La prise en charge d’une personne âgée peut constituer un défi pour les aidants, voire susciter des conflits entre les différents membres de la famille. Les difficultés de l’accompagnement, l’épuisement de l’aidant principal, le coût élevé de la prise en charge et les problèmes familiaux latents peuvent facilement mettre le feu aux poudres. Lorsque la famille est unie autour de l’accompagnement du senior, il est plus simple de surmonter les différents défis de la prise en charge et d’aider la personne âgée à bien vivre le grand-âge. Découvrez les principaux problèmes susceptibles de survenir et quelques conseils pour surmonter les conflits familiaux éventuels.

La fratrie est en désaccord sur les besoins de la personne âgée

Les enfants adultes d’une personne âgée en perte d’autonomie ne voient pas toujours ses besoins de prise en charge du même œil. Un enfant peut estimer que le maintien à domicile de l’aîné dépendant répond suffisamment bien à ses besoins, alors qu’un autre pense qu’il est insuffisant et que leur parent doit être accueilli en établissement.

Comment agir ?

Lorsque les enfants sont en désaccord sur la nature et l’étendue de l’aide dont la personne âgée a besoin, le dilemme peut être résolu en consultant un professionnel.

Si la personne âgée reçoit des prestataires d’aide à domicile, vous pouvez leur demander leur avis.

Mieux encore, invitez une infirmière libérale spécialisée en gérontologie (pourquoi pas dans un service de soins infirmiers à domicile) à évaluer la situation de votre proche âgé et à vous aider à décider si la personne âgée est en sécurité à la maison et reçoit tous les services dont elle a besoin.

L’avis d’un professionnel aura plus de poids que les opinions personnelles des enfants.

Le parent lui-même s’oppose à la prise en charge

Parfois, toute la fratrie est d’avis que la personne âgée a besoin d’une aide accrue, mais celle-ci s’oppose à changer ses habitudes de vie, qu’il s’agisse de l’intervention d’un service d’aide à la personne ou la perspective d’entrer en maison de retraite.

Comment agir ?

Lorsque vous essayez de convaincre votre proche âgé de s’installer en maison de retraite, signifiez-lui clairement que vous ne cherchez nullement à le « placer » pour vous « débarrasser » de lui.

Aidez votre parent à comprendre vos inquiétudes quant à sa santé et sa sécurité.

Proposez-lui notamment de visiter les différentes alternatives susceptibles de répondre à ses besoins de prise en charge (résidences-autonomies, Ehpad…)

Pour en savoir plus, lisez notre article : Conseils pour convaincre un parent âgé d’entrer en maison de retraite.

Les problèmes du passé refont surface

Lorsque la fratrie doit se réunir pour aider un proche âgé, les problèmes non réglés du passé peuvent ressurgir. Les rivalités latentes peuvent être ravivées par le stress lié à la prise en charge d’une personne âgée en perte d’autonomie.

Comment agir ?

Vous devez d’abord prendre conscience qu’il est rarement réaliste de s’attendre à voir les vieilles rivalités disparaître par la magie de l’union sacrée autour des difficultés de la personne âgée. Il faut parfois accepter les désaccords.

Montrez vous-même un exemple de dignité en mettant les différends de côté lorsque vous vous occupez des besoins de la personne âgée. Évitez de mettre sur le tapis des sujets délicats.

En faisant preuve d’empathie et en pratiquant l’écoute active, vous permettez à vos proches d’exprimer leurs sentiments et évitez la frustration.

Un enfant assume seul l’accompagnement de la personne âgée

Souvent, le descendant qui réside le plus près des parents assume le rôle d’aidant familial principal. Lorsque les autres membres de la famille ne proposent pas naturellement leur aide, il peut éprouver du ressentiment ou être la proie au stress et à l’épuisement.

Comment agir ?

Les aidants familiaux qui estiment qu’ils assument une partie trop importante de la prise en charge de la personne âgée ne devraient pas hésiter à solliciter l’aide des autres membres de la fratrie. Il est parfois nécessaire de préciser vos besoins spécifiques plutôt que de partir du principe que les autres savent à quoi vous êtes confronté.

S’ils ne peuvent pas toujours intervenir directement à cause de l’éloignement, certaines tâches peuvent être faites à distance, notamment sur le plan administratif. Ils peuvent aussi recevoir votre proche âgé quelques jours/semaines pour vous laisser des temps de répit.

Un enfant exclut les autres et décide seul de l’accompagnement de la personne âgée

Le scénario inverse du précédent peut aussi arriver. Parfois, un enfant s’occupe de tout, sans informer les autres. Certaines personnes vont jusqu’à limiter l’accès des autres membres de la famille à la personne âgée.

Comment agir ?

Il est certes douloureux d’être mis de côté, mais si les besoins de la personne âgée sont satisfaits, il est parfois préférable d’éviter d’intervenir.

Si vous éprouvez le besoin de maintenir un contact plus significatif avec votre proche âgé, utilisez le téléphone, à moins que votre proche âgé soit atteint de la maladie d’Alzheimer. Dans un tel cas, il sera plus difficile de communiquer à distance.

Si votre frère/sœur filtre les appels et vous empêche de contacter votre proche, envoyez des lettres et des emails pour lui montrer que vous vous préoccupez de votre parent et souhaitez avoir des nouvelles.

