Accompagner le décès comme on accompagne une naissance ? C’est le rôle d’une Doula de fin de vie. Une professionnelle formée à écouter et soutenir les parents endeuillés. Choyer et entourer les personnes dans leurs derniers instants. À l’heure où la mort reste un sujet tabou, où les familles ne sont ni épaulées ni préparées au départ, les thanadoulas tendent la main à celles et ceux qui souffrent. 

Des aidants familiaux démunis face à la fin de vie jusqu’aux enfants et conjoints perdus à la suite d’un deuil… De plus en plus de personnes cherchent quelqu’un pour les accompagner avant ou après le départ d’un proche. Découvrez le métier de Doula de fin de vie

Quel est le rôle d’un.e doula de fin de vie ?

La doula est la professionnelle vers qui se tourner pour aider psychologiquement les proches endeuillés et les personnes en fin de vie, à vivre leurs derniers instants avec sérénité.

Qu’est qu’un.e Thanadoula ?

Née des pays anglo-saxons, la doula, qui signifie accompagnant-servant en grec moderne, est un métier d’abord connu pour accompagner moralement les futures mamans avant l’accouchement. Grâce à la Thanadoula, issue de « Thanatos », Dieu grec de la mort, il est également possible de prendre soin d’une personne en fin de vie. Depuis deux ans, Happy End, site dédié à la mort et au deuil, référence le métier de thanadoula, nouvelle profession qui prend soin des personnes en fin de vie et de leurs proches. Encore peu connue en France, la doula de fin de vie guide et assiste les personnes pour vivre plus sereinement leur passage de la vie à la mort. Si ce métier attire de plus en plus la gent masculine, les doulas sont majoritairement des femmes, aussi appelées sages-femmes de fin de vie.

Séance avec doula de fin de vie

Pourquoi contacter une doula de fin de vie ?

Au rythme de plusieurs séances, ces guides de transition ont pour missions de : 

  • D’aider les individus à poursuivre le trajet vers le deuil. 
  • Offrir un soutien physique, émotionnel et spirituel. 
  • Faciliter les discussions sur les dernières volontés, naviguer avec les décisions médicales difficiles.
  • Proposer une présence réconfortante pendant les moments les plus pénibles, comme lors d’une hospitalisation ou d’une mort imminente.
  • Vulgariser la communication avec le service médical en cas de placement ou de soins palliatifs.

Autant d’étapes pour aider et laisser les gens partir en paix. 

Comment se déroule un accompagnement avec une Thanadoula ?

Un accompagnement personnalisé

Dans notre société moderne, où les membres des familles sont dispersés et recomposés, nombreux sont les mortels esseulés lors d’un deuil.

À l’instar d’un guide ou d’un passeur, la doula de fin de vie apporte le soutien et l’écoute, autrefois assurés par les tribus et rituels ancestraux.

Selon les situations et les besoins, les doulas se spécialisent dans différentes compétences et expériences en fin de vie. Parmi les services :

  • Une expertise en soins palliatifs avec un accompagnement au deuil.
  • Des séances de massothérapie, yoga, méditation et autres thérapies douces pour gérer la douleur et le stress.
  • Une assistance spirituelle ou administrative.
  • L’ aide au nettoyage et au tri des affaires.
  • La planification des funérailles.
  • Un biographe familial pour rédiger les mémoires. 
  • Une expérience en maladie dégénérative comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

De par l’étendue de leurs prestations, les accompagnements et les soins peuvent se dérouler sur plusieurs mois dans son cabinet ou à la maison.

Anticiper un départ 

Contrairement aux professionnels de santé, la doula n’est pas habilitée à prendre des décisions curatives. Néanmoins, certaines travaillent en étroite collaboration avec les équipes médicales, notamment pour respecter le bien-être et les dernières volontés des patients. 

Thanadoula soutient une personne en fin de vie

En les escortant de manière non médicalisée, la doula : 

  • Offre du temps et une écoute bienveillante. Sans s’immiscer aux liens et histoires de famille, elle fait figure de compagne de route compatissante et sans jugement.
  • Allège le fardeau des enfants en contribuant au tri des affaires, à préparer le testament et les dossiers administratifs.
  • Facilite le maintien à domicile pour mourir sereinement dans sa maison.
  • Prépare un plan de fin de vie.

