • une difficulté à vous concentrer,
  • une fatigue qui ne passe pas, même avec du repos,
  • une perte d’intérêt pour des activités que vous aimez normalement,
  • un sentiment d’agitation fréquent.

Si ces symptômes persistent depuis plus de deux semaines, vous souffrez très probablement de dépression des aidants familiaux.

Le traitement de la dépression des aidants familiaux

Si vous pensez présenter plusieurs de ces symptômes ou les reconnaître chez un autre aidant familial, la première chose à faire est de consulter un docteur. Votre médecin traitant saura déterminer si vous souffrez de dépression et vous proposer un traitement ou vous orienter vers un autre professionnel médical susceptible de vous en prescrire un.

  • La psychothérapie peut permettre de soigner la dépression chez les aidants familiaux. Un bon thérapeute vous aidera ainsi à traverser cette situation difficile, en vous apprenant des méthodes productives d’affronter le stress lié à la mission d’aidant familial.
  • Un psychiatre peut vous prescrire des antidépresseurs ou des anxiolytiques adaptés à votre situation. Ces médicaments sont généralement utilisés à court terme, en association avec une psychothérapie pour les aidants familiaux.
  • Des groupes de parole ou café Alzheimer vous permettront de partager votre expérience avec d’autres aidants familiaux et de parler de vos difficultés.
  • Retrouver une bonne hygiène de vie vous aidera, par ailleurs, à diminuer le stress et la fatigue liée à votre situation. Lorsque vous prenez conscience du risque de dépression, vous pouvez plus facilement saisir l’importance de vous occuper de vos propres besoins. Mieux dormir, manger équilibré et exercer une activité physique sont trois éléments clés qui permettent de réduire les risques de dépression des aidants familiaux.
  • Accordez-vous des temps de répit. Comme tous les aidants familiaux, vous avez besoin de souffler de temps en temps. N’hésitez pas à profiter des solutions de répit mises en place pour soutenir les aidants familiaux. Votre proche âgé peut ainsi fréquenter un accueil de jour quelques fois par semaine ou profiter d’un hébergement temporaire en maison de retraite pendant que vous prenez quelques vacances.

En traitant votre dépression, vous serez aussi un meilleur aidant pour votre proche. Alors, pensez à votre bien-être et au sien : ménagez-vous en amont et soignez-vous si vous pensez avoir besoin d’aide.

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