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    Trouver une maison de retraite

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    L’alcoolisme chez les personnes âgées est un sujet souvent tabou. La consommation d’alcool fait partie de notre culture et le verre de vin accompagne encore souvent les repas. Prévenir et gérer l’alcoolisme en Ehpad est possible. De nombreux établissements jouent un rôle clé dans la réhabilitation des personnes âgées après un sevrage. Zoom sur le rôle de la maison de retraite dans la gestion de l’alcool chez les seniors.

    Comment la consommation d’alcool et l’alcoolisme sont-ils gérés en Ehpad ?

    Environ un quart des personnes âgées accueillies en maison de retraite ont des difficultés avec l’alcool et près de la moitié en ont eu à un moment de leur existence (Brennan, 2005). Dans ces conditions, la prise en charge de l’alcoolisme en Ehpad représente un défi complexe pour la direction et le personnel de l’établissement.

    La famille et l’équipe de la maison de retraite s’efforcent de favoriser l’autonomie des résidents et de respecter leur liberté et leurs choix de vie. Néanmoins, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres (résidents)… En outre, la sécurité et la santé du résident lui-même sont au cœur de sa prise en charge en maison de retraite. Le personnel ne pourra donc fermer les yeux sur une consommation d’alcool abusive en Ehpad.

    Le contrôle du droit d’une personne âgée de consommer de l’alcool touche à son droit de choisir ce qui est bon pour elle. Il y a là un défi éthique que les maisons de retraite tentent de relever autant que possible. La consommation d’alcool en maison de retraite pose la question de la liberté vs sécurité.

    Le règlement intérieur de l’Ehpad, remis au résident avec le contrat de séjour, définit l’attitude de l’établissement à l’égard de la consommation d’alcool.

    La majorité des règlements utilisent une formule type : « L’abus d’alcool est interdit », sans préciser davantage la signification de l’abus en question. D’autres établissements interdisent l’introduction et la consommation d’alcool.

    Certains règlements sont plus précis : ils interdisent l’introduction d’alcool de l’extérieur et prévoient une consommation uniquement dans le cadre des repas et festivités. Dans ce cas, l’Ehpad fournit l’alcool aux résidents et le personnel s’efforce de contrôler la consommation. Le but : éviter les comportements susceptibles de porter atteinte au buveur et aux autres résidents.

    À la différence du domicile, en Ehpad, la personne âgée est entourée de personnes qui peuvent soit l’aider à contrôler sa consommation soit au contraire faciliter l’accès à l’alcool.

    Pour éviter le mésusage d’alcool et prévenir l’alcoolisme, de nombreux Ehpad s’efforcent d’établir une coopération entre les différents acteurs : résidents, agents de service, soignants et animateurs, mais aussi famille. Le but : adopter une vision cohérente face à l’introduction et la consommation d’alcool dans l’établissement. Le projet de vie du résident en souffrance avec l’alcool définit ainsi l’attitude de l’ensemble des acteurs.

    Par exemple, si l’équipe soignante limite la consommation d’alcool par un résident pendant les repas, le personnel d’animation sera informé et s’abstiendra de lui servir un verre de vin pour le remercier d’un service rendu (Menecier, 2010). Quant aux aidants, on leur recommandera d’éviter d’apporter de l’alcool à consommer dans la chambre.

    L’alcoolisme est-il un frein à l’admission en Ehpad ?

    Certains établissements acceptent moins facilement une personne âgée ayant des difficultés avec l’alcool, voire refusent tout bonnement leur admission. Tous les Ehpad ne disposent pas des moyens et du savoir-faire nécessaires pour gérer l’alcoolisme des résidents.

    A contrario, certains Ehpad se sont spécialisés dans la prise en charge de personnes âgées en souffrance avec l’alcool. Le personnel a été spécifiquement formé à la gestion des situations complexes liées au mésusage de l’alcool. Le projet de l’établissement et le projet de soin individuel sont pensés pour aider la personne dans son parcours de vie face à l’alcool ou après un sevrage.

    Pour trouver un établissement adapté capable de prendre en charge votre proche âgé en difficultés avec l’alcool n’hésitez pas à contacter les conseillers Cap Retraite. Ils connaissent les règles d’admission des différentes résidences et leurs capacités de prise en charge des problèmes d’alcool.