Pour le mourant, ces rendez-vous aident à reprendre le contrôle sur son chagrin et ses émotions. Un mélange de tristesse et de colère lié à la perte d’autonomie, de contrôle et de repère… Toujours difficile à vivre. 

Guider les proches dans le deuil 

La doula crée un lien de confiance privilégié pour instaurer une atmosphère sécurisante et propice à la confiance. Une condition indispensable pour apprendre à surmonter, accompagner le deuil anticipé  et accepter la disparition, à travers : 

  • Des conseils sur la façon de gérer les émotions difficiles. 
  • Des ressources pour trouver un soutien après la perte d’un être cher.
  • Des discussions et réponses pour les aider à récupérer leur pouvoir d’action. Arrêter de subir pour mieux agir. 
  • Une épaule sur laquelle pleurer, faire sortir sa culpabilité, sa colère… Bref, libérer tous les sentiments retenus pour se protéger et respecter l’autre.
  • Des activités pratiques pour les enfants.
La doula de fin de vie rassure une fillette

Au fil des séances, l’entourage tend à chasser la douleur pour partager avec la personne en fin de vie, leurs derniers moments de qualité.

Comment devenir accompagnateur de fin de vie ?

Quels centres de formation ?

S’il n’existe pas encore de diplôme ou de certification d’État en France, des associations et organismes de formation française, suisse et canadienne forment les futures death doulas. Par exemple : l’institut deuils-doulas de fin de vie (IDDFV), le CERFPA, l’institut de formation des doulas de France.

Un programme en ligne et des cours en présentiel sont enseignés par des responsables pédagogiques. Parmi les francophones reconnues : la psychothérapeute suisse Rosette Poletti ou Vanessa Maier, fondatrice et co-présidente de l’association Doulas de Fin de Vie Suisse

À qui s’adresse la formation de death doulas ?

La formation s’adresse à toute personne : 

  • Souhaitant aider et faire la différence dans la vie de l’entourage et des personnes en phase avancée ou terminale. 
  • Ayant un cursus professionnel, tel que les thérapeutes, les conseillers, des accompagnants religieux.
  • Issu du milieu de la santé : médico-social, sanitaire et social, désirant développer des compétences en soutien de fin de vie.

Pour préparer le passage vers l’au-delà, les doulas doivent avoir une grande capacité de présence et d’attention. C’est pourquoi les expériences et qualités humaines des candidats sont aussi prises en considération. À savoir : 

  • Avoir déjà accompagné une personne âgée ou malade.
  • Avoir traversé un deuil.
  • Être ouvert à la spiritualité.
  • Avoir une affinité pour le sujet et une volonté de s’engager dans un voyage personnel. 
  • Vouloir élargir ses connaissances et sa confiance face à la mort et à l’agonie. 
  • Avoir la maturité, la sensibilité et l’empathie, indispensables pour réussir la communication.
  • Accepter d’aborder des sujets sensibles en cours.

Souvent seule au seuil de la mort, la descendance délaisse la charge du dernier soupir aux soignants, jugée trop complexe et insupportable… En faisant appel à une doula de fin de vie, de plus en plus de familles choisissent de se libérer de leur peur et de la solitude pour adoucir l’éprouvant moment des adieux. 

Note de l’article (15 votes)

Cet article vous a-t-il été utile ?

Notez cet article afin de nous permettre d’améliorer nos contenus.

Commentaires (2)

Réagissez, posez une question…

  1. Anne Rousseaux

    Où trouver un centre à Bruxelles qui prépare à ce genre de fonction très importante?
    Merci à vous
    Anne Rousseaux

    Répondre
    1. Andrea Benisti

      Bonjour, il se trouve que Happy End peut vous mettre en liaison avec une doula de fin de vie. Cliquez sur le lien plus haut dans l’article .

      Répondre

Les derniers articles

Articles les plus recherchés

Nos dossiers sur ce thème

La santé du Grand-âge

L'accroissement de la longévité s'accompagne de la multiplication de pathologies propres aux personnes âgées. Nous abordons dans ce dossier intitulé "la santé au grand âge"…

En savoir plus

Face à la maladie d'Alzheimer

Nous avons consacré un dossier spécifique à la maladie d’Alzheimer, pour appréhender à sa mesure ce véritable fléau, qui touche en France 800 000 personnes,…

En savoir plus

Face à la maladie de Parkinson

Affection dégénérative du cerveau la plus courante après Alzheimer, la maladie de Parkinson touche plus de 2 % de la population française de plus de…

En savoir plus