Comment payer les frais liés à la prise en charge de la personne âgée

C’est souvent avec la question du financement de la prise en charge de la personne âgée que le bât blesse…

Si votre parent n’a pas les ressources suffisantes pour financer sa prise en charge, vous êtes tenu par l’obligation alimentaire de l’aider. La répartition de cette aide est généralement décidée à l’amiable par les familles. Mais, parfois un enfant ne peut ou ne veut pas payer.

Celui qui est intervenu chez votre proche en tant qu’aidant principal avant une entrée en maison de retraite doit-il payer comme les autres ? De nombreuses questions peuvent apparaître dans ces cas-là.

Comment agir ?

Une discussion sincère entre les proches sera nécessaire. Il est important d’évaluer les coûts de façon réaliste en amont et que chacun fasse ses propres comptes pour voir de quelle manière il peut contribuer. Si les fonds manquent et que l’ambiance est positive, vous devrez peut-être réfléchir ensemble qui peut faire quelques sacrifices pour donner davantage.

Si vous n’arrivez pas à une solution, la personne âgée peut faire une demande d’aide sociale, mais cette aide est récupérable sur succession. Faites bien vos comptes. En cas de conflit sur le montant de la contribution de chacun, il est également possible d’avoir recours au juge des familles.

La plupart des conflits familiaux autour de l’accompagnement d’une personne âgée peuvent être résolus à l’amiable. Lorsque la prise en charge de votre proche n’en souffre pas, il est préférable de chercher la solution la plus pacifique.

Questions fréquentes

Comment demander une médiation familiale pour résoudre les conflits autour la personne âgée ?

Si vous ne parvenez pas à vous mettre d’accord sur la meilleure façon d’accompagner votre proche âgé, il est possible de faire appel à un professionnel appelé médiateur familial. Ces services existent dans différents cadres, libéraux ou au sein d’une association.

Depuis 2021, il existe une nouvelle offre de médiation familiale pour les aidants de personnes âgées ou handicapées, en pleine expérimentation dans 22 départements.

Ce dispositif dédié à la résolution des conflits familiaux autour de la perte d’autonomie ou du handicap d’un proche est le fruit d’un partenariat entre plus acteurs. L’Unaf (Union nationale des associations familiales) et la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) se sont en effet réunies autour de la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales) pour créer une « médiation pour aidants et aidés ».

Le concept : la médiation familiale vise à trouver des solutions concrètes aux différents existant entre les aidants entre eux ou les aidants avec leur proche âgé.

Elle se déroule en sessions confidentielles avec un professionnel diplômé d’état sensibilisé aux défis des aidants. Le médiateur familial a pour rôle de favoriser la communication entre les protagonistes. Il va les aider d’une part à créer ou renforcer un lien familial, puis il les amènera à gérer leur conflit en évoquant avec eux leurs craintes, leurs attentes et leurs propositions. Le tout, dans le respect de l’autonomie et la volonté des aidants.

Comment trouver un médiateur familial pour les aidants et aidés ?

Vous pouvez trouver un service de médiation familiale sur le site mediation-aidants-aides.fr, proposé par l’Unaf-Udaf.

S’il n’y a pas de service de médiation aidants-aidés dans votre département, vous pouvez aussi vous adresser à un médiateur familial plus général. Dans ce cas, rapprochez-vous de votre CAF pour en trouver un ou de la Fenamef (Fédération nationale de la Médiation et des Espaces familiaux).

Combien coûte le service de médiation familiale aidants-aidés de l’Unaf ?

L’entretien d’information avec le médiateur familial est gratuit. Par la suite, le prix des séances de médiation familiale aidants-aidés est fixé en fonction des revenus du participant, selon le barème de la CAF.

Le prix moyen d’une séance s’élève à 15 € par personne. Il varie de 2 € (pour un revenu inférieur au RSA) à 131 € (pour un revenu supérieur à 5 301 € par mois).

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Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

Commentaires (8)

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  1. Praseo Dyme

    Suite à plusieurs chutes et 2 mois d’hospitalisation, ma mère (82 ans) a été placée en EPHAD près de chez moi. Depuis sa chute, j’ai pris l’équivalent de 2 semaines 1/2 de congés pour aller la voir à l’hôpital, faire les démarches administratives, le RV médicaux, préparer son arrivée en EPHAD (déménagement des meubles te aménagement de sa chambre, couture de son nom sur les vêtements….). Je vais la voir un soir par semaine après le travail et le WE.
    Je n’ai pris aucune vacance pour moi. J’étais énormément fatiguée, et le médecin m’a arrêtée 2 semaines.
    Ma sœur qui habite à 600km est venue 3 fois voir ma mère (petits séjours de 2 ou 3j max) et logeant chez moi, et elle est partie 2 fois une semaine en vacances, plusieurs en WE.
    Ma mère trouve cela normal. Elle ne demande jamais rien à ma sœur, mais toujours à moi.
    Je pense que le conflit familial qui est en train de se créer entre ma sœur et moi est généré par l’attitude ma mère.
    Je songe sérieusement à espacer de plus en plus mes visites à l’EPHAD, et reprendre mes loisirs en septembre. Pour moi, cela devient une question de survie…

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