    Souvent, l’alcoolisme est le motif de l’entrée en Ehpad. L’accueil en établissement est vu comme un moyen de réduire la consommation d’alcool favorisée par l’isolement. La famille attend du personnel de l’établissement qu’il limite l’accès aux boissons alcoolisées. Dans ce cas, il est important d’en informer la direction et l’équipe de la maison de retraite.

    Un sevrage forcé peut s’avérer contre-productif. Il est donc important de consulter le médecin traitant de la personne âgée ou le médecin coordonnateur de l’Ehpad. Ils sauront conseiller les aidants sur la bonne marche à suivre.

    En effet, pour un résident non dépendant à l’alcool, la réduction de la consommation peut être bénéfique. En revanche, l’abstinence sans autre forme de suivi risque d’être nocive pour une personne ayant un réel problème d’alcoolisme. Une prise en charge individualisée et un accompagnement sur le long terme sont nécessaires.

    Peut-on effectuer un sevrage à l’alcool en Ehpad ?

    En cas de véritable dépendance à l’alcool, une prise en charge médicale et soignante est nécessaire. Le sevrage thérapeutique peut être effectué au sein de l’Ehpad ou au cours d’une hospitalisation.

    Avec l’aval du médecin coordonnateur, le résident peut souvent bénéficier d’un sevrage ambulatoire. Autrement dit, il peut rester à l’Ehpad en étant accompagné par différents intervenants de l’établissement et d’une équipe hospitalière spécialisée.

    L’ensemble du personnel de l’Ehpad sera informé du projet de sevrage et l’on tentera également d’obtenir l’adhésion du résident. L’accompagnement du résident peut être effectué par le personnel soignant s’il a suivi une formation adéquate. Une équipe hospitalière de sevrage ambulatoire peut intervenir pour assurer le sevrage et la restabilisation du résident sans alcool.

    Un traitement médicamenteux à base de benzodiazépines et de vitamines sera prescrit pour prévenir le syndrome de sevrage et éviter les complications. Le personnel de l’Ehpad veillera à une bonne hydratation du résident (deux litres de boissons non alcoolisées par jour).

    L’infirmière et l’équipe soignante de l’Ehpad assureront un suivi clinique pour :

    • repérer d’éventuels signes de manque :
      • tremblement des mains,
      • transpiration,
      • nausées,
      • vomissements,
      • insomnie,
      • hallucinations,
      • anxiété,
      • agitation…
    • surveiller l’apparition d’effets indésirables aux médicaments ;
    • veiller à une bonne hydratation ;
    • soutenir le résident et valider son projet de désintoxication à l’alcool — le soutien sera assuré par le psychologue de l’Ehpad.

    Après le sevrage, une période de consolidation de l’abstinence sera nécessaire. Là encore, le soutien du personnel de l’Ehpad est crucial. Une psychothérapie de soutien ou un autre suivi psychologique augmentera les chances de réussite du traitement contre la dépendance à l’alcool.

    Néanmoins, certains résidents dépendants souffrent de pathologies associées et le risque de syndrome de sevrage est plus grand. Dans ce cas, le médecin recommandera souvent un sevrage dans le cadre d’un service hospitalier pour éviter ou contrôler les complications (convulsions, hématomes intra-cérébraux, chutes et delirium tremens).

    Quels sont les avantages de l’accueil en Ehpad pour prévenir l’alcoolisme ?

    L’accueil en Ehpad présente un certain nombre d’atouts pour prévenir l’alcoolisme. La prise en charge en maison de retraite permet aussi d’aider les résidents après sevrage à ne pas rechuter.

    Les avantages de l’accueil en Ehpad pour combattre le mésusage de l’alcool sont les suivants :

    • un personnel formé : de nombreuses équipes soignantes suivent des formations pour apprendre à aider les résidents en souffrance avec l’alcool. La présence d’un psychologue dans la structure est aussi un atout : ce professionnel est là pour conseiller et soutenir les résidents et leurs aidants ;
    • un soutien et une écoute possibles à tout moment : l’alcoolisme est souvent dû à des souffrances liées à la perte d’un être cher, des troubles de santé, une perte d’autonomie ou une réduction de la vie sociale. Certaines personnes âgées seront plus à l’aise pour aborder leurs difficultés avec l’alcool avec un membre du personnel ou le psychologue qu’avec leurs proches. L’équipe est là pour permettre au résident d’exprimer sa détresse et l’aider à surmonter ses pertes. Il sera alors moins tenté de chercher du réconfort dans l’alcool ;
    • des animations et une vie sociale : les animations et activités physiques proposées en Ehpad aident à lutter contre les effets indésirables de l’alcoolisme. Elles réduisent l’intensité du besoin de boire de l’alcool et les états dépressifs. La vie sociale inhérente à l’accueil en résidence permet aussi de limiter la consommation alcoolique liée à l’isolement.

    Comment l’alcoolisme est-il traité chez une personne atteinte d’Alzheimer ?

    La prise en charge de l’alcoolisme chez une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer est complexe, surtout à domicile.

    Le cocktail alcoolisme et démence accélère le déclin cognitif et la perte des facultés essentielles à la réalisation des activités de la vie quotidienne. Il accroît également les troubles comportementaux et menace la sécurité de la personne âgée.

    Le risque d’interaction avec des médicaments administrés pour gérer les troubles liés à la démence est important. Ces interactions peuvent se traduire par les phénomènes suivants :

    • chutes,
    • désorientation et confusion accrues,
    • hémorragie interne,
    • troubles cardio-vasculaires, etc.

    Chez la personne atteinte d’une démence, l’alcoolisme est souvent apparu longtemps avant les troubles cognitifs.

    La personne âgée ne se souviendra pas combien elle a bu et s’opposera généralement aux tentatives de réduire sa consommation de boissons alcoolisées. Elle négligera souvent son alimentation, son hydratation et son hygiène.

    La combinaison alcoolisme et Alzheimer peut entraîner des explosions de colère et des comportements violents. Le personnel de l’Ehpad devra mettre en place des mesures de sécurité pour protéger la personne elle-même et les autres résidents.

    Les programmes de sevrage classiques ne peuvent pas être appliqués aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. L’atteinte cérébrale due à la maladie d’Alzheimer affecte la capacité de prendre de bonnes résolutions et d’adopter de nouvelles habitudes et façons de penser, des stratégies utilisées en cure de désintoxication.

    Lorsqu’il est nécessaire, le sevrage à l’alcool devra être effectué dans un service hospitalier dédié. C’est généralement après un tel séjour que l’accueil en Ehpad intervient.

    Informé du problème par la famille du résident, le personnel de l’Ehpad peut contrôler sa consommation d’alcool, notamment pendant les repas. La coopération des proches est importante : ils devront s’abstenir de lui fournir de l’alcool. L’alcool peut être remplacé par des boissons non alcoolisées (bière sans alcool, etc.) pour faciliter la coopération du résident à un stade avancé d’Alzheimer.

    Là encore, il ne s’agit pas d’éliminer brusquement toute consommation chez une personne dépendante à l’alcool. Le rôle du personnel de l’Ehpad sera plutôt de prévenir un mésusage de l’alcool et d’assurer le suivi après sevrage thérapeutique.

    Sources
    Brennan, P. L. (2005). Functioning and health service use among elderly nursing home residents with alcohol use disorders: Findings from the National Nursing Home Survey. American Journal of Geriatric Psychiatry, 13(6), 475-483.

    Gadeyne, S. et Duranel, J. Prise en charge du risque alcool chez la personne âgée : Généralité sur l’alcool de l’usage à la dépendance. Lilles, France: ANPAA.

    Menecier, P., Prieur, V., Arèzes, C., Menecier, L. et Rotheval, L. (2003). L’alcool et le sujet âgé en institution. Gérontologie et société26(2), 133-149.

    Menecier, P. (2010). 9. Particularités selon le lieu de vie : en Ehpad. Pratiques gérontologiques, 103-112.

    Paille, P. F. (2014). Personnes âgées et consommation d’alcool. Alcoologie et addictologie36(1), 61-72.

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    Yaël A.,Rédactrice chez Cap Retraite

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